Balaclava : poursuite des échanges acrimonieux entre sir Anerood Jugnauth et le gouvernement

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Les escarmouches continuent entre la majorité gouvernementale et la présidence de la République. Le théâtre de ce nouvel affrontement en ce mercredi 21 mars : la conférence internationale sur les médias à l’hôtel International Mauritius Resort de Balaclava. Les protagonistes : Sir Anerood Jugnauth et l’Attorney General, Yatin Varma.

C’est ce matin que s’est ouverte la conférence sur les médias, ayant pour thème : Les médias : où tracer la ligne ?, avec des intervenants de plusieurs pays, dont Jagdish K. Mehra, ancien juge de la Haute cour de Delhi, sous la présidence de Geoffrey Robertson expert en loi sur les médias.

L’ouverture de la conférence s’est déroulée dans une ambiance tendue, étant donné le conflit entre le gouvernement de Navin Ramgoolam et le président de la République, sir Anerood Jugnauth.

Prenant la parole, ce dernier a eu des propos très durs envers la Mauritius Broadcasting Corporation : « La MBC, qui est sous le contrôle total du premier ministre et financée des fonds publics, opère dans un état d’esprit politique déloyal (mindset of political unfairness) indigne d’une démocratie. »

SAJ devait ajouter à propos de station nationale qu’elle est devenue « un outil de gestion de l’opinion publique de propagande (spindoctoring) ». Avant sa sortie contre la MBC, le président avait évoqué la contribution des journalistes de l’époque à la lutte pour l’indépendance, dont Bickramsing Ramlallah et Aunauth Beejadhur.

Le président de la République s’est également appesanti sur le fait que c’est le gouvernement qu’il dirigeait de 2000 à 2003 qui a libéralisé les ondes permettant « aux radios privés d’exister et à la population de formuler son opinion ». SAJ estime qu’il est grand temps que les opérateurs fassent une demande pour obtenir une licence de télé privée.

Cette cérémonie d’ouverture a été marquée par un impair protocolaire, impliquant l’Attorney General, Yatin Varma. Ce dernier, qui était censé faire le discours à l’ouverture de la conférence, est arrivé après le président de la République. Il s’est assis sans adresser la parole au Président et, au début de son discours, a choisi d’ignorer le président, assis à la tribune.

Dans son discours, l’Attorney General a parlé de la problématique de la liberté d’expression et du respect de la vie privée. Mais vers la fin de son intervention, il a évoqué les atteintes à la liberté de la presse à Maurice. Mais d’une façon ciblée : parlant de la période où SAJ était Premier ministre et ignorant délibérément la censure de la presse du début de s années 1970 quand sir Seewoosagur Ramgoolam, le père de l’actuel Premier ministre, était chef de gouvernement.

Yatin Varma a ainsi déclaré que les années 1980 constituaient une période sombre pour la liberté de la presse, rappelant la tentative d’imposer les Newspaper and Periodicals Act, en 1985, pour permettre au gouvernement que dirigeait SAJ d’imposer Rs 500 000 comme garantie aux journaux. Ce qui a ensuite entraîné l’arrestation de 44 journalistes qui protestaient contre cette loi.

L’Attorney General a aussi évoqué le projet de loi de 1994 visant à interdire à un journaliste de critiquer tout homme politique et qui avait permis l’arrestation de deux journalistes.

Soulignons que Yatin Varma est parti aussitôt son discours terminé, sans même se rasseoir à la tribune.

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