Exportation: filière crocodile en voie de disparition à Madagascar

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Une forte délégation malgache défendra le sort de la filière crocodile à la conférence des parties de la Cites. La chance serait minime pour la levée du moratoire.

Madagascar pourra-t-il obtenir la levée du moratoire sur la filière crocodile ? Ni l’administration, ni les opérateurs ne veulent faire de pronostic. Sans se prononcer à haute voix, les deux parties semblent être pessimistes. Une délégation malgache ira à nouveau défendre ce dossier à la conférence des parties de la Cites qui se tiendra du 3 au 14 mars à Bangkok. Le pays a disposé de quelques mois pour se préparer. La Cites exigeait surtout la régularisation de la filière.

Faute de financement, les actions menées se sont surtout limitées au niveau administratif.


«Normalement nous devons faire un inventaire mais nous n’avons pas eu de financement. Nous avons également demandé aux opérateurs s’ils pouvaient avancer l’argent, mais nous avons fait face à des réticences. Du coup, nous nous sommes surtout occupés de l’étude des dossiers et de la mise à jour des textes», confie Sahondra Rabesi&shyhanaka, chef de service faune auprès du ministère de l’Environnement.


Absence de traçabilité


Quant aux opérateurs, ils essaient de mener des actions pour régulariser la filière. Ils reprochent, toutefois, un manque d’informations venant du ministère, pour avoir des lignes directrices. «Nous savons qu’on reproche à Madagascar l’absence de traçabilité. Nous avons alors proposé à des tanneurs, d’utiliser une fiche unique pour déterminer le stock et la provenance des cuirs. C’est une solution qui ne nécessite pas de financement de la Cites, mais cela pourrait très bien marcher», confie Zoly Randrianan&shytoandro, directeur technique au Croc Farm.


L’interdiction d’exploitation commerciale du crocodile a commencé en 2008. Si le commerce se poursuit au niveau local, l’exportation est strictement interdite. La Cites a décidé de renouveler l’embargo, lors de la 62e session du Comité permanent à Genève du 23 au 27 juillet 2012. Les membres ont reproché à la Grande Île de n’avoir pas «suffisamment fourni d’informations, pour justifier la levée de la suspension de commerce». Il a ainsi été recommandé, entre autres, de renforcer les systèmes de contrôle. Mais le pays devait également s’expliquer sur la discordance des données sur le commerce de crocodiles du Nil impliquant Madagascar.


Décision sur les bois de rose


Les autorités scientifiques ont demandé l’inscription des bois précieux de Madagascar dont les bois de rose, bois d’ébène et palissandre dans l’annexe II de la Cites. La question sera débattue à Bangkok le 5 mars. La délégation malgache travaille actuellement sur l’élaboration des documents de lobbying pour mettre toutes les chances de son côté. L’inscription des bois précieux dans l’annexe II de la Cites permettra de renforcer le contrôle sur le commerce de ses produits et pourra ainsi éradiquer ou réduire les trafics.


Source : L’express de Madagascar

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