Cassam Uteem : « Je n’ai aucune leçon à recevoir de politiciens de bas étage»

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Réponse du berger à la bergère. L’ancien président de la République est sorti de sa réserve pour donner la réplique aux attaques verbales du secrétaire général du Parti Travailliste, Deva Virahsawmy.

Une fois n’est pas coutume. C’est à son domicile à Beau-Bassin que Cassam Uteem a réuni les membres de la presse&nbsple mardi 19 janvier pour faire le point sur les déclarations, largement répercutées dans la presse, de Deva Virasawmy à son encontre samedi dernier, le 16 janvier. C’est sur un ton des plus sévères et avec l’élégance qu’on lui connaît que l’ancien président a apostrophé le secrétaire général du parti travailliste. Mais il ne citera à aucun moment le nom de ce dernier, préférant à&nbsp la place le titre de secrétaire général où encore «ce monsieur».

«Ce n’est pas dans mes habitudes de répondre aux politiciens de bas étage. Mais après les propos du secrétaire général à mon égard samedi dernier, j’ai pris la décision de répondre à ce monsieur d’autant plus que ses propos injurieux ont été tenus en présence de plusieurs ministres de la République qui, de par leur silence, se sont rendus complices de tels propos», déclare d’emblée l’ancien président de la République.

Cassam Uteem a adressé une lettre au Premier ministre dans laquelle il demande au chef du gouvernement d’exiger à ses ministres de se dissocier des propos tenus par Deva Virahsawmy. «Si ses ministres n’étaient pas présents à la conférence de presse du 16 janvier,&nbsp j’aurais, sans doute, traité ce monsieur avec le mépris qu’il mérite », explique l’ancien Président.

Il estime que le secrétaire général du PTr à fait une sortie contre lui parce qu’il a récemment évoqué un possible retour à la politique active. «Aussi, parce qu’en même temps, j’ai exprimé mes vœux de voir se réaliser une alliance MMM-PTr que ce monsieur s’est cru autorisé à avoir recours à la vulgarité pour s’attaquer à mon honneur et à mon intégrité».

Cassam Uteem a rappelé que c’est la législation qui lui procure, en tant qu’ancien chef d’Etat, ses droits à une pension, à une voiture et à une protection policière. «C’est qui ne semble pas claire à ce monsieur», ajoute-t-il. Deva Virasawmy avait effectivement demandé à Cassam Uteem, lors de sa conférence de presse samedi dernier, de choisir entre ses privilèges et la politique active.

«Cela aurait pu être un sujet intéressant de débat si ce monsieur, montant sur ses grands chevaux, ne s’était cru autorisé à utiliser l’insulte. Au fait, durant mes 40 ans de carrière d’homme public, personne n’a pu ni n’a osé utiliser les mots dont ce monsieur s’est servis à mon égard», précise l’ancien chef d’Etat.

Il a rappelé à l’intention de Deva Virasawmy qu’il avait démissionné du Parlement en 2002 sur une question de principe, sans se soucier des honneurs et des privilèges attachés à la fonction. «Je n’ai aucune instruction, aucun conseil, aucun ordre et encore moins aucune&nbsp leçon d’étique et de moralité à recevoir de lui. Mes actes, en politique, n’ont jamais été, comme certains membres de sa famille politique, motivés par l’acquisition des privilèges indus et l’accaparement des biens de l’Etat. Après 40 ans de vie publique, mes avoirs sont du domaine public» souligne-t-il.

Cassam Uteem a expliqué que c’est en vertu des hautes fonctions à la tête du pays qu’il a occupées qu’il a droit au traitement que l’Etat lui accorde et non pas grâce au bon vouloir d’un quelconque parti politique où du secrétaire général du PTr. «J’espère que le Premier ministre demande, au secrétaire général de son parti de retirer ses propos et s’il ne peut le faire, tout au moins à ses ministres qui étaient présents à cette occasion de se dissocier des propos orduriers qui ont été tenus. Je crois que c’est la moindre des choses dont je peux m’attendre de la part du Premier ministre, et cela vient de la part d’un ancien Président de la République ».

Cassam Uteem s’est ensuite exprimé sur la question de savoir sous quelles conditions un ancien Président de la République pourrait retourner à la politique active. «D’abord, il n’y a pas de loi qui l’interdit. J’aurais voulu rappeler à ce monsieur que l’ancien Premier ministre et père de la nation, Sir Seewoosagar Ramgoolam, décida, suite à la défaite en 1982, de retourner à la politique active, après un retrait temporaire personne n’avait exigé qu’il rende sa pension, sa voiture et sa protection policière. Et très justement d’ailleurs. De mon point de vue, personne n’en avait le droit», soutient&nbsp Cassam Uteem.

Il fait la même réflexion à propos de Sir Anerood Jugnauth après sa défaite en 1995. « Je crois, donc, que c’est l’exception quant-il s’agit de Cassam Uteem. Je vous laisse deviner pourquoi», devait-il ajouter.

Il a aussi réitérer son souhait en faveur d’une alliance entre le MMM et le PTr dans, dit-il, l’intérêt suprême du pays, tout en précisant qu’il est ni l’intermédiaire, ni le facilitateur, ni le négociateur de quiconque. En ce qui concerne son éventuel retour à la politique active, il précise qu’aucune décision n’a été prise. «Mais n’en déplaise à certains et au secrétaire général du PTr, en tant qu’ancien vice-Premier ministre et ancien Président de la République, et aujourd’hui en tant que citoyen libre, je continuerais à faire entendre ma voix à chaque fois que le jugerais nécessaire», prévient Cassam Uteem.

Il annonce aussi qu’il interviendra plus, et plus souvent maintenant qu’on est en période électorale. «Je me propose déjà de porter ma réflexion sur un certain nombre de sujets dont la corruption, qui ne devrait pas laisser insensible le secrétaire général du PTr», laisse entendre Cassam Uteem.

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