Humour : Ce rire qui descend sous la ceinture

Avec le soutien de

Pran nissa. Avec la retransmission de la cérémonie du lever de drapeau annuel au Champs de Mars. Stéphane Raynal a osé. C’était la semaine dernière en première partie du trio d’humoristes réunionnais – Thierry Jardinot, Marie Alice Sinaman, Jean Laurent Faubourg – venu égayer une de nos soirées d’hiver.

A grand renfort de gestes et d’imitations, le comique local, membre de la bande à Berty Prosper et Gérard Ratinon, les Flaco, Stéphane Raynal a repris un classique de la télévision. Notamment cette convention qui veut que les commentaires sur l’arrivée des hauts dignitaires et le défi lé des forces policières, des majorettes et des ségatiers soient en plusieurs langues.

Nous rendant complice du jeu des traductions, l’humoriste détourne le protocole. Gentiment. Comme avec la traduction en créole du discours du Premier ministre : «mo papa, mo papa», qui en hindi devient «be zot pena papa ?» Energique numéro de mime ensuite, que celui proposé par Berty Prosper. Ou quand un air de Figaro tourne vraiment mal. Les locaux nous auront bien chauffés avant qu’une phrase malheureuse des Réunionnais ne nous refroidisse.

Une phrase ? Non plutôt un juron, une insulte désignant une partie de l’anatomie féminine. Il nous semble que la vulgarité peut prêter à rire. Quand elle est contrôlée. Et encore. Mais quand cela coupe le souffle au public, lui fait hocher des sourcils, sans compter que cela n’apporte pas vraiment de piquant au sketch, alors pourquoi ce choix ? Tout cela pour dire que la première partie tranchait nettement avec la seconde. Non pas que l’humour réunionnais ne soit pas comique.

Mais plus grinçant. Comme Miss Fonn’ker, interprétée par Marie Alice Sinaman. Miss Fonnker, c’est une reine de beauté élue non pour sa beauté physique mais pour sa générosité. Sa rencontre avec une femme chauffeur de bus, une femme courage, une femme qui a des choses à prouver est plus émouvante que drôle. Car sous la carapace de la femme qui n’hésite pas à s’imposer face aux passagers masculins, se dessine un personnage de femme qui a clairement une revanche à prendre sur ses pairs. Un personnage dans lequel certaines peuvent se reconnaître.

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A.G- H.

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