Iran : Moussavi et ses partisans n''entendent pas renoncer

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Les partisans de Mirhossein Moussavi, candidat officiellement battu à l''''élection présidentielle en Iran, ont prévu de poursuivre mercredi leur mouvement de contestation sans précédent en 30 ans de République islamique tandis que le pouvoir multiplie les mises en garde.

Moussavi a appelé de son côté ses partisans à manifester pacifiquement et à se rassembler devant les mosquées jeudi en solidarité avec les victimes des violences post-électorales, qui ont fait suite à l''annonce de la nette victoire du président sortant Mahmoud Ahmadinejad au scrutin de vendredi.

"Ces derniers jours, lors d''affrontements illégaux et violents avec des personnes manifestant contre le résultat de l''élection présidentielle, un certain nombre de nos compatriotes ont été blessés ou sont morts en martyr", dit l''ancien Premier ministre iranien dans un communiqué mis en ligne mercredi sur son site internet.

Sept personnes ont été tuées lundi à Téhéran en marge d''une immense manifestation de l''opposition et Mirhossein Moussavi avait ensuite exhorté ses partisans à annuler le rassemblement prévu mardi au même endroit.

"Je demande à la population d''exprimer sa solidarité avec les familles en se réunissant dans les mosquées et en participant à des manifestations pacifiques", ajoute-t-il en précisant que lui-même y prendra part.

Son communiqué ne mentionne aucun rassemblement éventuel mercredi, mais ses partisans avaient manifesté la veille par dizaines de milliers dans le nord de Téhéran en dépit de son appel.

Et malgré l''annonce par le Conseil des gardiens d''un nouveau décompte partiel des bulletins de vote, ils devraient poursuivre pour la cinquième journée consécutive un mouvement d''une ampleur jamais vue depuis la révolution islamique de 1979.
Des appels en ce sens circulaient mercredi matin dans les cercles de ses partisans.

Plusieurs centaines d''étudiants de l''Université de Téhéran se sont parallèlement rassemblés en sit-in pour protester contre l''attaque d''un dortoir du campus et dénoncer les irrégularités qui ont marqué selon eux l''élection, a indiqué un étudiant.

« Les vannes du mécontentement sont ouvertes »

Le président américain Barack Obama, qui a tendu la main à l''Iran et lui a demandé de "desserrer le poing", a estimé mardi que les manifestations montraient que "les Iraniens ne sont pas convaincus de la légitimité de l''élection".

En France, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a estimé, sans parler de fraude électorale, que "quelque chose (avait) dû se gripper dans la machine".

Pour l''ambassadeur de Finlande à Téhéran, ce mouvement a pris de court le pouvoir et "il se poursuivra sans aucun doute parce que les vannes du mécontentement sont désormais ouvertes". "A mon sens, il ne s''agit pas des prémices d''une révolution mais une forme de compromis sera trouvée", a ajouté Heikki Puurunen, interrogé par la radio finlandaise.

Les autorités iraniennes, qui ont interdit aux journalistes étrangers de quitter leurs bureaux, ont procédé à de nouvelles arrestations dans le camp réformateur et mis en garde contre les conséquences pénales des troubles post-électoraux.

Le procureur général de la province d''Ispahan a ainsi rappelé aux "quelques éléments" à l''origine des troubles que "le code pénal islamique prévoit l''exécution pour de tels individus faisant la guerre à Dieu", rapporte l''agence Fars.

"Par conséquent, avant d''être frappés par le châtiment de la loi, ils seraient avisés de revenir dans le giron de la nation et de s''abstenir d''activités criminelles", ajoute Mohammadreza Habibi sans que l''on sache précisément si cette mise en garde s''applique à Ispahan ou à l''ensemble de l''Iran.

Saeed Laylaz, rédacteur en chef du quotidien économique Sarmayeh dont les analyses sont souvent reprises par les médias internationaux, et un militant réformateur ont par ailleurs été arrêtés, apprend-on de source proche des réformateurs.
Depuis l''élection présidentielle de vendredi, plusieurs dizaines d''arrestations ont été signalées dans le pays.

Le candidat réformateur Mirhossein Moussavi était soutenu par plusieurs grandes figures iraniennes, dont les anciens présidents Akhbar Hachemi Rafsandjani et Mohammad Khatami, préoccupés par l''isolement de l''Iran sur la scène internationale et la politique économique populiste d''Ahmadinejad

(Source : Reuters)

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