Droits d’auteur: Abaim conteste la demande d’injonction de Claudio Veeraragoo

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C’est ce que nous a confirmé le chanteur charismatique de l’Association pour le Bien-être des Aveugles de l’Ile Maurice (Abaim), Alain Muneean, après une réunion avec les hommes de loi de l’association.

Le chanteur de séga, Claudio Veeraragoo, avait demandé une injonction en ex-parte contre la production, la vente et la distribution de l’album intitulé Rekreasyon 31 Ti Parfin Nou Memwar Du groupe Abaim. Ex Parte voulant littéralement dire «en l’absence de l’autre partie». Il est applicable uniquement si le juge estime qu’il y a une action urgente qui porte préjudice à la partie plaignante.

La Juge Ah Foon Chui Yew Cheong, qui a entendu l’affaire une première fois le 13 avril dernier, a pris note de la demande de Claudio Veeraragoo, mais préfère d’abord écouter les deux parties avant de se prononcer. Elle a, dans cette optique, fixé une deuxième audience pour le 12 mai. En attendant, la distribution et la vente des albums déjà produits par le groupe Abaim continuent normalement. Mais il a été convenu entre les deux parties que, d’ici le 12 mai, il n’y aura pas d’autre production de l’album en question.

Le ségatier reproche au groupe musical philanthrope d’avoir illégalement reproduit sur son dernier album quatre morceaux sur lesquels il dit détenir seul tous les droits et de les avoir classifiés dans le domaine public.

«Nous pensons que ces morceaux appartiennent à la nation toute entière à travers sa tradition orale. Nous sommes arrivés à cette conclusion de par notre travail de recherche et de par l’analyse de résultat de ses recherches», explique Alain Muneean.

Ceci dit, ce dernier fait ressortir qu’Abaim agit de bonne foi et que s’il est prouvé qu’effectivement les droits des ses chansons sont la propriété exclusive d’un individu, le groupe n’aura aucun problème à reconnaître cela. «Ce sera, alors, à la MASA d’établir une compensation adéquate pour un éventuel dédommagement. Pour nous, ce n’est pas une question d’argent», soutient le chanteur, musicien, pédagogue et directeur de Terre de Paix. Ce dernier est plus que jamais déterminé à préserver et à disséminer le patrimoine national issu de la tradition orale.

Membre fondateur du groupe Abaim, Alain Muneean voit dans cet épisode juridique une aubaine plus qu’une contrainte. «Cette affaire a le mérite d’obliger tout un chacun de mettre les choses au clair et de définir une bonne fois ce qu’est le patrimoine national intangible» se réjouit le chanteur-éducateur.

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