EOC: Brian Glover dément avoir ménagé Sik Yuen pour un ticket du PTr

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Le président de l’EOC Brian Glover.

L’Equal Opportunities Commission (EOC) aurait-elle pu être plus sévère dans le cas Sik Yuen ? Non, estime le président de cet organisme, Brian Glover. En tout cas, pas sans des amendements à l’Equal Opportunities Act (EOA). Cette affaire a, en effet, révélé plusieurs «lacunes» dans cette loi.

Brian Glover a tenu à préciser qu’il n’a pas ménagé Michael Sik Yuen. Quant à l’éventualité de décrocher un ticket pour les élections de 2015, il déclare : «Je ne suis pas demandeur et encore moins un imbécile.» Et d’ajouter : «J’ai le droit de réfléchir en temps et lieu à me lancer en politique, ou pas. Mais ce n’est certainement pas d’actualité tant que j’occupe la présidence de l’Equal Opportunities Commission.»

Il souligne que cette affaire lui a laissé un goût amer. «At the end of the day, si nous avions le pouvoir de frapper plus fort, croyez-moi, nous l’aurions fait sans hésiter. Mais la loi ne nous donne pas ces pouvoirs. Je vais tout faire pour que cela change.»

Le ministre du Tourisme Michael Sik Yuen était accusé par l’EOC d’avoir tenu des propos jugés discriminatoires lors des municipales de 2012. Brian Glover reconnaît que des sanctions auraient été préférables à la note «d’explications» publiée par le ministre. Mais que «les choses ont été faites suivant les paramètres légaux».

Deux éléments ont restreint la marge de manoeuvre de l’EOC dans cette affaire. Premièrement, il n’y avait pas de plaignant puisque c’est la commission elle-même qui a initié des actions contre Michael Sik Yuen.

L’EOC face à deux options

«Les témoins n’ont pas souhaité témoigner devant le tribunal. Une bande sonore à elle seule ne suffisait pas. Avec l’EOA, ce n’est pas comme dans les cas de corruption où la protection des témoins est totale», soutient Brian Glover. Cette lacune vient d’être découverte par les membres de la commission.

Deuxièmement, il existe des limitations au niveau de l’Equal Opportunities Tribunal (EOT). Étant une instance civile, il ne peut, en effet, infliger d’amende à une personne jugée coupable.

«Dans le cas présent, deux options se prêtaient à la commission. Réclamer des dédommagements, chose qui n’était pas possible en l’absence de plaignant, ou alors l’obligation de demander des excuses publiques», soutient Brian Glover. La note «d’explications» de Sik Yuen était, du coup, précise-t-il, la meilleure option pour éviter que le tribunal ne déclare un non-lieu. Ce qui lui fait dire qu’un autre amendement à la loi est nécessaire afin de permettre à l’EOT de réclamer des amendes.

Plusieurs amendements soumis au Parquet

Dans la foulée, il pointe du doigt le Parquet. Brian Glover affirme avoir soumis plusieurs amendements qui n’ont jusqu’à présent toujours pas été promulgués.

Or, selon certains juristes, la commission a choisi la facilité. «Est-ce que cela veut dire que dans d’autres cas similaires, les gens s’en tireront avec de simples excuses ? Je ne pense pas que c’est un exemple à suivre. Une personne qui a fauté devrait être sanctionnée. Là, c’est beaucoup trop facile», confie Me Raouf Gulbul à l’express.

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