Ces jeunes voués à l?environnement

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Quelques lieues sous la mer à Albion? L?eau pure, limpide, bleutée, révèle des trésors de vie aquatique. C?est aussi le berceau des coraux? Nadeem, 22 ans, fasciné par ce paysage, est tout à coup catastrophé ! Étudiant en sciences marines et en technologie à l?université de Maurice en deuxième année et embarqué pour un stage pratique, il découvre que ceux-ci sont endommagés ! « C?était une véritable catastrophe. Il n?y a aucune protection. Quand je l?ai constaté de visu, cela m?a plus motivé à travailler à la conservation des coraux », dit-il. Touchant à la marine, la biologie, l?écologie et la pollution entre autres, Nadeem a décidé de militer pour l?environnement. « C?est un domaine passionnant qui revêt une importance capitale, surtout avec le réchauffement de la planète », explique-t-il. Passionné, lui, c?est sûr? et les autres ? « J?ai toujours été très engagé dans les actions pour l?écologie à Maurice. Lors de mes études à l?étranger, j?ai découvert le développement durable vers 2004. La passion et la découverte de cette notion m?ont permis de voir comment je peux adapter mon engagement pour l?environnement au sein d?une entreprise », déclare, quant à lui, Fabrice d?Unienville, Sustainable Development Executive chez CIEL Textile. Il veille à ce que l?entreprise puisse opérer et développer des stratégies commerciales, tout en préservant l?écologie. Un domaine passionnant C?est là une véritable dévotion qui l?anime ! Mais hélas, pour l?instant, il n?y a qu?une petite minorité de jeunes qui s?investit dans cette mission écologique. Pourquoi ? « Peu de jeunes réalisent que l?environnement est un domaine passionnant. Moi-même, qui ai complété un diplôme en mathématiques à l?étranger, je suis revenu à Maurice pour exercer dans une filière challenging et valorisée : le Sustainable Environnement Development », indique Chandradeo Sanjeev Bokhoree, jeune Lecturer de la School of Business Informatics and Software Engineering à l?université de Technologie. Pour Vikash Tatayah, Conservation Manager de la Mauritian Wildlife Foundation, le fait que l?environnement ne rapporte pas beaucoup est une contrainte. « L?intérêt des jeunes est là, mais souvent, ces derniers ne voient pas un grand avenir dans l?écologie, car en général, ce secteur n?est pas très rémunérateur. C?est pour cela que beaucoup préfèrent s?orienter vers le droit, la médecine ou la comptabilité. Toutefois, l?environnement est un milieu challenging qui permet de communier avec la nature et cela rend heureux. » De nouvelles formations Il faut aussi savoir que ce domaine est appelé à prendre toute son importance dans un avenir proche. Les instituts ont déjà lancé de nouvelles formations pour la conservation marine, l?écologie, le développement durable. « Les entreprises sentent aussi le besoin d?avoir un personnel formé dans ce domaine », ajoute le Lecturer. Changement climatique oblige, nous devons plus nous tourner vers les ressources naturelles telles que le soleil, le vent et l?eau. « Il y a urgence écologique », disait Navin Ramgoolam, le Premier ministre, lors de l?inauguration du parc de la Vallée de Ferney, la semaine dernière. Et les actions s?enchaînent pour attirer nos jeunes vers l?environnement. Ainsi, le National Productivity and Competiti-veness Council (NPCC) a déjà pris les devants, avec la mise en place du Green School Programme sur une base pilote au collège Royal de Port-Louis, et l?Innovator?s Award avec pour thème l?Eco-living. Des jeunes de la Sir Leckraz Teeluck SSS ont, eux aussi, emboîté le pas avec la construction d?une éolienne. L?État s?active également. Le budget 2008-2009 a ainsi fait mention de dispositions pour réorganiser le National Energy Fund pour un Maurice île Durable Fund (MID), avec une provision de Rs 1,3 milliard. C?est dire que l?environnement est au centre de l?intérêt national. Eh oui, les premiers maillons sont déjà formés ! Les perspectives menant à l?industrie verte sont imminentes. Et la jeune génération, en y prenant une part active pourra ainsi contribuer à agir pour le bien-être de ses pairs.
Les activités du ministère L?environnement est au c?ur de cette Journée mondiale de la Jeunesse. Le ministère de la Jeunesse et des Sports organise donc plusieurs activités dans cette optique. En voici un aperçu : ■ Du 11 au 16 août, des campagnes de sensibilisation avec des causeries et des posters dans les 23 Centres de jeunesse de l?île. ■ Le 12 août, un nettoyage et la mise en terre de palétuviers (mangrove) à l?estuaire de Terre-Rouge, de plantes endémiques à Plaine-Champagne et d?arbres à l?île Plate. ■ Remise des prix de la compétition de projet lancée par le National Youth Council (NYC), une unité du ministère. Le thème était Youth and climate change : time for action. Le NYC a reçu 37 inscriptions, dont trois de Rodrigues. La remise des prix aura lieu d?ici peu. ■ Le 30 août, un projet de reforestation aura lieu à Pétrin et Alexandra Falls.
