Dany Imbert, le petit géant de notre football

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Au début de juin 1983, Y. Christian Fanchette se fait un devoir de retracer la carrière footballistique de Dany Imbert. Il raconte que lors de sa première apparition sur un terrain de football, pour un match de première division, il suscite les éclats de rire de la nombreuse assistance venue soutenir la prestigieuse équipe de la Fire Brigade, jouant contre le Racing. Avec ses cinq pieds trois pouces, Dany Imbert prête, en effet, à rire et nombreux sont ceux pensant qu?il ne pourra pas faire grand-chose contre les solides défenseurs de la Fire. Le match commence. Dès la première réception du ballon par Dany Imbert, les rires se muent immédiatement en des expressions d?abord de surprise, puis d?appréciation et de satisfaction. Un superbe amorti de la poitrine, une feinte qui laisse sur place son vis-à-vis, une course effrénée sur l?aile, une passe millimétrée destinée à l?avant-centre du Racing. Il faut toute la dextérité de l?arrière central Guillaume Ah Kang pour empêcher ce premier but. Un amorti, une feinte, une course effrénée, une passe qu?on peut qualifier de décisive, suffisent pour que Dany Imbert conquiert un stade qui ne lui était pas particulièrement favorable. Le match se poursuit et les feintes de celui-ci de même. Il parvient même à effectuer quelques tirs en direction de la cage adverse que le portier, Gérard Manon, a toutes les peines à dévier en corner. La Fire Brigade mène pourtant au score par deux buts à zéro car la célèbre équipe portlouisienne compte alors, dans ses rangs, des joueurs aussi expérimentés que France L?Aiguille et R.K. K/Vern. La messe n?est pas dite pour autant. Il suffit que Dany Imbert soit en possession du ballon pour que les partisans de la Fire Brigade craignent le pire pour leur équipe préférée. C?est d?ailleurs ce qui se produit soudain. Profitant d?un moment de relâchement de la part des arrières portlouisiens, Dany Imbert propulse un boulet de canon au fond des filets de la Fire. Le coup de sifflet final met un terme à un suspense devenant insupportable pour les partisans de la Fire. Peu rancuniers, ils accordent une Standing Ovation à ce petit géant du football mauricien car ils savent avoir assisté, au plus haut niveau, à l?éclosion d?un véritable champion. Pour ceux qui suivent régulièrement les rencontres sportives intercollèges, il n?y a pas de surprise mais confirmation du football prometteur pratiqué depuis un lustre par Dany Imbert. Cet élève fait le bonheur du collège Saint-Esprit et plus particulièrement de son entraîneur, Michael Glover. Dès la Form I, il compense avantageusement sa petite taille par une capacité d?anticipation hors pair qui lui permet de se placer au bon endroit quand il le faut. Sa pointe de vitesse est un autre atout qui s?ajoute à ses qualités de dribbleur, à ses feintes, à ses réflexes instinctifs lui permettant les démarrages les plus inattendus. Il se construit très tôt une réputation de buteur prolifique. Michael Glover qui entraîne également l?équipe du Racing le fait jouer dans l?équipe junior de ce club. Par la suite, il sera à plusieurs reprises le meilleur buteur de la saison. Cela est plutôt exceptionnel car il est davantage ailier qu?avant-centre. Survient alors une tournée en Grande-Bretagne. Le père de Dany est infirmier et se fait accompagner de Dany, lors d?un congé outre-mer. Il poursuit ses études dans un collège à Tottenham et bien vite est sélectionné pour défendre les couleurs de son nouveau collège. Son nouvel entraîneur obtient qu?il fasse partie d?une des équipes juniors de Chelsea. Le voilà qui s?entraîne sur le terrain de Stamford Bridge. Les vacances de son père terminées, Dany doit rentrer à Maurice car les démarches pour qu?il puisse rester en Angleterre n?aboutissent pas. Rares sont les footballeurs mauriciens à avoir été aussi près d?une carrière professionnelle en Angleterre et surtout pas dans n?importe quelle équipe. De retour à Maurice, Dany Imbert brille de nouveau mais cette fois-ci sous trois couleurs différentes. A celles de son collège et du Racing s?ajoutent désormais celles de la sélection nationale. Dany Imbert sera sélectionné une quarantaine de fois. Il est de ceux qui participent à la phase finale de la Coupe Africaine de Nations, en Egypte en 1974. Mais tout à Maurice finit par des mesquineries. Autant Dany Imbert est heureux et se défonce quand il défend les couleurs mauriciennes, autant les matches de première division le dégoûtent de plus en plus car nombreux sont ses adversaires qui montent sur le terrain non pas pour jouer au football mais pour le « descendre », encouragés malheureusement par leurs partisans qui les incitent à commettre des irrégularités pouvant lui causer les pires blessures et même l?estropier à jamais. Il choisit alors de mettre fin à sa carrière footballistique à la mi-1983.
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