Enseignement du Bible Knowledge : le BEC et le Conseil des Religions prennent position

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Le Bureau de l’Education Catholique&nbsp (BEC) et le Conseil des Religions prennent position dans le débat autour de l’enseignement du ‘Bible Knowledge’. Le premier se défend de faire du prosélytisme et l’autre, souhaite que les enfants d’une religion étudient celle des autres pour une meilleure compréhension mutuelle.

Le débat avait été lancé, le lundi 24 janvier, par l’association Kranti qui affirme que l’enseignement de la matière Bible Knowledge est imposeé dans les collèges catholiques. Les dirigeants de l’association avaient consigné une déposition à cet effet au poste de police de Quatre-Bornes.

«Le Bible Knowledge ne vise pas à propager la foi chrétienne», répond la direction du BEC&nbsp dans un communiqué émis en ce 2 février. L’organisme catholique y explique que le Bible Knowledge est une matière académique enregistrée auprès de la Private Secondary Schools Authority (PSSA) comme sujet facultatif (electives), et non comme matière principale (core subject).&nbsp&nbsp

Le BEC précise que «Le Bible Knowledge est offert à tous les élèves de Form I à III afin de leur donner plus d’options pour leur choix de matières en SC et HSC, mais ce sujet n’est pas imposé. Pour les exercices de promotion en Form II, les points sont comptabilisés en prenant en considération les 6 ‘Core ’ et les 2 ‘best Elective subjects’»,

L’institution catholique demande aux parents de ne pas confondre enseignement religieux et enseignement d’une civilisation. «Le Bible Knowledge ne vise pas à propager la foi chrétienne. Son enseignement est complètement dissocié de la Catéchèse. La Bible est étudiée comme un texte littéraire, historique et culturel», assure-t-elle.

Le BEC fait ressortir que si un parent objecte à ce que son enfant étudie le Bible Knowledge malgré les explications du Recteur, «il reste libre de son choix». Il est précisé que de nombreux étudiants non-catholiques ont étudié «Bible Studies» ou «Divinity» pour le Cambridge School Certificate (SC) ou le Higher School Certificate (HSC), «sans qu’il y ait jamais eu d’accusation de prosélytisme».

Le communiqué du BEC affirme que l’organisme convient qu’il est «primordial» que l’éducation des enfants se fasse «dans le respect de toutes les communautés&nbsp et la connaissance des autres religions». Mais rappelle également que «le choix des parents pour un collège catholique implique l’acceptation du Projet Educatif qui vise le développement intégral de nos jeunes- ce qui veut dire aussi un dialogue interculturel et interreligieux, dans le respect mutuel de tous».

Pour sa part, le Père Goupille, du Conseil des Religions, souligne qu’« il y a un problème de compréhension mutuelle à Maurice» et que cette polémique est l’occasion «de réfléchir aux modalités d’une nouvelle manière d’aborder le sujet». Il est d’avis que ce serait quelque chose de positif que les enfants chrétiens, hindous et musulmans se familiarisent avec les écritures saintes des autres religions. «Je pense que c’est dans cette direction là que nous devons aller pour une plus grande harmonie sociale à Maurice», dit-il.

Contacté en ce 2 février, le responsable de l’association Kranti maintient sa position. «Le Bible Knowledge est imposé. Cette année, dans la liste des livres à acheter des enfants dont les parents se sont plaints à nous, il y avait le mot «compulsory», (achat obligatoire) pour le Bible Knowledge», avance Ajeet Gopal.

Toutefois, il précise que Kranti n’est pas contre le Bible Knowledge. «Nous ne sommes pas contre le Bible Knowledge. Mais nous demandons que les droits des enfants non-catholiques soient respectés. Nous prenons position pour les protéger et parce que nous pensons qu’à cet âge, c’est le moment propice pour eux de connaître leur culture. Ces collèges devraient aussi proposer le Coran et le Bhagavad Gita», affirme le président de Kranti.

L’association socioreligieuse fait des démarches pour obtenir une rencontre avec le ministre de l’Education, Vasant Bunwaree. Elle espère que celui-ci pourra prendre des mesures. «Parce que c’est lui qui décide», ajoute Ajeet Gopal.

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