Egypte: Les islamistes triomphent aux élections législatives

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La dernière phase de l''''élection-marathon des députés s''est achevée mercredi en Egypte, et a été marquée par l''avance écrasante des islamistes, crédités toutes formations confondues d''environ 65% des voix et 70% des sièges, selon des résultats provisoires.

Organisé depuis le 28 novembre dans trois zones géographiques successives, le scrutin aux modalités complexes s''est achevé à 19h00 (21h00 à Maurice) dans le dernier tiers du pays. Des invalidations pour irrégularités ou problèmes logistiques demanderont toutefois de revoter dans de multiples circonscriptions dans les jours prochains, ce qui pourrait retarder l''annonce des résultats officiels complets aux alentours du 20 janvier.

Déroute des formations libérales et laïques

Les Frères musulmans, qui recueilleraient environ 36% des voix selon des chiffres provisoires, passent de la semi-clandestinité qui leur était imposée sous le régime déchu de Hosni Moubarak au statut de première force politique du pays. Les partis fondamentalistes salafistes sont crédités de quelque 25% des voix. Alors que les formations libérales et laïques, de même que les mouvements issus de la révolte contre Hosni Moubarak l''an dernier, ont connu une véritable déroute. Cependant, malgré une référence islamiste commune, les Frères musulmans ont tenu à se démarquer des salafistes en se présentant comme les tenants d''une ligne modérée.

L''élection des membres de l''Assemblée du peuple doit être suivie à partir du 29 janvier de celle des sénateurs de la Chambre haute consultative. Le cycle électoral complet s''achèvera avec une présidentielle au plus tard fin juin.

Volonté de relations équilibrées

Les Etats-Unis, qui ont repris ces derniers mois un dialogue discret avec la confrérie islamiste, malgré leurs inquiétudes sur l''attitude du mouvement envers les femmes, les minorités ou Israël, ont fait un pas supplémentaire. En visite au Caire, William Burns, secrétaire d''Etat adjoint, a rencontré des dirigeants du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), issu des Frères musulmans.

«C''est la rencontre de plus haut niveau avec quelque responsable américain que ce soit», a déclaré Ahmed Sobea, porte-parole du PLJ. Le chef du PLJ, Mohammed Moursi, a dit «croire en l''importance des relations égypto-américaines», mais estimé qu''elles «doivent être équilibrées», dans un communiqué publié après la rencontre. Il a demandé que les Etats-Unis « révisent leur politique (...) en conformité avec (les aspirations) du Printemps arabe qui a balayé les régimes autocratiques en Egypte, en Libye et en Tunisie ». Il a aussi appelé Washington à adopter une «position positive concernant les causes arabes et islamiques».

Présidentielle en juin

William Burns a félicité le PLJ pour ses résultats&nbsp électoraux et affirmé que son pays était prêt à aider l''économie égyptienne à surmonter la crise, toujours selon M. Moursi. Les Etats-Unis respectent le choix du peuple égyptien, a dit William Burns cité par le communiqué. Washington avait fait savoir début janvier que les Frères musulmans avaient donné des garanties sur le respect du traité de paix conclu en 1979 entre l''Egypte et Israël, premier allié des Etats-Unis dans la région.

William Burns s''est en outre entretenu avec le maréchal Hussein Tantaoui, qui dirige le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir depuis le départ de Hosni Moubarak. Il devait évoquer notamment les perquisitions menées dans plusieurs locaux d''ONG égyptiennes et étrangères, dont trois américaines. Le responsable américain n''a pas en revanche rencontré de responsables salafistes.

(Photo : Une Egyptienne vote au Caire le 10 janvier 2012)

(Sources : 20minutes.fr &ampAFP.)

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