Illovo deal : Jean-Mée Desveaux, Germain Commarmond et Jyoti Jeetun «exclus des négociations»

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L’ex-conseiller de Paul Bérenger, Jean Mée Desvaux, soutient que lors d’une réunion en présence notamment de Jyoti Jeetun, ex-directrice du SIT, cette dernière avait, comme lui, insisté pour que l’Etat obtienne 2/3 des bénéfices sur le deal Illovo. 

L’ex-conseiller de Paul Bérenger, Jean-Mée Desveaux, maintient ses déclarations sur le fameux deal Illovo de 2001. Mais, précise-t-il, il n’était pas le seul à avoir exprimé son désaccord sur le ratio de 1/3 – 2/3 au détriment de l’Etat, lors des négociations.

«Lors d’une réunion un samedi à Clarisse House, avec tous les ministres, les Permanent Secretariesainsi que les directeurs des principales institutions publiques du pays, feu Germain Commarmond qui était alors directeur du Board of Investment ainsi que Jyoti Jeetun, l’ex-directrice du Sugar Investment Trusts’étaient joints à moi pour insister qu’ayant déjà un groupe privé qui avait accepté les 2/3 du bénéfice pour l’Etat, c’est à ce ratio qu’on devrait s’arrêter.» Ainsi s’explique Jean Mée Desveaux quant aux négociations qui ont eu lieu à cette période afin de conclure le deal Illovo.  L’ex-conseiller de Paul Bérenger va même plus loin en soulignant que «nous avions tellement insisté que Paul Bérenger nous avait demandé de ne pas revenir le lendemain lors du meeting avec le secteur privé».

Il affirme que ce week-end de travail à la Clarisse House avait succédé à la rencontre alléguée entre sir Anerood Jugnauth et un représentant du secteur privé. Et que c’est au lendemain de cette rencontre qu’il avait appris du ministre des Finances que le deal final avait tourné à l’avantage du secteur privé.

Mookhesswur Choonee qui était présent à cette réunion en tant que ministre des Terres et du Logement, a refusé de commenter l’affaire. Il a déclaré à la presse qu’il devra d’abord en parler au Premier ministre.

Répondant aux accusations à l’effet qu’il réglait ses comptes parce que sa proposition de partenariat a été refusée, Jean-Mée Desveaux déclare : «Comment voulez-vous que je n’ai pas préféré un groupe du secteur privé qui avait accepté un tiers du gâteau plutôt qu’un autre qui exige le double en réduisant la part de l’Etat? M. Bérenger prend-il les Mauriciens pour des abrutis pour passer une telle sornette?» «Je n’ai rien à gagner avec un consortium ou un autre», ajoute Jean-Mée Desveaux. Selon lui, le premier groupe avait comme le deuxième exigé, lui aussi, 2/3 des bénéfices.«Mais j’avais insisté pour que l’Etat reçoive les deux tiers avant de soumettre le projet au gouvernement. C’est à cette condition que le projet du consortium a été soumis au ministre des Finances.»  Jean-Mée Desveaux estime que la déclaration de Sir Anerood Jugnauth sur les 10 600 arpents de terre qui sont devenus propriété de l’Etat «is beside the point». «Au final le secteur privé s’en sort avec 65 % des bénéfices, le double de ce qui aurait suffi pour les intéresser à piloter le deal», s’insurge l’économiste.

Mais la question qui est sur toutes les lèvres depuis cette révélation est : pourquoi maintenant, plus de 10 ans après? Et pourquoi Jean-Mée Desveaux n’a-t-il pas démissionné après «ce scandale» au sommet de l’Etat?  Le principal concerné avoue que l’idée lui a traversé l’esprit.. «Il m’a fallu du temps pour me décider. Après l’annonce finale j’étais tellement sous le choc que je n’ai pas travaillé pendant une semaine. Mais je m’étais préparé à servir le pays pendant plus de 15 ans d’exil, j’avais conscience de tout ce qu’il y avait à faire et j’ai refusé de tourner le dos», ajoute-t-il.

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