Barlen Pyamootoo finaliste du Prix Médicis

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A peine la bonne nouvelle de la parution de la troisième ?uvre littéraire de Barlen Pyamootoo, aux Editions de l?Olivier, nous parvient, que nous arrive un autre message heureux. Son livre fait partie des quinze ?uvres retenues par le jury 2008 du Prix Médicis, pour son attribution, le premier mercredi de novembre à l?Hôtel Crillon à Paris. La critique littéraire saura apprécier, autant que nous, cette prose inimitable, faite à la fois de candeur et de profondeur psychologique, autant enracinée que détachée. Dans Salogi?s, il nous prouve qu?il peut être à la fois acteur principal et observateur étranger, jouissant du recul voulu pour décrypter le mystère de plusieurs vies humaines, celui des pauvres humains que nous sommes, à qui il manque seulement le don d?ubiquité, condamnés à ne jamais pouvoir être, à la fois, de ce monde et dans l?au-delà où vivent nos chers disparus. Salogi?s demeure un hymne à la réalité de l?inévitable séparation, qui nous menace. Seul l?effort de confier, au papier, nos souvenirs peut calmer cette déchirure de l?âme. Mme Galan Barbisan et Jean Pierre Giraudoux créent, en 1958, le Prix Médicis. L?obtient, le roman, le récit, le recueil de nouvelles, paru pendant l?année écoulée, apportant un ton, un style nouveau, où justement Barlen Pyamootoo excelle, au point de pouvoir donner à un simple entrefilet médiatique, la portée, la profondeur, l?ampleur, d?une tragédiegreque ou racinienne. Parmi les lauréats du Médicis figurent, Philippe Sollers (Le Parc), Claude Simon (Histoire), Camille Bourniquel (Sélimonte ou la chambre impériale), Pascal Laîné (L?Irrévolution), Maurice Clavel (Le Tiers des étoiles), entre autres. Si l?on n?a pas compris que figurer parmi les finalistes du Prix Médicis 2008 vaut une médaille de bronze obtenue à Pékin, c?est que l?île Maurice accorde plus de valeur au noble art qu?aux Arts et à la Culture, pour ne rien dire de la Littérature. Cela ne peut que conforter notre réputation de béotiens invétérés (gouvernement compris). Que Médicis ne nous fasse pas penser à... médisance car Barlen Pyamootoo met à nu son âme, dans ce livre écrit après que sa mère est mortellement écrasée en gare routière de Centre de Flacq, en 2005, par un autobus. Dans Salogi?s, autrement dit Salogi (le nom de sa mère) and anors, Barlen Pyamootoo nous permet de faire connaissance avec la ribambelle de fantômes qui hantent son esprit. Tous ces êtres sont des parcelles de son âme. Pour communiquer avec eux, il recourt au langage du c?ur. La richesse spirituelle de toute vie humaine Au détour des pages, nous découvrons la mère Salogi. Elle est la fille de Vadivel et de Virama. Ils ont onze enfants. Le grand-père paternel de Barlen meurt en 1943. Aya, son épouse, le suit en mai 1992. Leur fils, Canavadi, épouse donc Salogi Mauree, qui lui donne de nombreux enfants. Parmi les enfants de Salogi, il y a, bien sûr, Barlen, le lauréat de la Petite Bourse de 1972, l?élève du collège Royal de Curepipe, mais qui devra abandonner cette Alma Mater pour aller terminer ses études secondaires à Strasbourg. Salogi?s, une chronique familiale aux dimensions universelles. Une centaine de pages suffisent à Barlen Pyamootoo pour nous faire comprendre la richesse spirituelle de toute vie humaine. Le livre atteint par moments des sommets patriotiques et eschatologiques. Telle ces pages où Barlen rêve de la possibilité, de pouvoir annoncer, à ses frères et s?urs, la Résurrection de sa mère : « Salogi est vivante !». Cette page fait de lui un témoin de ce que peut être la joie pascale, cette joie pouvant déplacer les montages et abolir les frontières cloisonnant les grandes âmes.
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