Fraude en Inde : Pas d’enquêteurs indiens à Maurice, l’hôtel du gouvernement pas informé

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La mission d’une équipe du Central Bureau of Investigation annoncée dans la presse indienne dans le cadre de l''''enquête&nbsp sur des pots de vin à un ministre de l’Inde semble mal partie. Elle n’a jamais pris l’avion et l’Hôtel du gouvernement n’a jamais été averti de son arrivée. (Photo: la ville de New Delhi)

Aucun enquêteur indien du Central Bureau of Investigation (CBI) ou de l’Enforcement Directorate (ED) n’a pris l’avion pour Maurice ce lundi 16 mai. Selon la presse indienne, une équipe d’enquêteur était censée séjourner dans l’île, dans le cadre de leur enquête conjointe sur les pots de vin de plusieurs milliards de roupies versés par des entreprises, à un ministre et à des hauts fonctionnaires indiens via l’offshore mauricien. L’acte de corruption serait lié à l’allocation de licences de téléphonie mobile dans la Grande péninsule.

« En tout cas, c’est sans fondement. L’Hôtel du gouvernement aurait dû en être averti », explique le chef de la diplomatie mauricienne, Arvin Boolell, à lexpress.mu. La venue de ces enquêteurs dans l’île continue, pourtant, à être citée par de nombreux médias de l’Inde, dont le non moins célèbre Times of India, lundi soir, faisant écho d’une annonce faite le vendredi 13 mai auprès de la Cour suprême indienne.

À ce jour, la Haute Commission indienne n’a pas non plus été informée de cette visite et certains voient mal pourquoi des enquêteurs devraient débarquer dans l’île. D’un, il existe un axe de coopération sur l’échange d’informations entre Port-Louis et New-Delhi. De deux, la Haute Commission indienne dispose déjà d’un officier du fisc censé veiller à toute opération suspecte.

Déjà, cette visite avait fait l’objet d’une réunion entre la Haute Commission de l’Inde à Maurice et des officiers du ministère mauricien des Affaires étrangères le vendredi 18 mars. Port-Louis voulant alors avoir la version de New-Delhi sur les révélations de la presse indienne.

L’affaire dite « 2G Scam » - du fait que des licences d’opération pour un réseau de téléphonie mobile de seconde génération ont été monnayées – éclabousse l’ex-ministre des Télécommunications indien, Andimuthu Rajah. Il est accusé d’avoir perçu une somme évaluée à Rs 3 milliards qu’il aurait prestement dissimulée sur les comptes de son épouse dans des établissements opérant dans l’offshore mauricien et seychellois.

Techniquement, 122 licences ont été accordées à 85 firmes en 2008 au tarif en cours en 2001. Le nombre d’abonnés en 2008 était de 350 millions contre 4 millions sept ans plus tôt. Il n’y a eu aucun appel d’offres et les licences ont été servies sur un plateau aux premiers venus.

L’enquête du CBI est censée recueillir des renseignements sur les vrais promoteurs derrières la Delphi Investment, une firme basée dans l’offshore mauricien. Celle-ci, une filiale de Mavi Investment, a racheté les 9,9 % d’actions de Reliance Telecom au sein de Swan Telecom mouillée jusqu’au cou dans l’affaire de pots de vin.

Les autorités indiennes veulent surtout savoir si l’argent versé comme pot-de-vin n’a pas tout bonnement été réinvesti dans certaines entreprises ayant obtenu des licences d’opération dans un pays dont le nombre d’abonnés frise les 500 millions. L’affaire agace grandement New-Delhi car le manque à gagner pour elle dans cette grande braderie s’élève à 39 milliards de dollars.

L’affaire a été mise au jour lorsque les licences pour les fréquences 3G ont permis au Trésor indien de recueillir&nbsp la somme de 15 milliards de dollars. Et surtout après que l’avocat et politicien Subramaniam Swamy, ait écrit des lettres au chef du gouvernement indien, Manmohan Singh, et juré des affidavits. Tout&nbsp le dossier a aussi été porté à la connaissance des médias.


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