Bilan du ministère des Arts et de la Culture: «Le futur c’est la culture»

Avec le soutien de

C’est à la 25e heure que le ministère des Arts et de la Culture a répondu positivement à l’exercice de bilan de ses activités, ainsi que celles des nombreuses institutions qui y sont rattachées. Un bilan qui ose postuler que : «Le développement des industries créatives à Maurice n’est plus un rêve. C’est l’une des priorités du ministère. L’objectif ultime est de transformer Maurice en une ville culturelle». Déconnecté de certaines réalités ? Peut-être pas tant que cela. Puisque le document-bilan de 11 pages lance : «Le ministère ne s’épargne aucun effort même si certains ne voient rien venir ou refusent systématiquement de reconnaître que beaucoup de choses ont changé (...) Le futur c’est la culture». Et des changements sont encore à prévoir avec le livre blanc sur les industries créatives qui est actuellement en préparation.

Fêtes nationales

L’une des principales attributions de ce ministère est d’organiser les cinq fêtes nationales : la Fête du printemps, le 12 Mars, Eid, Divali, Noël. Ce qui fait dire aux esprits vifs que ce ministère est prisonnier des fêtes, tant ses ressources sont mobilisées. Comme cette année marquait les 45 ans de l’accession à l’indépendance, nous savons la somme d’efforts qui y a été consacrée. Le ministère, lui, se targue d’avoir organisé (pas seul, même s’il ne mentionne à aucun moment la cellule Culture et Avenir du bureau du Premier ministre) «du jamais vu. Il y avait tellement de monde  que le stade Anjalay a dû fermer ses portes deux heures avant le début du show». Pour Divali, le ministère finance des manifestations organisées par les conseils de district à hauteur de Rs 250 000. La somme de Rs 500 000 a été allouée à la mairie de Port-Louis. L’année dernière la subvention pour Port-Louis est passée à Rs 600 000.

Les centres culturels

Sur le même modèle que les fêtes nationales, le ministère a pour satellites cinq centres culturels. Et leurs corollaires, 12 Speaking Unions. Le plus médiatique étant sans doute le Centre culturel islamique. Toutes ces institutions sont subventionnées par le ministère.

Les socioculturels

Le ministère soutient des associations socioculturelles à l’occasion de Cavadee, Eid, la Fête du printemps, etc. Aucun détail n’a été fourni quant au montant de l’aide. En 2011 et 2013, le ministère a parrainé les gagnants d’un concours de Ramayana organisé par le Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation.

Les subventions

Le ministère accorde une subvention de Rs 30 000 pour la realization d’un album, d’un livre, d’une exposition etc. Une autre aide financière  notamment en termes de paiement de billets d’avion - est aussi disponible pour les artistes se rendant à l’étranger. Le ministère n’a pas fourni de détails quant aux sommes déboursées.

Le théâtre

Encore une fois sur le même modèle, le ministère organise depuis 60 ans le National Drama Festival. Un festival en dix langues. En 2010, 1 500 comédiens venant de 136 troupes y ont participé. Le ministère compte aussi cinq centres de formation artistique à Paillote, Plaine-des-Papayes, Fond-du- Sac, Mahébourg et Goodlands. Le ministère gère l’unique théâtre en activité, le théâtre Serge Constantin à Vacoas. Il est majoritairement réservé pour le National Drama Festival. Le ministère propose aussi des subventions pour la location du centre de conferences Swami Vivekananda, celui de Grand-Baie, l’auditorium du MGI ou du Rabindranath Tagore Institute. Pas de détails quant aux sommes accordées.

Aapravasi Ghat

Depuis sept ans, le site de débarquement des travailleurs engagés est inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Il est pour le moment fermé pour cause de travaux. Le centre d’interprétation Beekrumsing Ramlallah est en voie de réalisation. Un projet qui pourra montrer le site tel qu’il était à l’origine et qui aidera à canaliser l’impact du tourisme sur le site. Cette année, les célébrations de l’arrivée des travailleurs engagés ont duré un mois. Qu’en sera-t-il l’année prochaine pour le 180e anniversaire de l’arrivée des premiers engagés ? L’Aapravasi Ghat Trust Fund travaille à la mise en place d’un parcours historique (heritage trail) et s’occupe d’autres sites liés à l’engagisme tels le Vagrant Depot et les casernes de Trianon.

