Grande-Bretagne : Le Premier ministre Cameron le "Bloody Sunday" de 1972

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Le Premier ministre David Cameron a présenté le mardi 15 juin, les excuses de son pays pour le "Bloody Sunday" de 1972 en Irlande du Nord - où 13 manifestants avaient été tués par des soldats britanniques .

Citant des passages du rapport de 5 000 pages établi par Lord Saville en le présentant aux Communes, Cameron a dit que les investigations montraient sans ambiguïté que rien ne justifiait les tirs opérés par l''''armée sur des civils au cours d''une manifestation pour les droits civiques à Londonderry.

"Les événements du Bloody Sunday n''étaient en aucune manière justifiés. Ce qui s''est produit n''aurait jamais, jamais dû se produire (...) Certains membres de nos forces armées ont mal agi", a dit le chef du gouvernement.

"Au nom du gouvernement et de notre pays, je suis profondément désolé", a-t-il ajouté.

Une foule immense s''était rassemblée mardi sur la place de la mairie de Londonderry pour suivre l''intervention de Cameron en direct sur un écran géant. Lorsqu''il a formulé les excuses de Londres, l''assistance a poussé des acclamations et applaudi.

Le Bloody Sunday avait changé le cours des choses dans le conflit nord-irlandais, qui opposait des sécessionnistes en majorité catholiques à des unionistes surtout protestants qui tenaient à maintenir la province dans le giron du Royaume-Uni.

Le 30 janvier 1972, des soldats britanniques avaient ouvert le feu sur une manifestation non autorisée en faveur des droits civiques dans le Bogside, secteur fortement nationaliste de Londonderry. En plus des treize morts, l''un des quatorze blessés avait succombé quelques semaines plus tard.

Les victimes étaient des catholiques non armés.

"Aucune des victimes ne constituait une menace de mort ou un risque de blessure grave, ni quoi que ce soit qui puisse en aucune manière justifier qu''on ouvre le feu sur elles", dit le rapport Saville, contredisant ainsi les soldats qui affirmaient avoir tiré sur des personnes armées.

Une fois que Cameron a révélé les conclusions du rapport d''enquête, des parents de victimes se sont adressées à la foule de Londonderry. L''un d''eux a déchiré un exemplaire d''un rapport officiel de 1972 sur le Bloody Sunday à présent discrédité.

"Le grand mensonge est révélé. La vérité a enfin éclaté", a dit Mickey McKinney, dont le frère Willie était parmi les morts.
Le rapport a demandé douze ans de recherches et coûté près de 200 millions de livres (240 millions d''euros). Présidées par le juge Lord Saville, les investigations ont rassemblé les témoignages de 2 500 personnes entre 1998 et 2004.

Le drame de 1972 avait poussé des centaines de volontaires à rallier les rangs de l''Armée républicaine irlandaise (IRA), qui avait intensifié sa campagne pour le rattachement de l''Ulster à la République d''Irlande.

Au total, près de 500 personnes avaient trouvé la mort en 1972, l''année la plus meurtrière du conflit nord-irlandais entre l''Armée républicaine irlandaise (IRA), les forces britanniques et les groupes unionistes combattant pour le maintien de l''autorité de Londres.

Le rapport Saville avait été promis par l''ancien Premier ministre Tony Blair à l''époque où il s''efforçait d''obtenir l''appui des républicains pour conclure ce qui allait devenir en 1998 les accords du Vendredi-Saint.

Les médias britanniques n''excluent pas que le rapport débouche sur des poursuites judiciaires contre les soldats impliqués dans la fusillade. Mais pour certains, une vive polémique est à craindre si les soldats sont traduits en justice alors que de nombreuses personnes des deux camps, condamnées pour meurtre, ont bénéficié de libérations anticipées.

Selon le rapport, Martin McGuinness, alors numéro deux de l''IRA à Londonderry et aujourd''hui vice-Premier ministre d''Ulster, se trouvait dans le secteur de la manifestation et était sans doute armé d''une mitraillette. "Nous sommes certains qu''il ne s''est engagé dans aucune activité de nature à justifier que les soldats ouvrent le feu", ajoute le document.

Informé de ce point, McGuinness a nié avoir été armé le jour en question et a dénoncé une calomnie d''"agents britanniques".
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