Questions à? Prasad Modak, directeur de l?« Environmental Management Center » à Mumbai « Si nous ne changeons pas notre mode de vie, l?environnement sera en péril » ■ Vous avez animé une conférence sur l?écologie au NPCC cette semaine. Est-ce que l?environnement est de plus en plus en danger ? Les changements climatiques entraînent plusieurs choses. Le réchauffement de la planète, ces quatre dernières décennies s?accentuera durant les 50 prochaines années. Et si nous ne changeons pas notre mode de vie, l?environnement sera mis en péril. Il y a déjà dans nos habitudes des choses que nous pouvons modifier. Par exemple, notre mode de consommation, qui émet des gaz comme le monoxyde de carbone, entre autres. Il faut réduire l?émission de ces polluants et utiliser l?énergie à bon escient. Il y a des idées aussi à développer, comme des moyensde transport plus efficaces et moins polluants, mais il faut évaluer les coûts que ces opérations engrangent. ■ Comment motiver les jeunes à s?engager dans l?écologie ? La nouvelle génération est très concernée par l?environnement à Maurice ! Mais il faut quand même que la sensibilisation commence plus tôt, par exemple à l?école primaire. L?écologie est en plein essor et continuera à évoluer. Il faut la rendre plus accessible aux jeunes à travers des projets où ils peuvent s?engager ou encore leur montrer les réelles conséquences de la pollution. Outre les projets éducatifs, il faut aussi des formations poussées pour les aider à professionnaliser l?environnement. ■ Quels sont les nouveaux débouchés ? Il y en a tellement ! La conservation et la préservation ne sont quelques exemples. Mais bientôt, cela va prendre plus d?importance dans les industries voulant être eco-friendly. Par exemple, on aura besoin de con-sultants, d?analystes pour les émissions de carbone ou d?autres polluants, pour le recyclage, pour la faune, des véhicules écologiques, les produits utilitaires biodégradables, les industries solaires, etc. Des filières d?expertise sont nombreuses. La demande est déjà là. Maintenant, il faudra pouvoir y répondre. Et pour y arriver, il faut la formation.
Ceux qui s?engagent Ashwin, Ravina et Michael : un trio contre la pollution ! Ce sont les trois écolos en laboratoire ! Ravina Brizmohun, et Michael Tsang, tous deux âgés de 28 ans, et Ashwin Dosieah, 32 ans, sont Scientific Officers au National Environmental Laboratory du ministère de l?Environnement. Quel est leur rôle ? « Dès que nous recevons une plainte, nous effectuons des prélèvements et nous analysons, suivant les cas, l?eau des rivières, du lagon, ou l?air pour identifier les composants et déterminer s?ils contiennent des agents polluants », expliquent-ils. ` Avec l?aide d?une technologie de pointe, nos laborantins traquent la pollution. Ensuite, ils soumettent un rapport à la Pollution Control Division qui prendra des mesures. Ravina Brizmohun, fervente adepte des clubs d?environnement au collège, a d?abord décroché un diplôme en Chemical and Environmental Engineering. Idem pour Michael Tsang, d?abord employé comme Environment Enforcement Officer avant d?être affecté à l?Air Monitoring du laboratoire. La fibre de l?environnement l?a titillé au collège alors qu?il élaborait des exposés sur la couche d?ozone. Quant à Ashwin Dosieah, il a obtenu un diplôme en chimie et une maîtrise en informatique. Après avoir travaillé au MSIRI, il a intégré le laboratoire national. Exerçant comme Scientific Officer, il est également Quality Manager et vérifie les procédures, les mesures des analyses, et veille au bon fonctionnement du matériel de laboratoire. Une chose est sûre, ces jeunes ont à c?ur la cause environnementale et ils continueront sur leur lancée pour lutter contre la pollution. ■ Leur conseil : « Évitez d?allumer les lumières alors que vous sortez d?une pièce et d?utiliser les sacs en plastique. Ils prennent énormément de temps pour se dégrader. Et quand on s?en débarrasse en mer, ils peuvent endommager les coraux.. » Denis Li : les oiseaux, sa bataille Le chant des oiseaux, il l?entend au quotidien. Car Denis Li, 27 ans, est au c?ur de la conservation des pigeons des mares aux Gorges de la Rivière-Noire. « Je vis ici pendant la semaine. Le matin, on va nourrir les oiseaux, on regarde s?ils sont en bonne santé et on poursuit avec le relâchement et la reprise », explique-t-il. Ce jeune, complètement coupé du monde du lundi au vendredi, ne rentre chez lui que les week-ends ! À la lueur des bougies, il séjourne dans les Field Stations. Mais Denis Li ne trouve son bonheur que quand il évolue au sein de la nature. « La nature, c?est devenu une passion, mais aussi une vocation ». Embarqué pour des études de médecine, il a bifurqué sur la biologie puis l?