Crise économique: les Mauriciens pas gagnés par la frénésie des achats cette année

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La foule est présente dans les magasins et les centres commerciaux. Mais en ces temps difficiles, les Mauriciens achètent moins que précédemment.


Les rues sont bondées dans la capitale. Si on peine à se déplacer dans les grandes rues, les petites allées où les marchands ambulants ont niché leurs produits offrent encore moins de mobilité. Cependant cette foule n’est qu’un mirage car, contrairement à ce qu’on pourrait penser, le Mauricien est moins enclin à dépenser.

Le brouhaha est d’autant plus présent à cette période de l’année pendant laquelle les gens doivent la main dans leur portefeuille. Les marchands ambulants, de véritables experts en marketing, n’hésitent pas à mettre le paquet pour attirer l’attention et la sympathie des passants.

«Pran zot per noël, pran zot per noël []]Prenez votre père Noël, prenez votre père Noël]», crie un marchand brandissant un t-shirt avec le dessin d’un bonhomme en rouge. «Fer zenfant la content madam, aster éne ti kado pu li []]Rendez votre enfant heureux madame, achetez-lui un cadeau]», exclame celui-ci à une passante en lui montrant une poupée. Certains ne se contentent pas que de quelques phrases éloquentes et préfèrent investir dans des appareils de sonorisation pour se faire mieux entendre ou pour être mieux entendu que leurs voisins…

Mais les affaires ne se passent pas vraiment comme prévu. «Ca tarde à démarrer», se plaignent quelques marchands. Selon eux, les gens n’ont pas encore reçu leurs bonus ou leurs salaires. «Ils passent, ils marchandent et font leurs choix mais bon nombre n’achètent pas car ils préfèrent attendre», confie un vendeur de jouets.

Les jouets n’ont pas encore envahi notre paysage. Ce serait en partie dû au fait que les gens réfléchissent avant d’acheter. Ils préfèrent dépenser leurs précieuses bourses avec des objets nécessaires tels que le matériel scolaire, des vêtements ou de la nourriture.

Un artisan se plaint que les gens ne veulent plus acheter des produits locaux. Selon lui, ils préfèrent des produits importés à l’artisanat mauricien. Un autre déplore la réaction des gens envers eux, «ils disent q’on obstrue les passages, qu’on les empêche de circuler ou qu’on les arnaque, mais ce n’est pas le cas car on fait tout pour les satisfaire.»

Du côté des magasins également, c’est la morosité. Une vendeuse dans un des magasins chics du Caudan Waterfront confirme que les ventes ne sont pas exceptionnelles. «Le nombre de grandes surfaces a grandement augmenté, les gens ont le choix d’aller dans divers sites à travers l’île. Ce qui nous pénalise beaucoup», explique-t-elle.

La propriétaire d’un magasin de chaussures, quant à elle, confie que c’est la période idéale pour se faire une réputation ainsi que de la clientèle. «En décembre, je ne travaille pas que pour ce mois mais pour toute l’année. C’est l’occasion de voir arriver des nouveaux visages et je fais tous pour les retenir en offrant des réductions et des petits cadeaux», déclare-t-elle. Mais, même elle, elle constate que les choses ne se passent pas comme prévues.

Il faut dire que cette année a été sévèrement affectée par la crise financière. Si les gens disent ne pas l’avoir vraiment senti, elle aura quand même marqué les esprits. Les pertes d’emplois, le chômage et la flambée des prix, entre autres, sont des facteurs qui ont inconsciemment poussé le Mauricien à ne pas vider rapidement son portefeuille.

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