FMI : Avec une croissance de 4,1% cette année, Maurice doit réduire son endettement du PIB

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Le Fond Monétaire International (FMI), dans son Public Information Notice (PIN), résume les conclusions du "Article IV Consultation" avec les responsables du dossier économique à Maurice.

Le FMI prévoit une croissance de 4,1% du produit intérieur brut cette année contre 4% l’année dernière. Le FMI recommande une politique fiscale moins expansionniste afin de limiter le déficit budgétaire à 4,25% du PIB. Dans le même souffle, est souhaitée une politique plus ambitieuse pour réduire la dette publique à moins de 40% du PIB dans le long terme.
Le PIN, publié par l’institution de Bretton Woods sur son site Internet hier, est moins optimiste que le Central Statistics Office qui prévoit un taux de croissance de 4,5% cette année. La Banque de Maurice avait, elle, tablé sur 4,6%. Le FMI prévoit, de son côté, seulement 4,1% et cela grâce à la reprise économique sur le plan mondial.

L’institution estime que pour passer le cap des 4%, Maurice doit accélérer la mise en œuvre des projets d’investissement, entreprendre des réformes du marché du travail pour réduire le taux de chômage et prendre des initiatives dans le domaine de l’éducation pour rehausser la qualité des ressources humaines.

Des réformes sont également nécessaires pour améliorer la productivité totale (intrants, main-d’œuvre, capital, technologie, équipement, gestion). Le FMI recommande d’améliorer l’efficience et la qualité du service dans les entreprises publiques, à commencer par la fourniture d’eau.

Lors des discussions avec les autorités mauriciennes, l’institution les a encouragées à impliquer davantage le secteur prive dans la gestion des entreprises d’Etat.

Le FMI reconnait que Maurice a déjà entrepris des réformes importantes pour améliorer le fonctionnement de l’économie. Ce sont d’ailleurs ces réformes entreprises entre 2008 et 2010 qui ont permis au pays de faire face à la crise économique mondiale. Toutefois, il reste encore beaucoup à faire , comme indiqué plus haut.

Pour ce qui est de la politique fiscale, le FMI estime que Maurice doit accélérer sa politique pour une meilleure gestion des finances publiques. L’adoption d’une politique moins expansionniste n’est pas incompatible avec la nécessité de concrétiser les projets d’investissements évoqués plus haut.

En 2010, les dépenses d’investissements prévus n’ont pas été faites par manque de capacité pour les mener à bien. Il faut réduire le déficit fiscal et l’endettement. Même si Maurice est bien partie pour atteindre un niveau d’endettement de 50% du PIB en 2018, les cadres du FMI recommandent une approche fiscale plus ambitieuse dans le moyen terme afin de réduire les vulnérabilités qu’implique une dette trop lourde. Maurice devrait viser un taux d’endettement inferieur à 40% dans le long terme.

Sur le plan de l’écologie, le FMI estime que Maurice est une pionnière. Toutefois, l’institution remet sur le tapis l’idée d’adopter une taxe carbone qui pénalisera financièrement les propriétaires de véhicules avec de grosses émissions de CO2. Le FMI va même plus loin en suggérant un système de taxation qui augmenterait le coût de conduire un véhicule, ce qui réduira la pollution et allègera le trafic routier.

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