écologie. Car à Toulouse, Denis a fini par répondre à l?appel de la nature. « J?ai découvert ce domaine alors que je suivais une licence en biologie que j?ai complétée avec un mastère en écologie », explique-t-il. Revenant à Maurice dans le cadre d?un stage avec la Mauritian Wildlife Foundation, il a réalisé des analyses sur les prédateurs d?oiseaux tels que les chats, les rats et la mangouste, indique-t-il. Si au départ, il a travaillé comme bénévole, il est maintenant posté à Rivière-Noire en permanence. ■ Son conseil : « Ne jetez pas d?ordures ici et là. Dans le parc, par exemple, si on se débarrasse des déchets, cela attire les rats, qui vont alors manger les ?ufs des oiseaux. » Fabiola Monty : les mains vertes Le National Geographic a été un moteur d?éveil à sa sensibilité écologique. Fabiola Monty, 21 ans, vient de terminer son diplôme en biologie avec option « Environnement » à l?université de Maurice. « Petite, j?étais fascinée par les animaux. Aussi, je voulais étudier la zoologie. Mais il n?y avait que la botanique. J?ai donc opté pour la biologie et je me suis spécialisée dans l?environnement, la marine et l?écologie », explique la jeune femme. Grâce à ses études, Fabiola a donc pu se rapprocher de la nature. « Je suis allée au National Park, à Pétrin, à Brise-Fer et à Mare-Longue pour effectuer des recherches ainsi qu?à Maccabée et sur l?île-aux-Aigrettes. Nous devions y collecter des informations sur la végétation et les différents sols pour voir comment ces derniers affectent la reproduction », raconte la jeune femme, passionnée de plantes. Sa ferveur l?a également conduite sur la voie de l?orchidée, une espèce végétale menacée par la prolifération des goyaviers. « L?abondance des goyaviers affecte la production des orchidées. Cela m?aide à avoir une bonne idée du mécanisme et aussi de voir comment je peux contribuer à sauvegarder la nature. On met souvent l?emphase sur la faune, mais il faut aussi favoriser la connaissance de la flore », confie Fabiola. Elle a également fait une étude sur les effets du désherbage sur la reproduction des plantes indigènes. Étant dans l?attente de ses résultats, Fabiola envisage de travailler avec les plantes? naturellement ! ■ Son conseil : « Il faut prendre conscience mais aussi s?informer de ce que nous avons ! On ne peut protéger ce qu?on n?aime pas et on ne peut pas aimer ce qu?onne connaît pas. Il y a tant d?espèces d?arbres exotiques et endémiques qu?il convient de bien les connaître pour mieux les protéger. » Imogen Webster : préservez les dauphins ! Depuis son enfance, elle a été entourée d?animaux et de plantes. « J?ai grandi sur une ferme », confie Imogen Webster, 28 ans. D?origine australienne, elle collabore avec la Mauritius Marine Conservation Society (MMCS) et fait une étude sur la conservation des dauphins de la baie de Tamarin. Imogen a fait ses études à l?université de Queensland, puis a travaillé en Afrique du Sud en 2007 dans le cadre de recherches sur les dauphins. Elle est arrivée à Maurice en mars. « Il existe plusieurs facettes en ce qui concerne mes recherches. Par exemple, j?ai étudié comment les dauphins se comportent, les facteurs qui peuvent influencer leur population et j?essaye de déterminer s?il existe des sites qui peuvent être consacrés à la reproduction », explique-t-elle. Avec la MMCS, Imogen a aussi participé à des campagnes pour sensibiliser les enfants à la protection de l?environnement. Elle a, en outre, travaillé avec les opérateurs de Dolphin Watching. « C?est important de savoir à quelle distance se tenir des dauphins, de connaître le moment où on doit éteindre les moteurs. C?est ainsi que nous serons plus aptes à les protéger. » Elle repart en Australie en septembre, et envisage de revenir à Maurice et de poursuivre son travail avec les dauphins. ■ Son conseil : « Agissez au quotidien. Par exemple en utilisant la poubelle, ou en plantant un arbre ! »
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