Désamour PTr/MMM : la version mauve

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Le MMM réfute les explications de Navin Ramgoolam sur le gel des négociations et renvoie la balle de la réforme dans le camp du Premier ministre.

«Il n’y a plus rien à discuter », a dit Paul Bérenger.« Nous ne sommes pas d’accord sur les détails de la réforme », a concédé Navin Ramgoolam. Le rapprochement rouge-mauve, qui se discutait entre les deux leaders il y a quinze jours, semble aujourd’hui mis au placard, du moins temporairement.

La semaine dernière, le Premier minister donnait dans l’express dimanche ses raisons du blocage : l’intransigeance de Bérenger, qui aurait demandé « trop », notamment au niveau du maintien du Best Loser System. Et il affirmait que les pourparlers avec le leader du MMM comportaient aussi, outre le projet de réforme electoral et celui de IIe République, un volet sur une alliance.

PLUS RIEN A DISCUTER

Cette version est catégoriquement réfutée par Paul Bérenger. Dans sa conférence de presse, hier, il a qualifi é les propos de Ramgoolam comme étant de la « manipulation ». Il a nié avoir demandé « un temps de réfl exion » au leader travailliste, rappelant sa déclaration publique de la semaine dernière, selon laquelle « il n’y a pas d’alliance MMM/PTr et il n’y en aura pas. » Offi ciellement, les négociations menées avec Ramgoolam par Bérenger et Alan Ganoo (Jayen Cuttaree nie lui avoir été un intermédiaire) ne concernaient que la réforme des institutions.

Un cadre du MMM explique que « la question d’alliance, si elle se posait, ne serait envisageable que dans le cadre de notre programme. » Un programme qui, comme l’a répété à plusieurs reprises le leader mauve, fait bonne place à la question de « l’approfondissement démocratique », c’està- dire de la réforme électorale et de la IIe République.

Pour le MMM, pas question d’alliance&nbsp donc, sans un accord sur ces deux dossiers. Au début, les mauves disent y avoir cru. « Les discussions sur la réforme électorale ont eu lieu parce que nous avions l’impression que le Premier ministre envisageait sérieusement de présenter son projet de loi », déclare Steve Obeegadoo, secrétaire general du MMM. Pour un membre du bureau politique&nbsp mauve, la même impression se dégageait au sujet de la IIe République :

« Il devait être d’accord sur les points essentiels du rééquilibrage entre Premier minister et Président, sinon pourquoi a-t-il discuté du reste ? » Or, la suspension des pourparlers a sonné le glas de cet optimisme. « Je pense que Ramgoolam n’est pas sérieux. Je pense qu’il va se dérober », a affi rmé Bérenger, samedi dernier.

Pour Steve Obeegadoo, « soit le Premier minister n’était pas sérieux à aucun moment au sujet de la réforme, soit il l’était effectivement, mais il s’est laissé infl uencer par des forces conservatrices. » Ils sont nombreux au MMM à pointer du doigt ces fameuses forces.

Pour le membre du bureau politique, il s’agirait « d’associations socioculturelles hindoues, soutenues par certains ministres, qui ont eu peur d’un arrangement envoyant Bérenger à l’hôtel du gouvernement». Somduth Dulthumun, président de la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation (MSDTF), nie cette accusation : « Autant que je sache, ni la MSDTF ni d’autres associations ont fait pression sur le Premier ministre en ce qui concerne la réforme. » Il ajoute qu’il « laisse cette question aux politiciens », ce qui ne lui ressemble guère.

Navin Ramgoolam a affirmé cette semaine qu’il ne présenterait pas le projet de loi sur la réforme électorale à l’assemblée de sitôt, faute d’accord. Pour le MMM, c’est l’illustration de son manque de volonté. Obeegadoo souhaite ainsi que le Premier ministre présente avec son projet de loi, meme si ce n’est pas celui sur lequel le MMM serait d’accord à 100 % : « Au moins on saura ce qu’il souhaite vraiment faire, en discuter, proposer des amendements et ensuite voter. » Mais un tel scenario n’est pas séduisant pour Ramgoolam. Il est peu probable qu’il fasse la réforme électorale, vue comme un cadeau au MMM, sans un accord qui lui garantit une contrepartie intéressante pour lui-même : présidence avec pouvoir, alliance, entre autres… En réclamant la présentation du projet au&nbspParlement, les mauves espèrent ainsi dévoiler le reel degré d’attachement de Ramgoolam à « un système électoral plus juste ».

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