Cortisone : distinguer le vrai du faux

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Composante de nombreux médicaments, la cortisone a souvent mauvaise presse. Quelques pistes pour porter un jugement plus éclairé sur cette hormone.

Vous avez certainement, comme nombre de personnes autour de vous, entendu bien des choses à propos de la cortisone, cette hormone contenue dans des médicaments prescrits pour des maux divers et variés, allant de l’asthme à la tumeur. Mais faut-il croire tout ce que vous vous êtes laissé dire ? Comment savoir ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas ? Précisions avec le Dr Kovila Parsuramen…

Il y a des risques accrus d’ulcères

Vrai. Il y a effectivement un plus gros risque de voir se former un ulcère quand on prend de la cortisone. Cela à cause du fait que les stéroïdes affectent le système immunitaire. Mais là encore, cela dépend de plusieurs choses : la dose que l’on prend, la durée du traitement et le patient lui-même (s’il a, par exemple, des antécédents d’ulcères). Cela arrive habituellement si de fortes doses sont prises sur une durée s’étendant sur plus d’un mois.

La cortisone fait toujours grossir

Faux. Ce n’est pas toujours le cas. En général, la cortisone ne provoque pas de prise de poids si on en prend pendant un court laps de temps, par exemple, environ une semaine. Il est vrai, en revanche, que la prise de stéroïdes sur une longue période peut mener à une prise de poids. Ceux à qui un long traitement a été prescrit peuvent demander conseil à un médecin de manière à éviter cela, soit en surveillant&nbsp leur alimentation, en réduisant les calories et la quantité de sucre et de matières grasses ingérées. Une activité physique peut aussi leur être recommandée...

Cortisone = hypertension

Faux. On ne peut pas dire que la cortisone est la cause directe de l’hypertension, mais il est un fait que les stéroïdes peuvent être à l’origine d’une tension artérielle anormalement forte et d’une rétention de sodium, qui peut aussi contribuer à l’hypertension. Il y a aussi une affection appelée le syndrome de Cushing qui peut se manifester en cas d’utilisation de stéroïdes à long terme et qui est souvent associée à l’hypertension. Il faut donc se montrer très prudent si on se retrouve dans une situation où l’on doit prescrire de la cortisone à un patient hypertendu.

Les os sont fragilisés

Vrai. Mais une fois encore, cela s’applique davantage à ceux qui prennent des stéroïdes sur une longue durée. Le patient peut développer de l’ostéoporose au bout de six mois de traitement consistant en des doses dépassant une certaine limite. Ce risque d’appauvrissement et de fragilité de l’os peut être minimisé en prenant des compléments de calcium, de vitamine D et de bisphosphonates (NdlR : des médicaments prescrits pour prévenir la perte de la masse osseuse et renforcer l’os).

La cortisone provoque l’hyperglycémie

Vrai. Elle peut, en effet, être à l’origine d’un fort taux de sucre dans le sang et il faut donc assurer un bon suivi et un contrôle rigoureux du patient diabétique à qui l’on doit prescrire de la cortisone. Pour ceux qui ne sont pas diabétiques et ont dû entreprendre un long traitement à base de stéroïdes, il est important qu’ils vérifient régulièrement leur taux de glycémie.

Elle a des effets indésirables sur la peau

Vrai. La cortisone affine effectivement la peau et la rend plus fragile et plus vulnérable. Elle retarde aussi la cicatrisation des plaies. Mais cela s’applique généralement, une fois de plus, à un long traitement à base de stéroïdes.

Elle fait fondre les muscles

Vrai. Elle peut effectivement provoquer une faiblesse musculaire mais seulement chez ceux qui ont eu un long traitement. On peut réduire ce risque en faisant de l’exercice.

On en devient dépendant

Faux. On ne peut pas vraiment utiliser le mot «dépendant». Après quelques semaines de traitement, les glandes adrénales, qui produisent normalement du cortisol, vont arrêter d’en produire. Donc, quand on interrompt un traitement à base de corticoïdes, on doit réduire graduellement les prises de manière à donner le temps aux glandes adrénales de se réajuster et de recommencer à produire du cortisol.

De plus, il n’est pas indiqué de stopper un long traitement rapidement car le patient va souffrir, le cas échéant, de symptômes incluant fatigue, faiblesse, nausée, douleurs résultant d’une déficience en cortisol. On ne peut donc pas dire que la personne devient dépendante.&nbsp Il s’agit juste de bien faire attention à plusieurs critères, dont la dose qui avait été prescrite et&nbsp la durée du traitement. Et tout cela se fait sans qu’il y ait nécessité d’un quelconque substitut.

Il s’agit d’un médicament miracle

Vrai. On peut l’appeler ainsi car elle sauve des vies. Elle est, en outre, vitale dans le combat contre des maladies graves. On ne peut cependant en ignorer les effets secondaires.

La cortisone est interdite chez la femme enceinte

Faux. Il arrive souvent que des stéroïdes soient prescrits à des femmes enceintes en cas de risque d’un accouchement prématuré. La cortisone réduit les risques de voir un bébé prématuré faire face à des problèmes respiratoires. S’il est préférable d’éviter de l’utiliser, il n’en demeure pas moins que la cortisone peut sauver la vie d’un enfant venu au monde trop tôt.

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