Financement des partis politiques: Transparency Mauritius constate l’opacité

Avec le soutien de

Transparency Mauritius considère que le financement des partis politiques n’est pas transparent, et que les politiciens tiennent à ce qu’il en soit ainsi.

C’est dans cette optique que Transparency Mauritius, avec le soutien du Decentralised Cooperation Programme (DCP), a organisé un atelier de travail. Celui-ci réunissait plusieurs membres des médias mauriciens, en ce 5 août 2009, à La Cannelle, au Domaine Les Pailles. L’objectif est de mettre davantage à contribution les médias pour contraindre les politiques à davantage de transparence sur ce dossier de financement des partis politiques.

Pour susciter un changement vers moins d’opacité, l’organisme souhaite la collaboration des médias à Maurice. «Nous considérons qu’il n’y a pas de transparence dans le financement des partis politiques. Cela ouvre la voie à toutes sortes de malversations et à la corruption. Ce qui détruit le principe démocratique», affirme Jacques de Navacelle, directeur de Transparency Mauritius.

«Donc, nous avons décidé de nous attaquer à ce problème. Nous constatons que, depuis longtemps, il y a eu de nombreux débats à ce sujet, de déclarations de politiciens, qui disaient qu’ils veulent que ça change. Mais, finalement, rien n’est fait», déplore celui-ci.

Face à cet immobilisme, Transparency Mauritius conclut que les politiciens n’ont pas envie que cette situation change. «Parce que cela leur convient d’être élu dans ces conditions là. Pourquoi changeraient-ils un système et des méthodes qui leur ont permis d’être au pouvoir?», s’interroge Jacques de Navacelle.

Transparency Mauritius souhaite que cette question ne soit plus restreinte aux hommes politiques. L’organisme est d’avis que le moyen indispensable pour qu’elle atteigne le public est de faire passer le message via les médias.

«Les médias pensent que cette situation ne changera jamais. Nous voulons modifier cet état d’esprit et essayer de mobiliser les médias pour qu’ils parlent davantage du financement des partis politiques. Ainsi, ils apporteront leur contribution pour changer les choses», déclare Jacques de Navacelle.

Plusieurs personnalités des médias, dont le directeur exécutif de La Sentinelle Ltd Jean-Claude de l’Estrac, étaient présentes lors de cet atelier de travail, ainsi que le directeur du Joint Economic Council, Raj Makoond, et le Dr Yip Tong de l’Electoral Supervisory Commission (ESC).

On retiendra, notamment, l’intervention de Jean-Claude de l’Estrac, qui se déclare «en faveur du financement public des partis politiques». Selon lui, pour plus de transparence dans le financement des partis, il faut, premièrement, que le plafonnement des dépenses soit révisé. Deuxièmement, que ces comptes soient expertisés au lendemain des élections, puis déposés et rendus accessibles au public. Troisièmement, que la contestation de ces chiffres soit permise. Dans le cas où la contestation est légitime, il faut que des sanctions s’ensuivent, allant même jusqu’à l’annulation des élections.

Et si tous ceux présents voulaient connaître le rôle de l’ESC face à une éventuelle irrégularité d’un candidat lors d’une campagne électorale,&nbsp le Dr Yip Tong, se posant lui-même la question, répond: «Comment prouver qu’un parti a dépensé ou pas ce qu’il a déclaré?»…

Raj Makoond du Joint Economic Council est, pour sa part, d’avis qu’un parti politique est l’expression du statut démocratique de Maurice ou de ses citoyens. «Pas de financement d’étrangers, de sources religieuses ou parapubliques», prône-t-il.

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