Fin en eau de boudin de JIOI positifs et prometteurs

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Une fin en queue de poisson pour Maurice, titre l’express du 2 septembre 1979. Forfait du XI local contre les Comores pour la médaille de bronze en football et retrait de certains boxeurs indiquent le mécontentement prévalant dans le camp mauricien. A l’origine de la frustration : trois buts refusés à Jacquotte (61 et 87e minutes) et à L’Enflé (40e), arbitrage défavorable de M. Vautrot lors des demi-finales contre les Seychelles, huit footballeurs mauriciens blessés, décisions arbitrales préjudiciables aux boxeurs locaux, arrêt de combat inexplicable de Gervais Paya contre un Seychellois, mystérieusement déclaré vainqueur. Profondément déçus et affectés par l’accueil reçu pendant les rencontres où la psychose anti-mauricienne a été vivace, des athlètes locaux estiment qu’il faut arrêter l’addition. Après dix jours de joie, d’euphorie, de déceptions et de grincements de dents, les premiers Jeux des Iles de l’Océan Indien prennent fin. Rendez-vous est pris pour 1983 à Maurice. Les télespectateurs notent toutefois l’hésitation du ministre des Sports, Hurrydev Ramchurn, à recevoir le drapeau des JIOI, symbolisant l’engagement de Maurice à accueillir les prochains Jeux car il ne semble pas sûr d’avoir l’assentiment de Seewoosagur Ramgoolam pour relever un tel défi. Jean Delaître confirme qu’aucune décision n’est prise, mettant en avant le coût exorbitant des Jeux. L’on sait que le mini-gouvernement MMM-PSM de juin 1982 à mars 1983, continua à ne rien faire pour organiser les 2es JIOI et que c’est une équipe motivée, dirigée par Michael Glover, Yves Fanchette, Jean Delaître et Maurice Rault, qui, en 1984/85, releva vraiment ce défi national et ne s’épargna aucune peine ni sacrifice pour que les 2es JIOI soient un succès d’organisation et de mobilisation nationale en août 1985. Jean Delaître souligne toutefois l’aspect positif des 1ers JIOI qui consiste essentiellement en le rassemblement, en un seul lieu et pendant toute une décennie, d’un millier d’athlètes indocéaniques. C’est un temps fort de fraternité interîles, de connaissances mutuelles, de dépassements sportifs et de peaufinement sur le plan de l’organisation et des infrastructures sportives. Qu’on le veuillle ou non, la piscine olympique Serge-Alfred, le stade d’athlétisme Maryse-Justin, le stade de Belle-Vue, le gymnase Pandit-Sahadeo et toutes les constructions faites pour les JIOI d’août-septembre 2003, puisent leurs origines dans les Jeux de 1979, en dépit des imperfections qu’on peut leur prêter. Il suffit de savoir qu’on n’était même pas certain, au départ, de la cohésion devant prévaloir au sein d’une délégation d’athlètes et de dirigeants sportifs locaux, d’une ampleur jamais atteinte auparavant, pour mesurer le parcours et les progrès accomplis depuis. Le fair-play n’a pas toujours été respecté, peuvent se plaindre certains, mais cela n’est rien comparé aux aspects positifs et prometteurs de ces 1ers JIOI. Les failles notées ici et là ne remettent pas en cause la tenue des futurs Jeux. Maurice doit cependant combler ses lacunes dans certaines disciplines. La Réunion, par exemple, remporte 60 des 70 médailles disponibles en natation seulement. Cela se comprend, si l’on tient compte que Maurice ne dispose pas alors de piscine olympique et que nos rares et courageux nageurs doivent se contenter du bassin d’eau glacée de la SMF à Vacoas. A juste titre, Jean Delaître rappelle que les Jeux de la Communauté française n’ont eu lieu qu’une seule fois à Tananarive en 1960. Les Jeux de la Communauté francophone n’ont pas eu lieu en 1976 à Libreville, comme promis au Québec deux ans plus tôt. Des sportifs ont porté haut le quadricolore mauricien. En tennis de table, ils ont remporté six médailles d’or sur sept et en badminton, ils ont surclassé leurs adversaires. Les résultats sont bons en voile, en volley-ball et au tennis. Au total, la Réunion reçoit 163 médailles dont 68 en or, 54 en argent et 41 en bronze. Maurice en remporte 110 (29, 43 et 38), les Seychelles 31 (11, 9 et 7), les Comores 9 (1,1 et 7), les Maldives 3 (0, 1 et 2).
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