Cyclisme-Tour de France : Wiggins en impose d''entrée

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En marquant les esprits, samedi,&nbsp à Liège, lors du prologue dont il a pris la deuxième place derrière Cancellara, Bradley Wiggins (Sky) a posé la première pierre de son Tour de France. Le Britannique qui devance Chavanel,&nbsp respire la forme et la confiance. Il se sent fort.La journée de ce dimanche sera marquée par l’étape Liège-Seraing.

Ça ne vous rappelle rien? Bradley Wiggins, deuxième d''''un prologue. Cherchez bien. Deuxième, comme sur Paris-Nice et le Dauphiné. Le Britannique est le Poulidor des prologues cette année en France. Mais comme il a l''habitude de se muer par la suite en Cannibale pour remporter l''épreuve, il voit plutôt d''un très bon œil cette place de dauphin à Liège. "Je suis vraiment content. C''est un bon début", s''est-il satisfait, pas déçu pour deux sous. De toute façon, comme il l''a dit, "Cancellara est le meilleur au monde dans cet exercice, il l''a encore prouvé." Pour un peu, on dirait même qu''il se trouve à la place idéale: devant tous ses rivaux, mais sans le poids de la course.

C''est en tout cas ce que n''a pas hésité à confier Dave Brailsford à l''issue du prologue. "Nous ne voulions pas vraiment gagner, a-t-il expliqué. Bien sûr, ça aurait été sympa de gagner ce prologue, mais nous ne voulions pas vraiment nous retrouver avec le maillot jaune d''entrée de jeu. Ça aurait entraîné des complications. Deuxième, c''est départ idéal." Wiggins ne le formule pas tout à fait comme ça, mais sur le fond, il confirme. "Je ne dirai pas que je ne voulais pas du maillot jaune. Je l''aurais pris. Mais dans une course pour le Tour de France, il y a ceux qui s''engagent à fond pour gagner une étape comme celle-là, et ceux qui s''engagent en pensant aux trois semaines. J''ai choisi la seconde option."

"Je n''ai pas pris tous les risques"

De là à dire que Wiggo a roulé en dedans, il y a un énorme pas à ne pas franchir. Mais quand il parle d''engagement, il est dans le vrai. Il s''en explique: "Je n''ai pas pris tous les risques. Au début, il y avait un passage avec des petits pavés, j''ai préféré éviter d''être à fond à cet endroit. Je me suis senti en contrôle durant la première partie du tracé et j''ai continué à ce rythme jusqu''au bout." Au pointage intermédiaire à mi-parcours, Wiggins accusait déjà un retard de sept secondes sur Cancellara. Il n''a donc rien perdu sur les trois derniers kilomètres, ce qui semble accréditer la thèse de la prudence initiale. Si Wiggins vise la victoire, c''est la victoire finale, pas initiale. Il ne fallait pas se tromper de combat.

D''autant qu''à défaut de remporter le prologue, le Britannique a gagné le match qui l''opposait à tous ses rivaux pour le classement général, dont Cancellara ne fait évidemment pas partie. Si la "vraie course" commence dimanche, comme l''a dit Cadel Evans, Wiggins va l''aborder avec six secondes de marge sur Menchov, dix sur Evans, onze sur Hesjedal et Nibali et davantage encore sur tous les autres. Ça ne garantit rien, mais c''est toujours ça de pris. Surtout, le leader de Sky se savait très attendu, contrairement à d''autres. Que n''aurait-on dit s''il avait raté son prologue? "Quand il y a autant de pression sur quelqu''un et qu''il répond présent de la sorte, ça en dit long sur lui, se satisfait Brailsford. Bradley a été très occupé et très entouré ces derniers jours. L''intensité médiatique autour de lui était colossale et les attentes sont plus fortes que jamais. Quand on voit le résultat, on se dit qu''il est très, très fort."

A défaut de sceller le sort de ce Tour, ce premier rendez-vous conforte Wiggins dans son statut de personnage central autour duquel la course va se cristalliser. Il confirme surtout que les adversaires de Wiggins ont probablement tout intérêt à le mettre en difficulté (à essayer tout du moins) à la moindre occasion. Car sur les 95 kilomètres de contre-la-montre encore au programme, il a sans doute les moyens de faire très mal. "Wiggins est une classe au-dessus dans les chronos", rappelle Jurgen Van den Broeck. C''est probablement vrai. Et à Besançon ou à Chartres, il n''en gardera pas sous la pédale. "Physiquement, mes sensations étaient fantastiques", a-t-il confié à Liège. Pas de quoi rassurer la concurrence…

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