Côte d''Ivoire : Ouattara appelle à une grève générale

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Alassane Ouattara, qui revendique la présidence ivoirienne avec un appui international, a lancé un appel à la grève générale à compter du lundi,27 décembre ajoutant aux pressions exercées sur le président sortant Laurent Gbagbo pour qu''''il cède le pouvoir.

La Côte d''Ivoire est plongée dans une impasse politique depuis l''élection présidentielle contestée du 28 novembre, qui était censée permettre au pays de surmonter les effets de la guerre civile de 2002-2003 mais a tourné au bras de fer entre les deux camps rivaux.

"Je confirme que nous avons appelé à une grève générale dans tout le pays à partir de demain", a déclaré dimanche à Reuters le porte-parole de Ouattara, Patrick Achi. Il a indiqué que Ouattara publierait un communiqué ultérieurement.

Les Etats-Unis, l''Onu, l''Union européenne, l''Union africaine et la Communauté économique des Etats d''Afrique de l''Ouest (Cedeao) ont tous reconnu les résultats de la Commission électorale indépendante donnant la victoire à Ouattara.
Gbabgo, lui, affirme avoir remporté le second tour de la présidentielle comme l''a annoncé le Conseil constitutionnel, dirigé par l''un de ses proches.

La Cedeao, qui a menacé le camp Gbagbo d''un recours à la force, compte envoyer mardi les présidents du Bénin, de la Sierra Leone et du Cap Vert en Côte d''Ivoire comme émissaires chargés de remettre un ultimatum au président sortant.

Le camp de Gbagbo a rejeté la menace d''intervention ouest-africaine. Le ministre de l''Intérieur, Emile Guiriéoulou, a déclaré dimanche lors d''une conférence de presse que son gouvernement accueillerait les trois chefs d''Etat "en frères, en amis" et qu''il écouterait "le message dont ils sont porteurs".

LE GOUVERNEMENT NIE DES ATTEINTES AUX DROITS DE L''HOMME

Les Etats-Unis et l''Union européenne ont imposé des restrictions aux déplacements de Gbagbo et de son entourage. De leur côté, la Banque mondiale et la Banque centrale des Etats de l''Afrique de l''Ouest (BCEAO) l''ont privé d''accès aux fonds qu''elles détiennent, ce qui pourrait l''empêcher à court terme de payer les forces militaires.

Près de 14.000 Ivoiriens ont fui au Libéria pour échapper aux violences, selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Le Conseil des droits de l''homme de l''Onu a imputé aux forces de sécurité ivoiriennes des violations des droits de l''homme, notamment des meurtres et des enlèvements, et appelé à une réconciliation nationale pour prévenir une nouvelle guerre civile.
Guiriéoulou a rejeté ces accusations en parlant de partialité au sujet de l''organisme onusien.

"En effet, ils ont choisi de privilégier, avant toute vérification ou enquête de terrain, les accusations et les allégations données par une partie en occultant le bilan officiel et vérifiable des incidents postélectoraux fourni par le gouvernement de Côte d''Ivoire", a dit le ministre de l''Intérieur.

La mission de l''Onu en Côte d''Ivoire a rapporté jeudi que des partisans de Gbagbo armés de lance-roquettes ont bloqué une route menant à un village proche d''Abidjan où était signalée la présence d''un charnier.

"Il n''y a pas de charnier. Parce que ça va faire quand même plus d''une semaine qu''on en parle et personne n''a encore vu de charnier", a déclaré Guiriéoulou.

Autre signe de pression exercée sur le président sortant, l''avion de Laurent Gbagbo a été immobilisé sur l''aéroport de Bâle-Mulhouse à la demande des "autorités légitimes" de Côte d''Ivoire, a-t-on appris dimanche auprès du ministère français des Affaires étrangères.

(Source: Reuters )

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