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Des hôtels d’un nouveau genre

8 août 2013, 23:26

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Des hôtels d’un nouveau genre

Le secteur touristique à Maurice traverse une mauvaise passe mais ce n’est pas pour autant que les projets d’hôtels sont au point mort. Au moins quatre établissements affichant des concepts novateurs, tels que boutique-hôtels, ont obtenu des permis de construction. Découvrez les petits plus que ces nouveaux hôtels ont à offrir…

 
Le tourisme passe par une crise mais des promoteurs continuent de soumettre des rapports en vue de construire de nouveaux hôtels. Et la tendance est de proposer des établissements aux concepts novateurs tel le boutique-hôtel.
 
C’est une situation qui intrigue. Alors que le secteur touristique mauricien passe par ce qui est peut-être la pire crise de son existence, des promoteurs continuent de soumettre des rapports d’Environment Impact Assessment (EIA) en vue de construire de nouveaux hôtels. Ainsi, en 2012, le ministère de l’Environnement a octroyé pas moins de 10 permis EIA pour des «hôteliers côtiers et travaux relatifs». Mais le tableau est bien plus nuancé que ce chiffre semble indiquer.
 
Au final, seulement quatre de ces permis étaient pour la construction de nouveaux établissements hôteliers. Plus intéressant encore, ces quatre projets ont des qualités bien distinctes, des qualités qui les démarquent des hôtels de plage classiques. Étant donné que le profil des projets est en mutation, que veut dire cela pour l’avenir du secteur dans son ensemble ?
 
Commençons par regarder ces projets de près. Le premier est un boutique-hôtel de 50 chambres à Belle-Mare. Ce genre d’établissement se démarque des grandes chaînes hôtelières de par un style unique basé sur un concept et une personnalité qui lui sont propres. Le deuxième un sanctuaire ayurvédique également dans l’Est, le troisième, un autre boutiquehôtel qui comprendra 85 chambres, fait partie de l’immense projet IRS AzuriVillage et le quatrième hôtel est en fait le Holiday Inn prévu pour desservir le nouveau terminal de l’aéroport international à Plaisance.
 
De par leur taille, leur emplacement ou encore leur thème, ces projets marquent une rupture assez nette avec la lignée des hôtels de plage traditionnels, des hôtels de plus d’une centaine de chambres situées sur la plage. Mais le fait que tous ces nouveaux projets se distinguent d’une façon ou d’une autre est-il le fruit du hasard ou de la nécessité ?
 
ÉVOLUTION NATURELLE
 
Pour Sen Ramsamy de Tourism Business Intelligence, ce changement d’orientation représente «une évolution naturelle», puisque dans le contexte actuel les investisseurs sont quelque peu obligés d’exploiter des créneaux de plus en plus spécialisés. Mais cette apparente volonté de se démarquer ne résoudra pas à elle seule les problèmes fondamentaux auxquels est confronté le secteur.
 
Au contraire, car ces nouveaux venus ne feront qu’aggraver l’actuelle surcapacité du parc hôtelier. Lors de l’assemblée générale de l’AHRIM tenue en juin, son président François Eynaud avait quantifié cette inadéquation : «le nombre de chambres hôtelières et para-hôtelières augmentera de 6 % en 2013 à plus de 18 000 chambres, sans compter le secteur informel. L’occupation nationale des hôtels va chuter cette année très probablement à 60 % alors qu’elle était de 76 % en 2007».
 
Selon les estimations de Sen Ramsamy, le pays aurait besoin d’au moins 1,3 million de touristes annuellement pour assurer un taux d’occupation moyen d’environ 75 % des chambres d’hôtels existantes. Et forcément, venir y ajouter ne serait-ce que quelques dizaines de chambres de plus ne fera qu’empirer la situation.
 
Il dresse un parallèle entre la situation actuelle et celle qui prévalait en 1991 lorsque le gouvernement avait décrété un gel de la construction de nouveaux hôtels. Cette suspension de deux ans avait permis aux opérateurs touristiques de «respirer» et avait abouti, quelque peu tardivement, en 1996 à la création de la Mauritius Tourism Promotion Authority pour remplacer un Mauritius Government Tourist Office dépassé.
 
SE FIXER DES OBJECTIFS
 
Sen Ramsamy estime qu’un tel gel serait utile à plus d’un titre dans le contexte actuel. Cela permettrait notamment aux acteurs du secteur de se concentrer entièrement sur les lacunes qui existent au niveau de l’accès aérien et du marketing. Plus en amont, il préconise la création d’un Business Transformation Plan pour une industrie qui reste selon lui «davantage hôtelière que touristique».
 
«Au lieu de faire des prévisions basées sur des statistiques passées, il faudrait se fixer des objectifs pour nos différents marchés et ensuite se donner les moyens de les réaliser», dit-il. Ce afin de consolider les marchés traditionnels et de «micro-target» les marchés émergents.
 
«À part les hôtels, qu’est-ce qui va faire venir les touristes à Maurice ? Quel est le plus que nous offrons en tant que destination? », se demande notre interlocuteur. Et c’est justement cela le problème. Les nouveaux projets ont beau essayer d’être différents, ils restent au final…des hôtels.