Egypte: les Frères musulmans jugent insuffisantes les propositions de réforme

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Le vice-président égyptien Omar Souleimane a rencontré pour la première fois ? le dimanche 6 février, au Caire les représentants des principales formations de l''''opposition, dont les Frères musulmans, pour leur proposer la création d''un comité préparant des réformes constitutionnelles. Une "première étape", cependant insuffisante, ont commenté les Frères musulmans.

Selon l''agence de presse nationale Mena, il a été convenu lors de cette réunion de mettre en place un comité de réformes. Composé de juristes et de personnalités politiques, ce comité a jusqu''à la première semaine de mars pour proposer des amendements constitutionnels. Le but est de limiter le nombre de mandats présidentiels et de permettre à davantage de candidats de briguer le poste.

Le régime s''est en outre engagé à ne pas harceler les manifestants antigouvernementaux, à ne pas bâillonner la presse et à ne pas perturber le fonctionnement d''Internet ou des téléphones portables.

Il a promis, quand la sécurité le permettra, de lever l''état d''urgence comme le réclame depuis longtemps l''opposition. Ces lois d''exception, en vigueur depuis l''accession de Hosni Moubarak à la présidence en 1981, restreignent les libertés civiles et donnent à la police des prérogatives étendues, notamment en matière de détention. Elles sont particulièrement impopulaires parmi les Egyptiens.

C''était la première fois, depuis le début de la contestation le 25 janvier, que le gouvernement rencontrait les principales forces d''opposition. Les partisans de Mohamed ElBaradei, qui jouent un rôle important dans l''organisation des manifestations, étaient représentés. Ainsi que les Frères musulmans, mouvement islamiste interdit depuis 1954, mais qui présente aux élections des candidats en tant qu''indépendants. Cette formation d''opposition, la plus importante d''Egypte, n''a ni organisé ni mené la contestation, se contentant de la soutenir au bout de quelques jours.

Si le principe d''un comité préparant des réformes a été accepté, les mesures proposées par le gouvernement sont insuffisantes, a déclaré à l''issue de la réunion Mohammed Mursi, un des responsables des Frères musulmans. Il ne s''agit que d''une "première étape", a-t-il souligné.

"Tous ceux qui ont participé à la rencontre sont convenus que les manifestants ont le droit de rester où ils sont sans être attaqués. Les gens veulent un véritable changement, un changement incluant le président, son gouvernement, son parti et son régime", a ajouté Mohammed Mursi.

"Les gens veulent toujours que le président démissionne", a également déclaré Mostafa al-Naggar, qui représentait pour sa part Mohamed ElBaradei. "Les manifestations se poursuivent parce qu''il n''y a pas de garanties et que toutes les demandes n''ont pas été satisfaites", a-t-il noté.

Les groupes de jeunes à l''origine du soulèvement anti-Moubarak ont de leur côté formé une "coalition des Jeunes de la révolution d''Egypte", destinée à relayer leurs revendications aux personnalités discutant avec le régime. "Nous sommes déterminés" à continuer à manifester, "jusqu''à ce que nos revendications soient satisfaites", a déclaré Khaled Abdel-Hamid, un porte-parole de cette coalition.

Dimanche, qui est le premier jour de la semaine en Egypte, le pays reprenait également un semblant de vie normale. Certaines écoles ont rouvert pour la première fois depuis plus d''une semaine. Des banques ont fait de même, pour trois heures seulement, et de longues files d''attente s''étiraient devant leurs locaux.

Dans le centre du Caire, sur la place de la Libération (Tahrir), l''épicentre de la contestation, les manifestants qui se chiffraient en milliers dimanche matin se comptaient en dizaines de milliers en fin d''après-midi. Beaucoup étaient fatigués, certains blessés - un souvenir des violences qui ont secoué la capitale les jours précédents.

Hosni Moubarak a assuré qu''il ne se représenterait pas à la présidentielle prévue en septembre, et que son fils Gamal ne se porterait pas non plus candidat. Mais il insiste pour accomplir les sept derniers mois de son mandat actuel afin, dit-il, d''organiser une transition pacifique. Les manifestants, eux, réclament son départ immédiat, pour la 13e journée consécutive.
Samedi, la haute direction du Parti national démocratique (PND, le parti au pouvoir) a été purgée, Gamal Moubarak écarté du comité directeur du parti.

Face à la contestation, l''administration Obama a d''abord exprimé sa confiance dans le gouvernement du Caire avant de menacer de couper l''aide américaine, puis de presser implicitement Moubarak à céder le pouvoir immédiatement. A présent, il est "important de soutenir le processus de transition annoncé par le gouvernement égyptien effectivement dirigé par l''actuel vice-président Omar Souleimane", a souligné samedi la secrétaire d''Etat américaine Hillary Clinton, lors d''une conférence sur la sécurité à Munich.

"Nous avons envoyé un message constant de soutien à la transition en bon ordre qui a commencé", a-t-elle ajouté. Frank Wisner, émissaire de Barack Obama en Egypte, a de son côté jugé "crucial" samedi que le président Moubarak "reste en fonctions" pour diriger les changements en vue d''une transition.

AP

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