Climat des affaires: l’indice de confiance en baisse en ce début d’année

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Le secteur commercial du pays affiche la morosité : l’indice de confiance des chefs d’entreprise a baissé de 3,1 %, relève la MCCI.  

De 88 points en 2013, cette année, l’indice de confiance des hommes d’affaires du pays est passé à 85, 3 points. Ce qui laisse comprendre qu’il y a une faiblesse quelque part, a relevé en substance Renganaden Padayachy, de la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI) qui présentait le Business Confidence Indicator ce lundi 24 mars. Et si la situation n’est pas jugée alarmante, elle est cependant préoccupante, d’autant plus que l’an dernier l’on avait assisté à un regain de confiance. 

 
 «Sur la base de l’enquête trimestrielle de conjoncture, effectuée entre le 21 février et le 14 mars 2014, nous constatons que l’indice de confiance des chefs d’entreprise a baissé de 3,1 pourcent (2,7 points) et s’établit, désormais, à 85,3 points», relève le rapport Business Confidence Indicator de la MCCI. Qui indique que ce repli est inquiétant et reflète une morosité manifeste.
 

Note négative pour 10 facteurs sur 14  

 
Les données ont été composées à partir de 14 facteurs déterminants dont l’environnement global, la demande interne, la concurrence sur le marché, les possibilités d'expansion sur les  nouveaux marchés, le taux de change, le taux d'imposition réels sur les sociétés, l’accès aux capitaux, le coût du capital, les coûts  relatifs à la conduite des affaires, le retard de paiement de leurs clients, la rotation du personnel, la disponibilité de la main-d'oeuvre qualifiée, le soutien public pour les affaires, la logistique et la connectivité. Et parmi ceux-ci, dix facteurs ont eu une incidence négative sur la performance des entreprises au cours de ce trimestre. 
 
Plus des deux-tiers des dirigeants d’entreprises consultés, déplorent la hausse inconsidérée des coûts indirects ont fortement affecté la conduite des affaires. Ils évoquent, entre autres, le non-respect des règles et des normes, les difficultés d’accès aux terres, la corruption, les problèmes liés à l’infrastructure ou encore à  l’énergie, à la fourniture d’eau et aux transports.  Et de prendre comme exemple la hausse sans aucune consultation, des Trade Fees et des Advertisement  Fees. «Pour les entrepreneurs ces augmentations, entre 100 et 500 pourcent, sont inconcevables en ces temps difficiles», indique le rapport. 
 

La consommation pique du nez

 
Le plus important encore est le taux de croissance de la consommation qui a chuté depuis 2009. Ce taux est passé de 6,5 % en moyenne sur la période d’avant crise, 2004 à 2008, à 2,5 %, en moyenne, sur la période post crise, 2009 à 2013. Ainsi même les largesses consenties durant le Budget n’ont pas aidé à booster la consommation. Le consommateur se montre prudent. 
 
Cela, alors même que la majorité des commerçants indique avoir maintenu voire baissé leur prix. Mais il faudrait cette fois s’attendre à une légère appréciation des prix au deuxième trimestre. 
 

Emplois : pas de recrutement en vue

 
15 % des sondés affirment qu’ils vont baisser leurs effectifs dans les mois à venir, au vu de la baisse continue de la demande interne et, aussi, du manque de main d’œuvre qualifié sur le marché. Et 71 %  indiquent qu’ils ne vont recruter. 
 

Obstacles au marché régional

 
La plupart des entrepreneurs déplorent ne pas pouvoir accéder au marché régional notamment en raison de la cherté des billets ou encore du fret. Ce qui les empêche d’aller de l’avant. Ces opportunités sont inaccessibles, soulignent-ils. 
 
La MCCI prévient ainsi que ce sont là autant de tendances qu’il faut vite inverser. «Si cette tendance se maintient au cours des prochains trimestres, nous pouvons nous attendre à une augmentation du nombre de chômeurs en 2014.» 
 
Ainsi, pour retrouver le chemin d’une croissance forte et durable, il faudrait réfléchir à de meilleurs moyens pour revigorer les différents secteurs d’activités de Maurice, est d’avis la MCCI. Et  Renganaden Padayachy de prévenir que ces mesures doivent être immédiates. 
 
La situation pourrait ainsi devenir plus que préoccupante si cette tendance se maintient pour les six mois à venir. Ce serait alors l’investissement qui en pâtira, alors que déjà les hommes d’affaires estiment déjà les taux d’intérêt trop élevés. 
 

Ne pas attendre le Budget pour prendre des mesures

 
Pour la MCCI, l’heure est donc à l’action. Il ne faudrait pas, prévient-elle, attendre le budget pour dégager une stratégie car le taux de croissance en sera affecté. Selon Renganaden Padayachy, si au deuxième trimestre la situation ne s’améliore pas, «le taux de croissance sera probablement égal à celui de 2013, si ce n’est inférieur». 
 
Pour rappel, le taux de croissance en 2013 était de 3,2 % alors que le ministre des Finances, Xavier Duval, avait dû réviser son estimation de 4 %. 
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