En 2010 : Le citoyen pris entre arrangements traditionnels et actions citoyennes novatrices

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Cette année politique 2010 a été surtout marquée par les élections générales. Les valses nuptiales qui ont précédé ces consultations populaires est une preuve s’il en fallait d’un système électorale essoufflé.

Rama Valayden, qui a pris ses distances de la scène politique, parle de cynisme des nos politiques dans la recherche d’alliance. L’ancien Attorney General affirme se regarder lui-même avec cynisme et un certain dégoût. Le politicien ne donne le bon exemple, soutient-il. Les négociations font partie d’un feuilleton interminable.

«Le politicien a une attitude bien cynique. La question fondamentale est : quelle est la meilleure alliance à contracter. Le programme importe peu et n’est qu’un emballage pour présenter l’alliance contractée. Et cela finit toujours par la présentation des ennemis d’hier comme des personnes extraordinaires». Des observations qui proviennent de l’intérieur du landerneau politique puisque l’homme a été impliqué dans les négociations préélectorales qui ont accouché de l’Alliance de l’Avenir.

«Les négociations pré-électorales reflètent le fait qu’à Maurice pratiquement tous les partis politiques fonctionnent de la même manière. Il n’y a aucune différence sauf peut-être dans certaines manières de procéder sur la politique économique et sociale. Généralement parlant, il n’y a aucune différence fondamentale», poursuit l’ancien Attorney General.

Un avis que partage Daden Venkatasawmy, observateur politique et citoyen engagé. Fervent partisan du principe de financement public des partis politiques, il a aussi été un membre du conseil de Transparency Mauritius.

«La façon de faire les alliances et de mener les négociations ressemble plus à une farce, à une mauvaise série télé. Les principaux dirigeants tous les partis confondus ont un comportement de vieux couple séparé, un état d’esprit où se mélangent nostalgie, aigreur, trahison et vengeance», estime Daden Venkatasawmy.

«Les grands partis détruisent graduellement la démocratie en donnant voix au chapitre, et en même temps une forme de pouvoir, à des mouvements sectaires non-élus qui finissent par déterminer les alliances électorales», ajoute-t-il.
Les élections sont souvent l’occasion d’un renouvellement de la classe politique d’une démocratie. Qu’en est-il effectivement à Maurice ? Les élections de 2010 n’ont, visiblement, pas atteint cette objectif même si elles ont permis à une vingtaine de politiciens de faire leur entrée dans le club select des élus de l’Assemblée nationale. Un renouvellement qui n’en est pas vraiment un, selon nos interlocuteurs.

«Il y a un renouvellement petit à petit que je qualifierais plutôt de remplacement par la force des choses. Il n’existe pas vraiment une volonté de renouvellement. Le renouvellement de la classe politique dicté par des considérations ethniques ne change rien à la forme ni au fond», affirme Rama Valayden.

«Un remplacement qui est dicté par l’exécutif du parti», ajoute Daden Vankasawmy. Ce sont les exécutifs des partis qui décident du renouvellement de la classe politique sur une base purement communale. Les dernières élections des maires et des présidents des conseils de district en sont d’ailleurs la preuve. Cela démontre bien que les partis ne recherchent pas des personnes qui ont la capacité et la volonté de travailler pour le pays», déclare l’observateur politique.

L’autre fait manquant de cette année politique est sans aucun doute l’initiative citoyenne de 104 Mauriciens lors du dépôt des candidatures pour les élections générales de mai. Il y a là le germe d’un changement politique profond qui se nourrit de la réalité sociale et culturelle du pays.

Daden Venkatasawmy fait, lui-même, partie de ce qui est maintenant devenu le bloc 104. Il jette un regard mitigé sur cette événement et regrette qu’il n’y ait pas eu plus de citoyens qui ont ressenti le besoin de participer à ce projet d’assainissement de la vie politique.

«L’initiative n’a pas été assez suivie parce que le problème n’est pas forcément compris de tous. La mobilisation limitée découle d’une certaine confusion entre ce que l’initiative citoyenne face à la position de parti de Rezistans ek Alternativ qui est à l’origine de cette action», explique Daden Venkatasawmy.

Toutefois l’observateur et l’engagé politique ne regrette nullement sa participation à cette action qui manquera l’histoire du pays. Il se réjouit de s’être retrouvé face à des citoyens qui rejettent toute dénomination ethnique dans les équations politiques.

«Cela a été formidable de se rendre compte qu’il y avait un groupe de citoyen partageant l’envie d’une élimination de la déclaration communautaire obligatoire pour les aspirants députés. Les citoyens qui ont défié cette aberration de notre système électorale sont totalement représentatifs de toutes les sphères de la société mauricienne. Sans nous connaître nous partageons une vision à long terme pour notre pays», souligne Daden Venkatasawmy.&nbsp

De son côté, Rama Valayden regrette que son passage au cabinet en tant que conseiller légale du gouvernement n’ait pas sonné le glas de cette législation institutionnalisant le communalisme. Le seul regret de son passage au Cabinet, affirme-t-il.

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