Insécurité dans le sud de Madagascar : la communauté internationale obtient une commission d’enquête

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Les partenaires techniques et financiers réagissent sur la gestion de l''''insécurité dans le Sud. Ils souhaitent disposer d’informations autres que celles fournies par les autorités.

La communau&shyté internationale entre dans la danse. Elle demande, et obtient du gouvernement, le principe de la création d''une commission d''enquête indépendante pour faire la lumière sur le rétablissement de l''ordre dans le Sud face à la recrudescence de l''insécurité.

« D''un commun accord, nous avons décidé de mettre en place une commission d''enquête indépendante », a annoncé le Premier ministre Omer Beriziky à l''issue d''une séance d''information entre le gouvernement et les représentants des partenaires techni&shy- ques et financiers, hier à Mahazoarivo.

Le principe est acquis, mais les discussions devront se poursuivre concernant la mise en œuvre du projet. « Les Nations unies sont tout à fait indiquées pour procéder à une telle enquête avec le gouvernement », a soutenu Omer Beriziky. À entendre le chef du gouvernement, c''est la communauté internationale, discrète sur le dossier jusqu''ici, qui a lancé l''idée de la mise sur pied de l''enquête indépendante. « Nous ne sommes pas contre. Au contraire, cela devra nous aider à établir la vérité », a-t-il assuré. « Nous sommes tout à fait favorables à une enquête internationale », a-t-il poursuivi.

Le doute n''est pas dissi&shypé concernant les événements dans le Sud. Le Premier ministre a positivé l''initiative « pour qu''il n''y ait plus de doute et d''interrogation » sur le sujet « parce qu''il y en avait », a-t-il concédé.

Selon certaines indiscrétions, Fatma Samoura a été la première à évoquer la possibilité de l''ouverture d''une enquête indépendante durant la réunion. Elle serait intervenue après la diffusion d''un film produit par les forces de l''ordre, responsables du rétablissement de l''ordre dans le cadre de l''opération « Tandroka », pour décrire la situation dans le Sud.

Respect des droits

Les autorités procèdent déjà à une enquête sur la situation dans le Sud, mais une telle initiative n’a pas semblé satisfaire les partenaires techniques et financiers. Leonidas Tezapsidis, chef de délégation et ambassadeur de l''Union européen&shyne, a laissé entendre l''incom&shypatibilité pour les forces de l''ordre d''être à la fois responsables de l''opération de rétablis- sement de l''ordre sur le terrain et initiatrices d''une enquête.

Fatma Samoura n’a pas souhaité s''exprimer après la réunion, alors que Leonidas Tezapsidis a évoqué l''enjeu de la question de sécurité. Il a souligné la nécessité de la « confiance » entre les acteurs de la vie nationale et du rétablissement de la sécurité « dans le cadre qui existe et dans le cadre de l''engagement du respect des droits humains ».

Le diplomate de l''Union européenne a rappelé l''importance de la sécurité dans le cadre du processus électoral. « Le gouvernement nous a donné l''assurance que celle-ci n''affecterait pas les élections. Nous espérons que ce sera le cas », a-t-il indiqué. Une mauvaise gestion de l''insécurité pourrait également « influencer des projets de coopération », a-t-il repris.

L''article d''Amnesty international qui milite pour le respect des droits humains avait mis le feu aux poudres en faisant part de sa « préoccupation », et pour avoir récla&shymé une enquête sur l''opération « Tandroka » concernant le respect des droits humains. La Communauté de développement de l''Afrique australe a aussi fait part des événements dans le Sud dans son communiqué du 23 no&shyvembre.

Lourdes pertes

Un triste bilan, du moins au niveau des pertes humaines. Le rapport produit par les forces de l''ordre, distribué aux partenaires techniques et financiers, fait état de 23 éléments issus de leur rang décédés et sept autres blessés avant l''opération « Tandroka ». Celui-ci dénombre 20 habitants morts et 16 blessés ainsi que la mort de 140 « malfaiteurs » et un autre blessé et arrêté.

Les forces de l''ordre évoquent l''absence de pertes humaines après l''opération « Tandroka » et la mort d''un habitant. Elles établissent 40 « malfaiteurs » tués, 80 arrêtés dont un blessé, puis un autre présenté devant le tribunal.
Le même rapport indique 7 965 zébus volés avant l''opération « Tandroka » en septembre et la récupération de 1 393 bœufs, soit 17,48%. Il fait aussi état de 1 902 zébus volés après le déclenchement de l''opération avec un taux de récupération de 50,21%.

Toujours selon le rapport, les autorités avaient décidé de mettre en place l''opé&shyration « Tandroka » le 13 septembre. L''objectif fixé est de « ramener la paix et la sécurité et mettre fin à la vindicte populaire ».

Iloniaina Alain
(Source: www.lexpressmada.com)

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