Eddy Sadien disculpé pour avoir rasé la tête de Jayen Chellum

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Le tribunal de Port-Louis a rayé l’accusation porté contre le travailleur social à l’effet qu’il ait jeté des détritus sur la voie publique en rasant la tête du secrétaire général de l’Acim, en janvier 2010. Il fait aussi la leçon contre le despotisme.

Après le Département d’état américain, c’est au tour de la justice mauricienne de mettre à l’index le zèle des agents de l’Etat visant à plaire aux locataires de l’hôtel du gouvernement. Ce mardi 12 avril, le magistrat Goolshan Sharma Jorai a tout bonnement rayé l’accusation portée contre le travailleur social Eddy Sadien à l’effet qu’il ait jeté des détritus, c''''est-à-dire les cheveux de Jayen Chellum, sur la chaussée après lui avoir rasé le crâne le 19 janvier 2010.

Les faits se sont déroulés devant l’hôtel du gouvernement ce jour-là. Jayen Chellum, le secrétaire général de l’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM) protestait, à sa manière, contre la décision du ministère de la Sécurité sociale de ne plus lui verser l’aide de l’Etat depuis un an. La police avait promptement arrêté Jayen Chellum et Eddy Sadien dès les premiers coups de ciseaux.

Le premier avait été accusé d’avoir jeté des détritus sur la voie publique en infraction avec l’Environment Protection Act alors qu’Eddy Sadien a été inculpé sous la même accusation et aussi pour avoir agi comme coiffeur sans qu’il ne détienne un permis en bonne et due forme. Dans le cas de Jayen Chellum, l’accusation a été abandonnée alors que pour Eddy Sadien, le ministère public a seulement décidé de ne pas aller de l’avant avec l’inculpation d’avoir agi comme coiffeur en décembre 2010.

Assisté de l’avocat Rama Valayden, Eddy Sadien a plaidé non coupable à son procès. Lors de l’audition des policiers qui l’ont interpellé, il a été révélé que c’est uniquement sous l’accusation d’avoir opéré comme coiffeur que celui-ci a été interrogé. Là aussi, il a observé son droit au silence.&nbsp&nbsp

A la barre, l’ex-inspecteur Saupin a indiqué que c’est peu après les premiers coups de ciseaux qu’il a agi. Et qu’il a fait saisir la paire de ciseaux d’Eddy Sadien ainsi que sa mousse à raser quand il a appris d’Eddy Sadien qu’il n’avait pas de permis de coiffeur. Pour l’avocat de la défense, les preuves présentées en cour ne peuvent soutenir l’acte d’accusation.

Et l’acte d’accusation est telle que l’accusé ne risque qu’une amende qui doit lui être infligé au moins 20 jours après les faits. Me Valayden a aussi cité un verdict à l’effet qu’il n’y ait aucune loi qui impose à un policier d’inculper un accusé dès le début d’une enquête. Pire, aucune défense n’a été réclamée à son client pour l’accusation pour laquelle il se trouve en cour.

Le magistrat Jorai s’est abstenu de commenter la décision de la police d’inculper Eddy Sadien dans cette affaire mais a tenu un extrait d’un verdict dans le cas d’un citoyen contre le gouvernement mauricien en 1982 : « In our country, which has no army, the stability of the Government does not depend upon force, but upon the consensus of the people. And that consensus itself derives from confidence in the rule of law. The rule of law is the citadel which guards people against despotism. It is equally the citadel which guards Government against anarchy. If any part of the wall crumbles, the enemy is free to widen the breach, and the citadel is lost.”

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