Dépénalisation de l’avortement : Aurore Perraud de la majorité s’oppose au projet de loi

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Aurore Perraud, la benjamine de l’Assemblée nationale, est réfractaire à l’amendement du Code pénal en faveur de l’avortement. Elle déclare avoir subi des pressions de la part de certains membres de la majorité gouvernementale qui lui ont fait comprendre qu’avec&nbsp une telle&nbsp prise de position, elle risque d’hypothéquer sa carrière politique.

La déutée du PMSD estime que ce n’est pas aux parlementaires de décider de la vie ou de la mort d’un enfant qui n’est encore né. Pour elle, une intervention volontaire de grossesse (IVG) pratiquée sur une femme ou une mineure abusée sexuellement ne sera, en fin de compte, qu’un deuxième traumatisme.

Elle pense également&nbsp que la dépénalisation de l’avortement sera une&nbsp porte ouverte à tous les excès. A ses yeux, le Parlement est en train d’amender la loi pour 5% de Mauriciennes qui se font avorter annuellement...

Alors qu’elle captivait l’attention de la Chambre, son leader Xavier-Luc Duval se contentait de lire son journal, la tête posée dans la paume de sa main. Le verbe facile, discourant en français, Aurore Perraud s’est toutefois emmêlée les pinceaux en piochant dans des citations allant d’Albert Camus à Paolo Coelho en passant par le chanteur Florent Pagny, mère Théresa et Abraham Lincoln...

De son côté, Arianne Navarre-Marie, députée du MMM, affirme qu’elle est «mal à l’aise avec un tel projet de loi tant sur le fond que sur la forme ». Elle soutient que la contraception reste inaccessible à beaucoup de couples. Pour elle, ce projet de loi devrait s’accompagner d’autres mesures pour l’encadrement&nbsp des femmes ou l’éducation sexuelle. Elle évoque aussi les difficultés pour des victimes de viol de dénoncer leurs agresseurs, surtout en cas d’inceste.

Reza Uteem, le député du Mouvement militant mauricien (MMM), s’oppose à un seul critère en faveur de l’avortement. Ce qui dérange le parlementaire mauve,&nbsp c’est que le projet de loi autorise l’arrêt volontaire de grossesse dans les cas de viol ou d’inceste, ou encore dans les cas où la maman est âgée de moins de 16 ans.

Quant aux trois autres critères, il estime cependant qu’elles sont justifiées. Il précise que dans le cas où l’avortement peut sauver la vie de la maman, un consensus peut être trouvé. « Dans un deuxième cas, où l’avortement permet d’éviter des séquelles mentales à la maman, je peux également comprendre », soutient-il.

L’élu mauve poursuit son discours en affirmant que si le fœtus subit une malformation sérieuse qui porte atteinte à sa vie, l’avortement est encore une fois justifiable. Il soutient que si le projet de loi ne s’arrêtait qu’à ces trois conditions, il l’aurait voté.

Le député de l’Organisation du peuple rodriguais (OPR), Francisco François a, lui, commencé son intervention en déclarant que les cicatrices laissées par un avortement, légal ou pas, lui sont inacceptables. Il a cependant lancé un appel pour qu’après le vote, l’exercice ne soit pas présenté comme une victoire pour les uns, et une défaite pour les autres.

Joe Lesjongard pense, pour sa part, que l’île Mauricie n’est pas encore prête pour une telle législation, que ce soit en termes de structure, d’infrastructure ou de personnel qualifié dans les hôpitaux.

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