Démission de Sir Anerood Jugnauth : L’opposition se réjouit, la majorité dénonce

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Les réactions n’ont pas tardé suite à l’annonce officielle de la démission de Sir Anerood Jugnauth (SAJ) de la présidence de la République et son retour dans l’arène politique. Si l’opposition se réjouit, la majorité gouvernementale l’accuse de vouloir défendre son clan familial.

La démission du président de la République ne laisse pas insensibles les acteurs politiques. Le Premier ministre a fait émettre un communiqué. Il se réjouit de la décision du chef de l’Etat et promet une riposte plus tard.

La responsable de communication du Parti travailliste (PTr), Nita Deerpalsing, estime, elle,&nbsp que la population n’est pas dupe et n’acceptera pas les explications de Sir Anerood Junauth. « Maintenant qu’il n’est plus au Réduit, Sir Anerood Jugnauth n’est plus un problème pour le gouvernement. Désormais, il devient celui du Mouvement Militant Mauricien (MMM). Je souhaite bonne chance à Paul Bérenger», lâche Nita Deerpalsing.

La députée rouge associe, comme il fallait s’y attendre, le retour de l’ancien Premier ministre dans l’arène politique à l’affaire MedPoint. Il faut rappeler que l’ex-ministre des Finances, Pravind Jugnauth, le fils du Président, est mis en cause par la Commission anti-coruption (Icac) dans l’achat par l’Etat de la clinique Medpoint appartenant à son beau-frère, pour une somme de Rs 144 millions.&nbsp

Nita Deerpalsing lie la démission du président à ce dossier. « Au cours de ces sept dernières années, l’avez-vous entendu se plaindre du gouvernement de Navin Ramgoolam ? Tout le monde sait que Sir Anerood Jugnauth retourne sur la scène politique uniquement dans le but de sauver son fils », martèle-t-elle.&nbsp

Rajesh Bhagwan, le secrétaire général du MMM, estime pour sa part, que le retour de Sir Anerood Jugnauth est un soulagement pour la population qui reconnaît « sa capacité de travail ». Il se réjouit du retour de SAJ sur la scène politique.

« Le Président a prononcé un discours empreint d’une lucidité extraordinaire. C’est un démenti cinglant à ceux qui affirment qu’il est vieux et ne sait plus de quoi il parle. Il a abordé des problèmes auxquels font face la population au quotidien », déclare Rajesh Bhagwan.

Le syndicaliste Jack Bizlall n’est pas de cet avis. L’initiateur du Mouvement 1e Mai se dit révolté par la décision de Sir Anerood Jugnauth et sa déclaration à la presse. « J’ai retrouvé cet homme qui croit que le pays lui appartient. Il revient quand il en a envie, et se présente comme celui qui a tout fait dans ce pays. Il oublie les l 700 000 travailleurs qui ont,&nbsp par leur labeur, transformé ce pays. Il prend la posture d’un monarque qui s’adresse à ses sujets », s’insurge le syndicaliste.

Jack Bizlall se demande ce que faisait Sir Anerood Jugnauth au Réduit pendant ces longues années où la société civile et le courrant politique de gauche dénonçaient constamment toutes ces choses qui faisaient souffrir la population. « Il s’est terré au Réduit. Il ne nous a pas entendu, il n’a rien vu et n’a rien dit. La situation est comme il l’a décrite depuis des années, et son organisation politique, le Mouvement socialiste militant (MSM), était dans ce gouvernement. J’ai envie de lui dire d’arrêter de nous prendre pour des imbéciles», conclut le syndicaliste.

Dans cette même optique, Rezistans ek Alternativ déplore le fait que l’ancien leader du MSM puisse se présenter comme celui qui sauvera le pays. Ashok Subron, animateur de ce mouvement politique de gauche, ne voit pas en Sir Anerood Jugnauth une alternative viable pour le pays.&nbsp « La décision de Sir Anerood Jugnauth vient démontrer que rien n’a changé dans notre système politique, qui n’est en fait qu’un jeu d’alliances et de désaccords. Le pays n’a plus besoin d’un système pareil. Ce dont les jeunes ont besoin, c’est d’une alternative de gauche, non communale et écologique », plaide Ashok Subron.

Le leader du Mouvement militant mauricien (MMM) n’a pas souhaité commenter l’allocution présidentielle. Il préfère comme d’habitude attendre sa conférence du samedi pour donner ses impressions sur le discours de celui qui sera présenté comme le challenger de Navin Ramgoolam par une alliance entre son parti et le Mouvement socialiste militant (MSM).


Entre la forte mobilisation de l’opposition pour accentuer la pression sur la majorité gouvernementale, et la riposte de l’alliance Parti Travailliste-PMSD, la scène politique risque d’occuper les devants de l’actualité pour encore plusieurs semaines.

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