Henri maillot : « Être toujours animé d?une grande passion »

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Henri Maillot est le créateur, depuis 1992, de la « Vénus de Bronze », prix très prisé des « Masters » de l?émission télévisée « Questions pour un Champion ». Passionné, modeste, jovial et sympathique, ce champion dans la catégorie sculpture était de passage à Maurice. Il travaille sur un projet ? il n?en dit pas plus ? à l?échelle de l?océan Indien : il sera bientôt à Madagascar, puis il mettra le cap sur la Chine pour ensuite rallier l?Inde. À chaque escale, il compte planter un arbre pour laisser une trace de son passage. Il fera un crochet par Maurice avant de rentrer chez lui. Avis à ceux qui n?ont pas rencontré jusqu?ici ce maître de la sculpture. Henri Maillot, parlez-nous de la sculpture par rapport à votre expérience ? Le modelage consiste avant tout à retraduire quelque chose et, dans mon cas, ce quelque chose est le corps humain. Toujours par rapport à moi, je fais plus souvent le modelage du corps féminin parce que je suis et reste quand même un homme. Qu?est-ce qui vous a poussé à vous intéresser à cet art ? Déjà l?âge de sept-huit ans, quand j?habitais en France, j?aimais dessiner. En fait, tout petit, je ne voulais pas faire autre chose que l?expression artistique. Je dessine toujours et même tous les jours. Mais les projets que j?entreprends au niveau commercial concernent uniquement la sculpture. Pourquoi la sculpture et non la peinture ? Quand je suis seul avec l?argile, j?ai l?impression à ce moment précis d?être Dieu. Je suis le seul à avoir le contrôle sur mon monde à moi : quoi faire apparaître et comment le faire apparaître. J?aime aussi la mémoire des doigts qui échappe à mon cerveau qui ne le sait souvent pas. Mes doigts disent ainsi ce que le cerveau a oublié, ce qui permet une liaison entre la matière et les doigts. Quels conseils pouvez-vous donner à un jeune débutant ? Il faut avant tout que la sculpture soit sa passion. Cela reste quand même difficile de la vivre, comme toute autre passion. Il devra oublier la peur et être prêt à tout risquer. Cependant, cela dépend de la personne. Moi, par exemple, j?étais professeur aux Beaux-Arts. J?ai arrêté quand j?ai réalisé que je ne pouvais pas être artiste à mi-temps. Mais il y a d?autres personnes qui arrivent à concilier la vie de professeur et d?artiste. Pour moi, il est avant tout question de liberté. Conséquence : parfois tout tourne pour le meilleur mais d?autres fois, les choses peuvent aller très mal. Le plus important reste de toujours être animé d?une grande passion ! Votre intérêt pour l?art s?étend-il vers d?autres domaines que la sculpture ? En effet, il y a aussi la poésie. J?avoue que j?écris de temps en temps, mais cela reste mon jardin secret? Que retenez-vous de votre séjour à Maurice ? Merveilleux ! Ce qui m?a marqué à Maurice ne réside pas dans son paysage, mais plutôt dans les personnes côtoyées. C?est aussi de retrouver des pensées chez certaines personnes qui ouvrent l?opportunité pour avoir une interaction. Selon vous, existe-t-il un potentiel artistique à Maurice ? Comme je l?ai dit, j?ai été professeur des beaux-arts à la Réunion. J?ai à plusieurs reprises eu des étudiants mauriciens. Pour moi, ce sont des personnes qui doivent aller vers le développement du potentiel qui existe en eux. Le mot de la fin ? Ben à la fin, j?ai faim !!! (Rires) Propos recueillis par Maëva Veerapen
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