Comité des droits humains de l’ONU: silence radio sur les intentions du gouvernement

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«C’est une honte pour l’Etat mauricien. De l’irresponsabilité totale !» Ashok Subron de Rezistans ek Alternativ (RA) ne mâche pas ses mots face au silence du gouvernement.
Car c’est aujourd’hui que Maurice, qui a bénéficié de six mois pour préparer sa réponse, doit faire parvenir une correspondance à ce comité qui siège à Genève, sur l’obligation de déclarer son appartenance ethnique. «La date butoir est le 28 et nous l’enverrons ce soir (NdlR : hier soir)», a insisté, hier, le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell.

Sauf qu’en début de soirée, la réponse n’était pas encore prête. «Les avocats travaillent toujours là-dessus», a concédé le ministre Boolell, qui n’était cependant pas en mesure de donner une indication sur son contenu.

Ce n’est que dans l’après-midi d’hier que le Premier ministre a convoqué à son bureau le Solicitor-General (SG) Dhiren Dabee de même que son assistante Aruna Narain- Ramloll pour discuter de la marche à suivre. L’Attorney General (AG) Yatin Varma, pas convié à la réunion, n’était pas au courant de l’engagement qu’allait prendre Maurice.

«Un Etat qui se respecte n’attend pas les dernières 24 heures pour décider de sa position», s’insurge Subron, un des architectes de cette «victoire» devant le comité onusien des droits humains.

Car, la décision du comité de l’ONU et la position éventuelle de Maurice – qui concerne la population – n’ont pas été discutées et débattues avec le peuple, qui a son mot à dire, fait remarquer Subron.

«Or, nous savons à travers un sondage de l’express que 60 % des Mauriciens sont contre le communalisme dans le système électoral et personne sauf Yousuf Mohamed ne conteste le fait qu’on ne devrait pas avoir à déclarer son appartenance ethnique». Malgré cela, dit-il, le gouvernement n’a pas cru bon d’amender la Constitution pour y apporter un changement en ce sens.

L’attitude nonchalante du gouvernement est d’ailleurs reflétée dans sa prise de position en Cour dans l’affaire constitutionnelle que RA intente à l’Etat sur le même sujet et qui sera entendue en juin. Le gouvernement a répliqué que le problème est d’ordre politique et qu’il n’a pas une majorité de trois quarts au Parlement. «Mais comment sait-on qu’ils n’auront pas les trois quarts quand aucun projet n’a été soumis au vote ?» demande Subron.

La question est pertinente quand on sait que le Premier ministre avait annoncé au Parlement, le 8 mai dernier, qu’il n’allait pas perdre son temps avec des consultations additionnelles et qu’il allait finaliser une ébauche sur la réforme électorale «et les parlementaires pourraient alors décider s’ils veulent voter pour ou pas». L’Etat mauricien a été sommé par le comité onusien de faire savoir comment il comptait éviter de violer les droits des candidats aux élections dans le futur. Le choix donné était soit d’actualiser le recensement de 1972 soit d’enlever toute référence communale du système électoral.

«Personne n’a forcé l’Etat à signer la convention des droits humains et encore moins à signer l’optional protocol (qui donne le droit au comité de vérifier si l’Etat respecte les engagements pris). Et, il faut qu’ils comprennent que la déclaration universelle des droits de l’homme reconnaît le droit à la révolte des citoyens quand il y a violation continue des droits fondamentaux !» clame Ashok Subron.
 

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