De l’Estrac : « L’Indianocéanie, nouveau cœur du monde afro-asiatique qui s’éveille »

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La passation des pouvoirs au secrétariat général (SG) de la Commission de l’océan Indien a été marquée par une remarquable intervention de Jean-Claude de l’Estrac (Photo). Le nouveau secrétaire général de la COI a donné le signal d’une nouvelle impulsion à l’organisation régionale.

Jean-Claude de l’Estrac, qui assume depuis ce jeudi 12 juin 2012 les fonctions de secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI), a placé son mandat sous le signe de l’indianocéanie, donnnant une nouvelle dimension à cette&nbspexpression qui définit la réalité des îles rassemblées au sein de l’organisation régionale.

« Elle est porteuse de grands espoirs pour les peuples des iles du sud-ouest de l’océan Indien, région que nous devrions nommer Indianocéanie, le mot juste, déjà en usage chez nos scientifiques, chercheurs, historiens et écrivains. Il dit mieux notre identité et notre singularité », estime Jean-Claude de l’Estrac.

Ainsi, l’entité sera plus visible, donc plus significative. Et le nouveau secrétaire général veut lui attribuer son rôle dans l’univers géostratégique. « Pour l’Indianocéanie, nouveau cœur du monde afro-asiatique qui s’éveille, de grandes opportunités se présentent », déclare-t-il.

Les propos de Jean-Claude de l’Estrac marquent une étape dans le processus de changement qu’il compte engager au niveau de la COI. Il balise ce que devra être à l’avenir l’action de l’organisation régionale.

Il y a d’abord la nécessité du développement des infrastructures d’accessibilité et de connectivité. « Sans lesquelles l’Indianocéanie restera un projet », précise-t-il.

En effet, le nouveau secrétaire général de la COI s’est fixé comme priorité l’amélioration de l’accès aérienne et maritime entre les îles de l’océan Indien. Condition sine qua non, selon Jean Claude de l’Estrac, pour augmenter les liens commerciaux dans la région.

« Je ne vois pas comment l’on peut espérer augmenter les échanges entre nous sans un accès amélioré, sans la disponibilité d’une ligne maritime de cabotage », soutient-il.

Jean Claude de l’Estrac insiste sur l’implication des Etats membres pour sa réussite. « La création d’une ligne maritime régionale, en partenariat avec le privé, est un projet auquel les pays de la région doivent accorder la plus grande priorité si nous voulons continuer à parler d’intégration régionale », fait ressortir le secrétaire général de la COI.

De la même manière, il a plaidé en faveur de la création d’une compagnie aérienne impliquant toutes îles de la région.
« Je ne nie pas la complexité de l’enjeu mais je suis convaincu que nous ne pouvons plus faire l’économie d’une remise en cause des modèles existants, étatiques, concurrentiels, non rentables et inadaptés. C’est le rôle du conseil des ministres de la COI de proposer un cadre d’analyse de cette question cruciale pour la région », ajoute Jean Claude de l’Estrac.

Autre projet cher au père fondateur de la COI : la création d’une chaîne de télévision de l’océan Indien.
« Le secrétariat général a déjà élaboré une stratégie culturelle régionale qui attend d’être entérinée par les instances de la COI. Je ne peux imaginer un projet plus utile que celui de la création d’une chaîne de télévision régionale — la voix de l’Indianocéanie », ambitionne le nouveau secrétaire général de la COI.

L’ancien ministre mauricien des Affaires étrangères aujourd’hui en charge de la destinée de la COI, s’est dit « ému et bouleversé par les détours dont l’histoire est capable ». Il a fait un bref rappel de son engagement personnel dès sa nomination en 1982 au portefeuille des Affaires étrangères pour vendre son projet de coopération entre les îles de l’océan Indien.

« Il y a trente ans, mois pour mois, presque jour pour jour, je me trouvais à Mahé, avant d’aller à Antananarivo, un projet de constitution d’une Commission de l’océan Indien dans mes papiers. Ministre des Affaires étrangères, nommé en juin 1982, j’avais décidé de faire mes premières visites officielles dans les pays de la région, et ma première priorité était la création d’une Commission de l’océan Indien », se rappelle Jean-Claude de l’Estrac.

C’est ainsi, rappelle le nouveau secrétaire général de la COI, que les bases de la commission furent jetées le 18 juillet 1982, pour « étudier et promouvoir la coopération entre les pays du sud-ouest de l’océan Indien ».

Jean Claude de l’Estrac s’est réjoui de cette nomination qui lui permet « de boucler la boucle ». Non sans avoir remercié le Premier ministre mauricien, Navin Ramgoolam, qui est à l’origine de sa candidature.

De son côté, le secrétaire général sortant, Callixte d’Offay a longuement parlé de ses quatre années « passionnantes » passées à la COI. Il a parlé des nombreux projets menés à bien sous sa mandature. C’est avec satisfaction, dit-il, qu’il quitte ses fonctions.

« Ces quatre années ont été passionnantes, encore plus passionnantes que je ne l’imaginais. Avec l’ensemble du personnel du secrétariat général et des projets, sous l’autorité des présidences successives de la COI, nous avons mis le meilleur de nous-mêmes pour apporter une contribution à la construction d’une COI plus stratégique et plus efficace, en mettant l’accent sur une culture de résultats », a-t-il déclaré au début de son discours d’adieu.

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