Bérenger s’amuse à relever que Pravind Jugnauth a présenté un budget de continuité

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Le leader de l’opposition a lancé les débats sur le discours du budget 2011, le mardi 23 novembre. Dans son discours, Paul Bérenger s’est amusé à relever que le ministre des Finances a présenté un budget de continuité alors qu’il n’avait pas cessé de critiquer la politique de son prédecesseur.

Paul Bérenger note avec amusement que tout le monde reconnait que le budget 2011 se situe dans la même lignée que ceux présentés par le précédent ministre des Finances. Il a donné plusieurs exemples «à commencer par le Premier ministre, les syndicats pour d’autres raisons, la Banque mondiale et l’Union Européenne, qui tous applaudissent unanimement la continuité sans appel de cet exercice».

Le leader de l’opposition a fustigé le ministre des Finances qui, selon lui, a changé de langage après avoir critiqué son prédécesseur. «L’actuel ministre des Finances a critiqué avec une virulence extrême la politique économique du précédent gouvernement Parti Travailliste-PMSD et de Rama Sithanen pendant cinq ans et a promis monts et merveilles cinq ans après il présente un budget de continuité sans appel», s’est étonné Paul Bérenger.
Il a ensuite fait mention de certaines promesses électorales tenues par le Grand Argentier comme l’abolition de la National Residential Property Tax (NRPT) et de la taxe sur les intérêts bancaires. «Je revois ceux qui ont applaudi quand Rama Sithanen avait annoncé l’introduction de ces taxes !» s’est exclamé un leader de l’Opposition, manifestement très amusé par cette situation.

Paul Bérenger a fait le même parallèle entre ceux qui ont distribué à tour de bras les permis d’opération de maison de jeux et qui applaudissent les mesures prises par Pravind Jugnauth «pour combattre le jeu compulsif».

Paul Bérenger s’est, par la suite, attardé sur certaines mesures proposées par Pravind Jugnauth et qui méritent, selon lui, une révision complète. Il a fait un appel au Premier ministre pour que le gouvernement ne s’engage pas sur des sentiers qui pourraient avoir des effets négatifs pour le pays.

Le leader de l’opposition s’est dit «profondément inquiet» de l’intention annoncée du gouvernement d’amender le Public Procurement Act en vue de faciliter le processus d’appel d’offres. «Il ne faut pas essayer d’étrangler l’Independent Review Panel. J’adresse une mise en garde au gouvernement. J’espère que le gouvernement n’a pas l’intention d’aller de l’avant avec cette idée», a prévénu le leader de l’opposition.

Il a également lancé un appel au gouvernement pour revoir la proposition d’exemption de taxe sur les premières 60 tonnes de sucre qui sera accordée aux petits planteurs. Paul Bérenger soutient que la condition attachée à cette mesure n’est pas en faveur des petits exploitants, qui subissent de plein fouet les conséquences de la baisse du prix du sucre.

En effet, seuls les planteurs qui dépendent uniquement de leurs exploitations de cannes pourront bénéficier de cette mesure. «Combien de planteurs peuvent se permettre de dépendre seulement des revenus issus de la production sucrière ?» se demande Paul Bérenger.

Le leader de l’Opposition est revenu sur une proposition budgétaire concernant la réforme du système bancaire. Pravind Jugnauth avait annoncé des changements au cadre des avances faites par la Banque de Maurice. Il a qualifié cette mesure de «bombe à retardement».

Paul Bérenger se demande de quelle autre garantie pourront se prévaloir les créanciers de la Banque de Maurice alors que la pratique actuelle consiste à garantir toute avance à 100% à travers des Government Bonds et des Treasury Bills. «Est-ce qu’on va changer cela ? Est-ce qu’on va permettre l’utilisation d’autres biens comme garanties ? On va finir la petite Ile Maurice. C’est explosif, c’est de la folie furieuse. Je n’ose même pas imaginer cela. Nous empruntons un chemin très dangereux», s’est insurgé Paul Bérenger.

Le Food Security Fund a aussi retenu l’attention du leader de l’Opposition. Il trouve dérisoire les dotations budgétaires de Rs 105 millions pour la sécurité alimentaire. «C’est une catastrophe…Je crains fort que nous nous retrouvions d’ici à un an dans une situation pire qu’en 2008 en termes d’insécurité alimentaire. Il y a urgence à utiliser tous les ressources à notre disposition y compris celles à Madagascar et au Mozambique. Il y va de la survie de notre population», a déclaré Paul Bérenger.

Le leader de l’Opposition est aussi revenu sur la volonté du gouvernement de s’approprier les pouvoirs de la Public Service Commission (PSC) pour le recrutement de fonctionnaires. Il a souligné le fait que l’indépendance de la PSC est garantie par la Constitution et que tout changement à ce niveau devra avoir l’aval d’une majorité de trois-quarts àl’Assemblée nationale.

Le projet Maurice Ile Durable reste, selon lui, une coquille vide. «Ce qu’il faut c’est une stratégie globale et détaillée. Ce n’est pas trop tard même s’il est très tard», affirme Paul Bérenger.

En ce qui concerne l’Education, il a lancé un appel au gouvernement pour qu’il reprenne la réforme entamée sous le gouvernement MMM-MSM en 2000 en vue de mettre fin aux examens du CPE.

Paul Bérenger a salué des dotations budgétaires en ce qui concerne la souveraineté de la République de Maurice sur les Chagos. Il a conclu son intervention sur une note positive en souhaitant que le pays puisse tirer le meilleur possible du Budget 2011 tout en demandant au gouvernement de rectifier le tir dans certains secteurs.

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