Le cinéma de Choonee

Le document-bilan qui passe en revue les activités depuis 2010 f a i t état des quatre films produits par la Mauritius Films Development Corporation. En 2012, la troisième edition de la Short Films Competition a eu lieu. Un budget de Rs 175 000 a été alloué pour la production des cinq courts métrages retenus. Des activités extrascolaires, dans le but de familiarizer les enfants avec les métiers du cinéma, et leur faire découvrir ce mode d’expression, ont touché 475 étudiants. Mention est faite des 30 % de rabais sur les frais que l’État accorde aux équipes de tournage étrangères, mais aucun detail n’est fourni quant aux bénéficiaires. Sur le plan local, l’on sait que le projet Lonbraz

kann, le premier long-métrage de David Constantin, bénéficie de ce soutien.

Les Archives nationales

Belle avancée que le site des Archives nationales qui donne désormais accès à plus de 500 000 pages de documents en ligne. Dont des aperçus de documents d’état civil, et des archives d’études de notaires, utiles dans des recherches généalogiques. Ou encore les demandes de compensation à la libération, ainsi que des actes d’affranchissement d’esclaves. Un service en ligne lancé le 23 juin dernier. Une première phase de numérisation au coût de Rs 20 millions. Une seconde phase est attendue. Aucune mention n’est faite des hypothétiques nouveaux locaux des Archives nationales, qui les délocaliseraient de la zone industrielle de Coromandel vers Moka. Le terrain est trouvé, reste la question de financement.

National Heritage Fund (NHF)

Le NHF a constitué un inventaire de sites ayant un potentiel archéologique. Un autre inventaire, celui du patrimoine intangible a également été réalisé. Suit ensuite une liste de sites en restauration : le vieux fort à Baie-du-Tombeau, la batterie des Grenadiers à Pointe-aux-Piments, la tour des Hollandais à Vieux-Grand-Port, le lavoir et l’abattoir à Mahébourg. Deux monuments sont en travaux : celui commémorant l’arrivée des Hollandais et celui du naufrage du Crysolite. Le ministère revient sur les commemorations du bicentenaire de la bataille de Vieux-Grand-Port en 2010 et affirme que 400 000 visiteurs se sont rendus au village reconstitué pour l’occasion. Le NHF apporte également son soutien technique à l’Aapravasi Ghat Trust Fund et Le Morne Heritage Trust Fund. Et a participé à la réalisation de dossiers du séga typique et des chants bhojpuri remis à l’UNESCO pour l’inscription sur la liste du patrimoine intangible.

Le Conservatoire François Mitterrand

Décentralisé en sept centres, le conservatoire accueille actuellement plus de 2 000 étudiants. En presque trois ans, cette institution a organisé plus d’une centaine de manifestations musicales.

Le casse-tête MASA

Meera Mohun, la présidente tient bon. La société des droits d’auteurs a proceed ce mois-ci à la répartition de royalties à hauteur de Rs 8 millions. Une somme de Rs 3,2 millions a été distribuée en décembre dernier. La remise en ordre de cette institution se poursuit alors que le cas Sony est en cour. Des suites de cette affaire, le directeur puis le directeur par intérim d’alors avaient été suspendus.

Promotion de la lecture

Se prendre une CLAC, c’est goûter aux plaisirs de la lecture. Il existe 17 centres de lecture et d’animation culturelle (CLAC) à travers l’île. Cinq ont ouvert depuis 2010. Des centres qui ont bénéficié d’un don de Rs 10 millions de l’organisation internationale de la Francophonie. Selon le ministère, le nombre de lecteurs est passé de 3 000 en 2010 à 5 000 en 2013. En 2013, le nombre d’utilisateurs des CLAC est de 169 610.

Les musées

Le Mauritius Museums Council est responsable des deux musées nationaux, de Port-Louis et de Mahébourg. Ainsi que de quatre musées régionaux. Celui du fort Frederick Hendrik à Grand-Por a été entièrement rénové. Le musée d’histoire naturelle à Port- Louis a inauguré sa galerie de la faune, avec 150 spécimens en 2011. Une boutique de souvenirs a ouvert ses portes la même année. Aucune mention n’est faite des dégâts occasionnés par les inondations du 30 mars dernier.

La National Art Gallery

Une enseigne mais sans galerie physique. En attendant la concrétisation du projet de Galerie d’art nationale, dans les locaux de l’ancien Hôpital militaire à Port-Louis. Dernière activité en date de la NAG, la septième édition du Salon d’été.

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