Bilan du ministère de l’Egalité du genre 2011-13 : une quinzaine de projets en deux ans

Avec le soutien de

Un membre du personnel du Foyer Namasté, formé à l’encadrement des enfants, s’occupant des pensionnaires.

Lors de l’évaluation de la performance des ministres du deuxième cabinet du Premier ministre, Navin Ramgoolam par les journalistes et rédacteurs de l’express, il avait été demandé à chaque ministre d’effectuer son propre bilan. Trois d’entre eux ont réagi. Après publication de celui du ministère du Travail mercredi et de celui du ministère de la Santé jeudi, voici le bilan du ministère de l’Égalité du Genre, anciennement connu comme ministère de la Femme. 

 
Depuis la reprise en main de ce ministère par Mireille Martin en août 2011, en sus du changement d’appellation du ministère, la ministre a initié une quinzaine de projets. Pour le reste, c’est la continuité depuis 2010. Par  rapport au développement de l’enfant, le ministère a lancé en avril le Child Protection Service de Vacoas offrant «un soutien taillé sur mesure à l’enfant victime dans un environnement convivial». Là, les enfants pourront notamment raconter leur vécu en toute quiétude et leur déposition sera enregistrée par caméra. Un service qui tombe à pic car au cours du même mois, des allégations d’abus sexuels ont été exposées au grand jour par d’anciens résidents du Foyer Namasté contre leur assistant directeur. 
 
 
En 2012, le ministère a initié un programme de mentors et à ce jour, huit enfants agissent comme mentors pour 11 autres qui ont des problèmes légers de comportements au sein de leur famille. Si ce programme n’est pas une nouveauté à proprement parler car, à l’époque où Ariane Navarre-Marie était ministre de la Femme, elle l’avait initié, la nouveauté tient au fait que ce sont des enfants dont l’âge n’est toutefois pas précisé, qui agissent comme mentors pour leurs semblables. 
 
 
Depuis 2011, 35 écoles de parents ont été mises sur pied. Neuf District Child Protection Committees comprenant des représentants du ministère et des membres de la société civile ont été établis dans l’île et 13 000 personnes ont été sensibilisées. Comme les abris existants étaient surpeuplés, le ministère a aménagé un nouvel abri pour garçons nommé Oiseau du Paradis en février 2011 et un autre pour les filles depuis avril dernier. 
Il est bon de noter que 19 320 enfants victimes d’abus, de négligence et d’abandon ont été encadrés par une équipe pluridisciplinaire, que 2 213 enfants victimes d’abus ont été dirigés vers les abris du ministère et 35 enfants placés dans des familles d’accueil. Mais le ministère ne précise pas quand ces dernières actions citées ont été prises. Toujours est-il que cette instance projette de développer un registre informatisé de protection de l’enfance qui permettra de comptabiliser les cas de violence sur les enfants qui auront été rapportés au ministère.
 
 
◗ Programme pour les victimes et les auteurs
 
En matière de bien-être et de protection de la famille, un plan d’action national pour mettre un terme à la violence basée sur le genre, grandement inspiré du plan d’action soumis par l’organisation non-gouvernementale Gender Links à Indira Seebun, ancienne ministre de la Femme, a été lancé en octobre 2011 et un «Costed National Action Plan» y relatif le mois suivant. 
 
 
En octobre 2012, le ministère a formé le personnel du ministère de la Santé, des Administrations régionales, du National Women’s Council et d’autres représentants d’ONG à la prise en charge et la réhabilitation des survivants de violence et à leurs auteurs. Cette année, le ministère prévoit d’ailleurs de présenter un Victim Empowerment and Abuser Rehabilitation Programme à leur intention. 
 
 
Des amendements apportés à la Protection from Domestic Violence Act de 2007 ont été promulgués en 2011. Et pour rester dans la tendance mondiale, le ministère s’est engagé depuis avril dans un Shared Faith Belief Programme destiné à promouvoir les valeurs familiales et à autonomiser les leaders religieux à soutenir son programme de lutte contre la violence domestique. Ainsi, 686 religieux représentant 24 différentes organisations ont participé à ce programme. 
 
