Dans les pas d?Anjalay Coopen

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La vie n?a pas toujours souri à Lachmee Marimootoo-Abba, âgée de 72 ans. Sa vie, elle la raconte avec ses mots car elle n?a jamais eu d?éducation à proprement parler. A peine arrivée au monde, elle perd sa mère. Anjalay Coopen, bonne samaritaine, la prend sous son aile. Elle décide de l?adopter ?bien qu?elle eut déjà une fille?. ?Anjalay Coopen était la première épouse de mon père. Celui-ci s?est séparé d?elle lorsqu?il a rencontré ma mère, Janegi.? Le passé n?a pas effacé la douleur : les larmes aux yeux, d?une voix très émue, Lachmee nous parle de cette femme qui lui a donné une nouvelle vie : ?C?est Anjalay ma véritable mère. Je n?ai aucun souvenir de ma mère biologique.? Anjalay Coopen a été aux petits soins de la jeune Lachmee jusqu?à ce qu?elle soit tuée dans une fusillade le 27 septembre 1943. ?A l?heure de la fusillade, je suis restée à l?intérieur de la maison. Anjalay est sortie pour voir ce qui se passait. Je ne me serais jamais doutée que ça allait être la dernière fois que je la voyais vivante.? L?air désemparé, elle se rappelle Anjalay gisant dans une mare de sang à coté de la ?baïtka?. Elle se souvient de la maison de son enfance comme étant remplie de chaleur. Malgré l?origine modeste d?Anjalay Coopen, Lachmee n?a été privée de rien. Sa mère adoptive était même pleine d?attention pour elle : ?Li ti ekstra conten mwa. Li ti pe aste bann ti bizou pu mwa?, raconte Lachmee, nostalgique. Ce visage inédit du symbole national de la lutte contre l?oppression, nous le retrouvons dans les traits remplis de bonté de la septuagénaire. Elle nous reçoit dans sa modeste demeure d?Henrietta. Est-ce donc ce bonheur interrompu trop tôt qui l?a aidée à affronter les épreuves d?une existence difficile ? Mariée à 17 ans, elle a dû élever ses sept enfants, seule, lorsque son mari, lui aussi, est mort prématurément. Foudroyé par la maladie à 37 ans. ?A l?heure de la fusillade, je suis restée à l?intérieur de la maison. Anjalay est sortie pour voir ce qui se passait. Je ne me serais jamais doutée que ça allait être la dernière fois que je la voyais vivante.? Son gagne-pain, elle le trouvait en sillonnant les champs de thé. Jusqu?à l?âge de 60 ans, elle n?a connu que ce salaire de laboureur. ?Il m?arrivait de travailler pendant toute une journée sans rien avaler.? Le souvenir d?Anjalay, quelque part dans le ciel, lui donnait du courage. ?Ma vie aurait peut-être pris un autre tournant si Anjalay avait survécu.? Mais parler d?Anjalay ne lui est jamais venu à l?esprit. Personne ne lui demandait jamais rien d?ailleurs. Sa vie de famille l?a beaucoup occupée aussi. Aujourd?hui, sans que ne s?efface sa mémoire, au soir de sa vie, elle sent revenir en elle le temps de sa jeunesse perdue. Anjalay en est indissociable. Sweeta KULLEAN
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