Harcèlement sexuel allégué au collège Bhujoharry : le recteur part en retraite anticipée

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Jaya Toona, ancienne enseignante, a porté plainte contre son recteur du collège Bhujoharry au ministère du Travail pour harcèlement sexuel le 17 mai. 

Jaya Toona, ancienne enseignante, n’a pas hésité à dénoncer le recteur du collège Bhujoharry où elle travaillait, de harcèlement. «L’express» en avait fait état dans son édition de samedi 22 juin. Et le recteur en question a décidé de partir en retraite anticipée aujourd’hui. 
 
 
«Il me faisait des avances. Et quand j’ai continué à refuser, il a trouvé d’autres moyens pour me harceler…» Encore sous le choc, Jaya Toona, ancienne enseignante du collège Bhujoharry, à La-Tour-Koenig, avait porté plainte pour harcèlement sexuel contre le recteur du collège, Ramakrishna Maywah, au ministère du Travail. La semaine dernière, des officiers du ministère ont interrogé le recteur qui, lui, nie en bloc les allégations portées contre lui. Mais, aujourd’hui, ce dernier a démissionné, préférant prendre une retraite anticipée. 
 
Le calvaire de cette habitante de Vacoas, âgée de 32 ans, enseignante d’anglais depuis sept ans, aurait commencé en août 2010, lorsqu’elle aurait approché le recteur Ramakrishna Maywah pour lui demander quatre jours de congé consécutifs. Cela, afin qu’elle puisse participer à une retraite spirituelle. «Il avait accepté et, à mon retour, je lui ai offert une statuette de Buddha pour le remercier», relate l’enseignante. Elle précise qu’à ce moment-là, elle ne connaissait pas bien le recteur puisqu’elle travaillait dans un département situé dans un autre bâtiment et qu’elle ne le croisait presque jamais.
 
Toutefois, ce geste de reconnaissance allait lui coûter cher. Le recteur aurait commencé à la convoquer dans son bureau souvent, même un peu trop au goût de la jeune femme. «La première fois, je m’attendais à ce qu’il me parle de mon travail ou de mes élèves. Mais, il a soudainement touché ma main et m’a dit que j’étais la seule qui le comprenait !» s’insurge-t-elle. Dans la foulée, Ramakrishna Maywah se serait également épanché sur ses problèmes personnels.
 
Choquée, elle aurait néanmoins fait comprendre au recteur qu’elle n’appréciait guère son geste. «Je lui ai clairement dit qu’il fallait que nos conversations restent strictement professionnelles et je suis partie», souligne-t-elle. Outrée, elle aurait fait part de cet incident à des collègues. Vu qu’elle ne voyait pas souvent le recteur, Jaya Toona dit avoir décidé de fermer les yeux sur ce qui s’était passé. 
 
Or, l’an dernier, lorsque le personnel du collège a déménagé dans les nouveaux locaux à La-Tour-Koenig, la vie de Jaya Toona serait devenue amère. «Il me faisait des compliments. Mais ce qui me dérangeait le plus c’était le fait qu’il me convoquait trop souvent dans son bureau. Je ne pouvais refuser de partir le voir puisqu’il était mon supérieur», ajoute-t-elle. Et, lors de ces convocations, selon la jeune femme, Ramakrishna Maywah lui aurait fait des déclarations d’amour.
 
«Il m’a même dit de partir avec lui en Angleterre et il voulait même verser son argent sur mon compte bancaire !» allègue-t-elle. Mais, Jaya Toona aurait continué d’insister auprès de lui pour que leurs conversations ne dépassent pas le cadre professionnel. «Je me sentais piégée, car je craignais qu’il ne s’acharne sur moi parce que je ne cédais pas à ses avances», relate Jaya Toona. Raison pour laquelle, dit-elle, elle n’aurait rien fait de plus que pleurer auprès de ses collègues féminins, enfermées dans des salles de classe quand elle le pouvait. Une information que soutient à l’express, une de ses collègues qui exerce toujours au collège Bhujoharry.
 
L’année dernière, déclare Jaya Toona, le recteur et la direction l’auraient qualifiée de «superflue». «En me voyant, Ramakrishna Maywah m’a lancé avec une pointe d’ironie que c’était très triste ce qui s’était passé», dit-elle. «Believe me, I have known you. I’d like to know you better», aurait-il murmuré à l’enseignante, qui, elle, aurait continué à subir son calvaire en silence.
Cette année, un de ses collègues, qui est à la retraite, aurait dit à la jeune femme que Ramakrishna Maywah aurait dit : «Kifer Jaya al guet X, Y, Z alor ki mwa mo kapav resoud so problem.» Jaya Toona soutient que le recteur se serait également mis à la persécuter. «Mo ti bizin zis ranplase dan bann klas. Li trouv tou kalite pretex pou abes mwa ou fer mwa bann repros», allègue-t-elle. Elle cite en exemple le fait que Ramakrishna Maywah lui aurait demandé de préparer des Lesson Plans pour toutes les classes. 
 
Mais, le 15 mai dernier, lasse d’un énième «châtiment» de son supérieur, Jaya Toona dit lui avoir lancé qu’elle ne pouvait plus subir ce harcèlement. Et, le 17 mai, elle a décidé de porter plainte contre lui au ministère du Travail.
 
De son côté, Ramakrishna Maywah réfute les allégations de l’enseignante. Ramdass Ellayah, manager du collège Bhujoharry et également le propriétaire, déclare, pour sa part, que les allégations de la jeune femme ne sont que des fabulations. «Cette femme a fait cette plainte parce qu’elle a été qualifiée de redundant !» a-t-il affirmé à l’express. Ce que nie Jaya Toona, qui indique qu’elle recevait toujours son salaire pendant tout ce temps et qu’elle a été transférée dans un autre collège privé.
 
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