 
En novembre 2011, le ministère s’est décidé à diffuser des publicités télévisées et radiodiffusées pour sensibiliser à la violence envers les femmes durant les 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, campagne qui s’étend du 25 novembre au 10 décembre. 
 
 
Le ministère a aussi mis à la portée des personnes traumatisées par les inondations meurtrières du 30 mars et celles de l’accident de Sorèze un service d’écoute décentralisé. A noter toutefois que la hotline 8999 du Service d’Écoute Sida Info Maurice, mise à la disposition de ces personnes par Prévention, Information et Lutte contre le SIDA, était animée par la Société des professionnels de psychologie, et par l’Association des praticiens de l’approche centrée sur la Personne. 
 
Avec son homologue du Tourisme, le ministère a élaboré un package pour que les familles puissent profiter des attractions touristiques à prix réduits lors du week-end de la famille en mai 2012 à l’occasion de la Journée mondiale de la famille.
 
◗ 200 femmes formées en politique
 
Sous le volet des réalisations de la Gender Unit, le ministère fait état en 2012 de l’autonomisation politique des femmes par le biais d’une formation des formateurs. Deux cents femmes ont suivi cette formation dont 15 émanaient de partis politiques. A noter toutefoi que le précurseur en matière d’autonomisation des femmes désireuses de s’engager en politique est Gender Links, qui a démarré les formations de ce type depuis 2009. Plus récemment, l’association WIN prête aussi main-forte au ministère dans le cadre de cette formation. 
 
Le ministère a aussi aidé les mouvements de jeunes filles à élaborer un cadre stratégique sur cinq thématiques en mars 2013. Mais aucun de ces thèmes n’est précisé. 
Des pamphlets et des DVD portant notamment sur l’alphabétisation légale et les implications du genre dans le changement climatique ont été distribués à 1 676 femmes. Le ministère avance avoir sensibilisé 94 444 femmes aux questions de santé, de société, d’environnement pour ne citer que celles-là, ainsi que 6 854 autres et 1043 fonctionnaires au concept du genre. 
 
La seule dotation budgétaire mentionnée dans le bilan du ministère est la somme de Rs 80,65 millions distribuée entre 2010 et 2012 aux 87 organisations non-gouvernementales sous le Special Collaborative Programme for Support to Women and Children in Distress. Aucune mention toutefois n’est faite du rôle que le ministère pourrait jouer dans l’accompagnement des femmes enceintes et désireuses de se faire avorter et qui tombent dans les cas spécifiques prévus par la législation.
 
◗ Les hommes intéressés par la pâtisserie
 
Au chapitre de la Social Welfare Division, il est intéressant de noter que les cours de pâtisserie, de food processing, de healthy lifestyle ; animés dans quatre centres de ressources régionaux ont attiré 222 hommes et que les journées portes ouvertes de janvier destinées à ventiler les cours offerts par le ministère dans les 57 centres sociaux, ont vu l’enregistrement de 1 000 personnes. 
 
Le ministère reste toutefois très traditionnel puisque le Surinam Women Empowerment Centre inauguré en mai est un centre régional de broderie avec une boutique pour la vente des travaux réalisés et qu’il en sera de même pour celui de Grand-Baie, qui devait s’ouvrir en juin. Et pour renforcer les valeurs familiales et les relations intergénérationnelles, le ministère mise une fois de plus sur la tradition avec le lancement sur une base pilote et à St. Pierre d’un Traditional Music Club. 
 
Bien que le portail du gouvernement indique que le Sugar Industry Labour Welfare Fund tombe sous le ministère de la Sécurité sociale, il incombe en fait à celui de l’Égalité du Genre. En sus d’animer des programmes pour les enfants des employés de l’industrie sucrière pendant les vacances, le ministère a réussi à collecter Rs 970 000 pour la campagne en faveur des victimes des inondations sous le Prime Minister’s Relief Fund. 
 
Jusqu’aux élections de 2015, le ministère fera voter des législations – Children’s Bill, nouveau National Women Council Bill – de même qu’il formulera des politiques sectorielles sur le genre. Cette instance préparera aussi un guide pour les femmes entrepreneurs en collaboration avec le National Women Entrepreneur Council.
 
 
 
 
Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires