ICAC : Un prévenu affirme avoir corrumpu des policiers avec la complicité de son avocat

Avec le soutien de

L’homme dénoncé par son avocat dit vouloir venir à bout d’une mafia d’avocats et de policiers dont le but est de faire capoter des enquêtes. Dit-il la vérité ? Surtout qu’il a déjà fait une fausse déposition contre ses propres parents.
&nbsp
Des policiers sont-ils passés maîtres dans l’art de ficeler des dossiers à charge de telle façon qu’ils sont finalement cassés en cour pour vice de procédure ? En tout cas, c’est ce qu’affirme Parmeetsing Ramtohul à la Commission anti-corruption ces jours-ci.

L’homme est sous les feux de l’actualité depuis la semaine dernière, ayant été arrêté par le Central CID dans une affaire de corruption de fonctionnaire. Il a été dénoncé par nul autre que son avocat, Me Navin Ramchurn de l’avoir invité à remettre un pot-de-vin de Rs 200 000 à des enquêteurs de ce département afin qu’il soit blanchi dans une affaire d’escroquerie et de faux en écriture.

Directeur d’une entreprise spécialisée dans la vente de poissons d’aquarium, le jeune homme est accusé d’avoir dépossédé frauduleusement une Flight Purser de 60 ans de son terrain à la rue Vandermeersch, Rose-Hill. En 2006, Veena Kumari Dhunnoo a saisi le Central CID pour expliquer qu’elle lui a donné carte blanche pour procéder à un projet immobilier sur ce terrain alors qu’elle était hors du pays.

Et fin de compte, déplore-t-elle, il a falsifié sa signature et revendu le site pour Rs 4 millions à un revendeur de voiture reconditionnée. L’affaire devant être appelée devant la cour intermédiaire en mars, Parmeetsing Ramtohul aurait tenté le tout pour qu’il ne soit pas condamné. Son homme de loi affirme qu’il n’a pas cessé de le harceler pour graisser la patte à certains limiers travaillant sur ce dossier.

Devant la commission anti-corruption cette semaine, l’intéressé affirme que c’est plutôt son homme de loi qui l’a incité à avancer des dessous de table à un de ses proches, un haut gradé, pour se tirer d’affaires. Et que celui-ci l’aurait déjà fait à hauteur de Rs 100 000 pour ne pas moisir en cellule après son arrestation.

Ramtohul déclare ne pas avoir déboursé cette somme. Il affirme que c’est l’avocat qui a fait le nécessaire, ce dernier étant son ami. L’homme de loi lui devait déjà le même montant. Parmeetsing Ramtohul soutient également qu’il était alors en voyage en Inde quand il a su qu’il était recherché pour l’affaire de vente frauduleuse.&nbsp&nbsp

D’autre part, il affirme mordicus n’avoir jamais escroqué la Flight purser, employée d’Air Mauritius. Il avance que celle-ci a agi par vengeance après lui avoir vendu le terrain car il était censé se marier à sa fille. Ce, après un arrangement par sa famille. Toutefois, il n’a pas respecté le choix de ses parents et s’est marié à une autre.

Cependant au Central CID, le dossier à charge contre lui tient la route, l’examen graphologique ayant établi que la signature de Veena Kumari Dhunnoo a été faussée. Reste à prouver qui l’a fait et Parmeetsing Ramtohul envisage de faire venir un graphologue anglais pour démontrer que c’est n’est pas lui le faussaire.

A la Commission anti-corruption cette semaine, Parmeetsing Ramtohul veut se présenter comme le pourfendeur d’une « mafia » d’avocats. D’un, il accuse Me Ramchurn de l’avoir dénoncé à la police parce qu’il voulait saisir la Commission anti-corruption sur ces demandes de pot-de-vin. De deux, il dénonce l’homme de loi Ashley Hurranghee de l’avoir court-circuité, après avoir sollicité un rendez-vous avec lui, en relatant à Me Navin Ramchurn la teneur d’une conversation qu’il a eu quant à sa décision de saisir cette institution.

Navin Ramchurn nie toute ces allégations, de même qu’il soit son ami et déclare l’avoir dénoncé sur une question de principe. « Il est en train de monter une cabale pour jeter la boue sur tout le monde, » lâche l’avocat. De son coté, Ashley Hurranghee se défend de s’être engagé dans une telle pratique. Niant par la même avoir discuté avec Parmeetsing Ramtohul quant à son intention d’avoir recours à la Commission anti-corruption.

A Marine Road, les allégations de Parmeetsing Ramtohul sont pris très au sérieux car c’est encore lui qui avait fait des allégations contre le directeur de la Mauritius Housing Corporation (MHC) en octobre 2009. Il avait allégué que Ramakrishna Mudaliar lui avait réclamé Rs 200 000 pour lui verser une des tranches d’un prêt de Rs 4 millions pour la rénovation d’un bungalow.

Ramakrishna Mudaliar a évoqué un coup monté après avoir été appréhendé par la Commission anti-corruption et suspendu de ses fonctions à quelques mois de sa retraite. Il avait indiqué que le paiement des tranches avait été gelé quand les inspecteurs de la MHC ont découvert que les matériaux de construction sur le site n’étaient pas destinés au bungalow.
Ramakrishna Mudaliar affirmera que Parmeetsing Ramtohul l’a alors insulté au téléphone, puis l’a menacé de mort de même que ses collègues. Il expliquera n’avoir jamais traité avec cet individu et que c’est injuste ce qui lui arrive.

Aux Casernes centrales, les affirmations de Parmeetsing Ramtohul sont prises avec des pincettes. En 2002, l’homme d’affaires a été condamné en cour de Bambous pour avoir fait bloquer un chèque qu’il avait émis à un éleveur de chien. En 2010, il a écopé d’une amende de Rs 5 000 en cour de Rose-Hill pour avoir émis un chèque sans provision d’un demi million de roupies à un architecte.

Parallèlement à l’affaire de vente frauduleuse du terrain de l’employé d’Air Mauritius, Parmeetsing Ramtohul avait accusé ses propres parents de lui avoir volé Rs 1 million. Laquelle somme provient de la vente de ce terrain. Son père et sa mère ont toutefois été blanchis, ayant démontré qu’il avait contracté un prêt de Rs 1.5 millions en mettant leur maison en gage auprès de la Life Insurance of India (LIC), qu’il n’a jamais remboursé ses mensualités et qu’il leur avait remis cette somme pour régler l’ardoise.

Cerise sur le gâteau, la propre sœur de Parmeetsing Ramtohul l’avait accusé de faux en écriture en vendant le véhicule lui appartenant. L’homme d’affaires ne veut pas parler de ses anciennes « affaires » mais de l’action qu’il mène contre un gradé du Central CID et&nbsp ces deux avocats, estimant qu’à la Commission anti-corruption, on est aux petits soins avec lui.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires