Etat séculier : Nita Deerpalsing pousse la polémique jusqu’à l’Assemblée nationale

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Après avoir provoqué un vif émoi au sein même du Parti travailliste (PTr), la députée rouge, Nita Deerpalsing invitera le Premier ministre à se prononcer sur l’introduction éventuelle de la notion de sécularité dans la Constitution.

Nita Deerpalsing veut connaître l’opinion de son leader, Navin Ramgoolam, sur la question de laïcité de l’Etat. Ce mardi 26 juin à l’Assemblée nationale, elle demandera au Premier ministre si le gouvernement a l’intention d’insérer le mot sécularité dans la Constitution à chaque clause où cela peut s’avérer nécessaire. L’objectif de ces amendements devra être, selon la proposition de la directrice de communication du PTr, de reconnaître officiellement la notion de sécularité de la République.

Cette question survient après les remous provoqués par l’entretien accordé par la députée à l’express le samedi 16 juin dernier. Nita Deerpalsing avait ouvertement critiqué la politique du gouvernement de s’immiscer dans les affaires d’ordre religieux. Elle avait dénoncé l’existence permanente d’un comité ministériel chargé de l’organisation des fêtes et pèlerinage religieux.

« Est-ce le rôle d’un ministre ? » s’était-elle demandée avant d’accuser les associations socioculturelles d’étouffer l’Etat séculier. Cette déclaration n’a pas laissé insensible le ministre Anil Bachoo, président de ce comité depuis 2005 et connu pour sa proximité avec quelques-unes de ces associations.

Anil Bachoo avait, d’ailleurs, montré son agacement lors d’un discours prononcé à Pointe-aux-Piments le lendemain. Quelques jours plus tard, c’était au tour aux dirigeants de Voice of Hindu (VOH) de monter au front, dénonçant l’hypocrisie de la députée rouge.

Nuvin Unoop avait, dans une déclaration à la radio, affirmé que Nita Deerpalsing recherchait leur soutien à chaque campagne électorale et trouvait bizarres et déplacés ses commentaires. Il avait même exigé des excuses de à la directrice de communication du PTr et annoncé une conférence de presse du Front commun hindou. Entre-temps, les dirigeants de l’association se sont ravisés préférant attendre « une réaction de la députée ».

C’est à l’Assemblée nationale que l’élue de la circonscription du No 18 (Belle-Rose/Quatre Bornes) a choisi de porter la polémique. Ses questions supplémentaires devraient donner une indication sur l’effet de la première menace de Voice of Hindu dont l’assise au No 18 n’est plus à démontrer. A prévoir, donc, un match à distance entre la députée et les socioreligieux arbitré par Navin Ramgoolam.

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