Communication du Premier ministre: un exercice périlleux

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La communication du Premier ministre (PM), qui souffre d’un manque d’imagination depuis un moment, a été durement testée vendredi. Malgré la volonté affichée du PM de s’adonner à cet exercice, celui-ci peut s’avérer périlleux quand Navin Ramgoolam est sur la défensive.

Comme il l’a été vendredi, au Morne, sur certains sujets évoqués, tels «CT Power», l’affaire Soornack-Gooljaury et les allégations de passe-droits. Car, s’il y a des sujets sur lesquels Ramgoolam était à l’aise (le dossier Chagos, «Air Mauritius», la politique énergétique), d’autres, comme l’axe Soornack-Gooljaury ont mis le PM sur la défensive.

«N’ai-je pas le droit de connaître des gens ? Comment est-ce que je peux être PM et ne pas connaître des gens ? Maurice est le seul pays au monde où c’est un désavantage de connaître un Premier ministre», dira-t-il en substance.

Mais Navin Ramgoolam, en passant directement à l’attaque, (profitant de l’occasion pour envoyer une petite menace – «cela ne se passera pas comme ça avec moi»), omet de dire s’il y a eu passe-droits à la SICOM, où un membre du conseil d’administration, de même que le président lui-même, sont des partenaires d’affaires de Rakesh Gooljaury. Il passe aussi sur l’essentiel en ce qui concerne Nandanee Soornack, en ne répondant pas à la question, à savoir si elle a bénéficié de ses contacts privilégiés pour obtenir des contrats d’Airports of Mauritius notamment.

A la place, comme à son habitude quand il est acculé, le PM attaque la presse et accuse cette dernière d’être manipulée par le «pouvoir de l’argent». Plus tôt dans son discours, lors de la cérémonie officielle pour commémorer les 178 ans de l’abolition de l’esclavage, le PM accusait les journalistes d’être des «complexés» et de… n’avoir «rien d’autre à faire que de s’asseoir et d’écrire» !

Sur le dossier «CT Power», Navin Ramgoolam fait un aveu de taille lui ou Anil Bachoo a été en communication avec les promoteurs de «CT Power», puisqu’il avoue que ces derniers seraient disposés à rendre certains aspects de leurs contrats publics. Or, la question de l’identité des vrais promoteurs est actuellement le sujet d’une plainte en Cour suprême, où les habitants d’Albion allèguent que, depuis le transfert des actions de «CT Power» en 2008, l’identité des nouveaux propriétaires n’est pas connue, puisque la nouvelle compagnie est une compagnie offshore enregistrée dans un Etat fédéral de la Malaisie, rendant impossible toute vérification de l’identité des nouveaux propriétaires.

Pourtant, Ramgoolam essaie subtilement de faire croire que rien n’a changé en disant qu’il subissait la pression des «organisations tamoules» pour donner son feu vert à «CT Power». Or, Navin Ramgoolam se fait l’avocat des promoteurs en ayant recours à l’argument racial, en disant que «c’est presque comme s’il y avait du charbon blanc et du charbon noir», faisant référence au fait que les opposants à «CT Power» n’avaient pas protesté quand des sucriers ont obtenu la permission de produire de l’énergie à base de charbon.


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