Fête nationale: Le Mouvement 1e mai réclame une nouvelle constitution

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Cette année Jack Bizlall a réuni les militants du Mouvement 1er mai autour d’un débat sur la nécessité et la possibilité d’une nouvelle république.

Comme à son habitude, le mouvement 1e mai a célébré le 42e anniversaire de l’Indépendance et&nbsp la 18e année de la République à sa manière. Quelle république pour demain?&nbsp C’était la question centrale lors de la journée de réflexion qui a rassemblé une centaine de personnes à Rose-Hill, le 12 mars.

Jack Bizlall, le premier intervenant, a situé le débat. « La constitution que nous avons héritée du pouvoir coloniale est en déphasage avec la société moderne dans lequel nous vivons », a-t-il lancé. Le droit de l’individu, qui selon lui, est le fondement même de cette société moderne, doit être clairement définit dans la Constitution.

L’initiateur du mouvement 1e mai prône également le pouvoir participatif.&nbsp «Le pouvoir au peuple» à travers un système électoral élargi. "Une élection ne devra pas, uniquement, servir à plébisciter un parti où une alliance au pouvoir mais à voter pour où contre les grandes orientations de l’Etat. Ceci à travers le vote référendaire", explique Jack Bizlall.

L’animateur du Mouvement 1er mai souhaite aussi voir une deuxième république qui puisse garantir un certain nombre de libertés qui dépassent le pouvoir parlementaire. Des droits constitutionnels qu’aucun&nbsp pouvoir politique, aussi puissante soit-elle, ne pourra modifier.

Jack Bizlall en a donné un exemple, en forme de prise de position sur un sujet d’actualité:&nbspla peine capitale.&nbsp Le syndicaliste estime que le droit de vie doit devenir un droit «supra-constitutionnel» pour mettre un «point final une fois pour toute à l’assassinat d’Etat».

L’universitaire Jocelyn Chan Low a pour sa part exposé l’historique de la constitution mauricienne. Il a rappelé que la petite île Maurice a pris très tôt le statut de république. «Dès 1793 nous avons hérité, de la révolution Française, d’une constitution républicaine garantissant le principe électif et de la nomination des juges et autres magistrats», affirme l’historien.

1976, une année à retenir dans l’histoire constitutionnelle et républicaine de notre pays sur lequel s’arrêta brièvement Jocelyn Chan Low. En effet cette année là, sans doute, par manque d’arguments électoralistes, les trois principales forces politiques qui s’affrontait lors des élections législatives, PTr, MMM et PMSD, intégrèrent dans leurs manifestes respectives, la proposition de faire de Maurice une République. L’histoire s’arrête là.

Le chargé de cours décrit ensuite la refonte constitutionnelle de 1992 qui&nbspa donné&nbsp à Maurice le statut de République.

Mais, ce n’était qu’un «exercice de copier-coller qui remplace le titre de Gouverneur général par celui de Président». Une occasion ratée selon l’historien d’apporter des changements majeurs à notre constitution.

«Notre constitution ne prend en compte que la premièrement génération des droits de l’homme alors que le monde en a déjà entériné la troisième. Il est temps de moderniser notre constitution pour une société moderne», estime l’historien dans sa projection du futur.

Le principe de liberté comme moyen d’intervention a été développé par le juriste Dev Ramano. L’objectif du conférencier était de démontrer comment les droits inscrits dans la constitution sont vidés de leurs sens par d’autres sections de cette même constitution. Le moment le plus fort de son intervention fut, toutefois, la partie concernant le droit de tout citoyen de disposer de son corps comme bon lui semble.

Ainsi, l’homme de loi laisse entendre qu’il n’y a pas débat sur le droit, par exemple, à l’avortement effleurant par la même occasion la question de l’euthanasie. «Je reconnais la juridiction de l’Etat sur tout ce qui se passe autour de nous. Mais cette juridiction ne peut s''appliquer au corps du citoyen, &nbsprevendique Dev Ramano.

Veena Doolah, syndicaliste, réclame, quant à elle une constitution qui garantit les droits de travailleurs avant tout autre facteur de production et un partage de la richesse équitable. «Nous les syndicalistes nous connaissons très bien la misère. Il est temps maintenant que nous prenions connaissance de la richesse», demande cette militante de gauche. Elle souhaite, aussi, voir coexister en égalité aux côtés, des droits humains, le droit de la planète et de la nature.

Meneur du mouvement qui conteste le communalisme institutionnalisé, Ashok Subron a, lui, axé son discours sur l’importance d’une constitution et un système électoral «décommunalisés». Son analyse le mène à conclure que la démarche constitutionnelle des années 60 est à l’origine des bagarres raciales de 1968. «Cette montée du communalisme continua jusqu’à la naissance d’une nouvelle mouvance politique.&nbsp La première génération du Mouvement Militant Mauricien des années 70 a agi comme un frein à cette avancée sectaire», relate l’activiste de Resistans ek Alternativ.

La deuxième république doit être, selon Ashok Subron, une occasion de se débarrasser du système de Best loser qui est, selon lui, à la base de toute référence communaliste dans la constitution. «Le système Best loser pervertit en même temps le vote et rend obligatoire la déclaration ethnique des candidats aux élections législatives», estime-t-il.

Pour conclure le débat, Jack Bizlall a proposé une réflexion continue sur le sujet. Il a invité des contributions qui mèneront à une constitution alternative.

«Les tractations d’alliance actuellement en cours ont pour objectif des amendements constitutionnels importants. D’autant plus que Ramgoolam cherche une majorité des trois-quarts, nous devons nous attendre à des changements conséquentes dans un proche avenir», prévoit l’infatigable syndicaliste.

Jack Bizlall a&nbsp souhaité&nbsp qu’un le cercle de réflexion sur la constitution songe également&nbsp à une éventuelle action concertée dans le cadre des prochaines législatives.

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