Bachoo à une cérémonie religieuse : « On ne doit pas laisser échapper le pouvoir politique »

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Le No 4 du gouvernement a tenu un discours en hindi dans son fief, à Bon- Accueil, appelant les Mauriciens d’origine indienne à s’unir pour ne pas perdre le pouvoir politique obtenu après des années de lutte. Il fait aussi la leçon au Président de la République.

Dans un discours visant à resserrer les liens entre les Mauriciens d’origine indienne, le ministre du Transport, Anil Bachoo, exhorte ces derniers à s’unir, de mettre de côté leurs différends et de ne pas laisser échapper le pouvoir politique qui a été acquis après des années de lutte.

Dans ce discours tenu en hindi ce dimanche 13 novembre dans son fief, à Bon-Accueil, dans le cadre d’une cérémonie religieuse visant à célébrer les 177 ans de l’arrivée des travailleurs engagés de l’Inde, le No 4 du gouvernement a fait référence à la mythologie indienne, la mettant en parallèle avec le contexte local. Il a donc commencé par comparer certains Mauriciens aux « Rawans », soulignant que « le vrai pouvoir est le pouvoir politique et que si jamais nous la perdons, nous ne l’aurons pas à nouveau ».

Expliquant qu’il n’a pas pour habitude de parler politique lors des fonctions religieuses, Anil Bachoo semble avoir décidé de faire une exception à la règle. Il précise qu’il n’était pas en train de parler politique mais plutôt de « vérité ». Il demande à ceux présents de faire appel à leur « intelligence », expliquant que si les Mauriciens d’origine hindoue se bagarrent entre eux, « nous allons perdre notre stabilité politique et nous allons le regretter ».

Anil Bachoo reprend aussi un discours qu’avait déjà tenu Somduth Dulthumun dans le passé : il avance que la communauté hindoue doit se ressaisir, certains de ses membres ayant sombré dans l’alcool. Il en appelle ainsi aux chefs religieux à davantage de dialogue avec les fidèles.

« Quand vous invitez des politiques à vos fonctions, profitez-en pour leur parler de vos problèmes. Nou dimounn mem ki partou. Que ce soit sir Seewoosagur Ramgoolam, Navin Ramgoolam ou sir Anerood Jugnauth, ils ont fait progresser le pays.

La majorité des gens de notre communauté se trouvait au pouvoir. Mais aujourd’hui où se trouve-t-elle ? Dans l’asile. C’est l’alcool qui emporte les gens de notre communauté », a lancé Anil Bachoo.

Au sujet de la famille Jugnauth, cet ancien membre du Mouvement socialiste militant (MSM) s’en prend au patriarche, Sir Anerood, ancien Premier ministre devenu président de la République. Sans le nommer, au vu de son comportement des derniers jours, Anil Bachoo ne fait dans la dentelle et lui fait la leçon : « Aveuglé par l’amour de son fils, il fera tout. Cela lui importe peu que le pays aille à la dérive. Pour lui, l’important c’est que sa famille survive. Les gens ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent dans ce pays. »

Vel Moonien/Estelle Bastien

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