Au secours des morts-vivants

Avec le soutien de
Pour ceux qui rêvent de se promener un jour dans une forêt endémique, Save the living dead reste leur meilleur espoir. Aujourd’hui étant la journée mondiale de l’environnement, l’occasion est trop belle pour découvrir, ou redécouvrir, cette initiative créée en 2002 par la Mauritius Wildlife Foundation (MWF). Ce projet se veut de sauvegarder les plantes menacées d’extinction : elles sont répertoriées sur une carte géographique électronique et, dans un deuxième temps, feront l’objet d’une propagation. A l’origine du projet, l’initiative pilote Upland Field Gene Bank a déjà connu le succès. Maintenant, une campagne nationale de sensibilisation à la protection des plantes endémiques vient d’être lancée. Le premier travail de la Upland Field Gene Bank a été d’établir une liste prioritaire des espèces sérieusement menacées, celles dont il reste moins de 20 individus dans la nature. Puis, la MWF s’est attelée à la tâche herculéenne de recenser les populations de ces espèces. L’emplacement exact de chaque arbre a été soigneusement noté avec l’aide d’un Global positioning system. Toutes ces informations recueillies seront ensuite répertoriées sur une carte géographique électronique de Maurice, en cours d’élaboration. “On espère que ces données serviront aux générations futures”, dit Jean-Claude Sevathian, botaniste de MWF. En prélevant des fruits, boutures et plantules, la MWF a propagé certaines espèces dans une pépinière à Pigeon-Wood, dans la région de Plaine-Champagne. Cette association peut se vanter d’un excellent taux de réussite avec la propagation de pas moins de 12 des 15 espèces ciblées : les Pandanus microcarpus, Psiadia cataractae et autres Hibiscus boryanus peuvent donc pousser un ouf de soulagement. La MWF espère maintenant replanter quatre individus pour chacune des “plantes mères”, sur un lopin de terre donné par le National Parks and Conservation Service (NPCS). Propager les plantes sur l’ensemble du pays Si le projet Upland Field Gene Bank a permis de sauvegarder les espèces du plateau central, la MWF compte en faire autant avec celles du nord-est du pays. Puisque 70 % des espèces de plantes endémiques sont menacées, elle espère pouvoir appliquer le concept à l’île Maurice dans son ensemble. “Si, à l’avenir, il y a un projet de restauration à grande échelle, on aura suffisamment de matière pour faire une propagation massive”, estime Jean-Claude Sevathian. Celui-ci rappelle qu’un des principaux obstacles à un projet de ce genre est le manque d’expertise en propagation. Ainsi, il a dû procéder en tâtonnant (par trial and error). La MWF et le NPCS examinent toutefois la possibilité de mettre sur pied un projet de micro-propagation avec les prestigieux Kew Gardens. Cette technique consiste à faire pousser des plantes en laboratoire, soit à partir de semences, soit de morceau de tissu prélevé. La Barclays Bank a souhaité soutenir Save the living dead en sponsorisant une campagne de sensibilisation. De très beaux posters, avec un dessin de la fleur nationale, la Mauritius Trochetia, flanqué de la légende “Inik dan lemonn nou fierte nou leritaz. Protez nu vre natir. Anu plant ban zarb endemik”, sont affichés dans tout le pays. “Cette campagne de sensibilisation à l’échelle nationale, au moyen d’affiches et de panneaux publicitaires, se veut un support visuel des initiatives concrètement entreprises jusqu’ici pour éveiller les consciences à la nécessité de protéger la nature contre une surexploitation”, affirme la communications executive de la banque, Annick Rave Meerun. La Barclays n’en est pas à sa première marque de soutien à Save the living dead. Elle a, en effet, constitué deux pépinières à Terre de Paix à Albion et à Gros-Cailloux. Son jardin à Bell-Village a été entièrement replanté avec des arbres endémiques et son personnel a été formé à la propagation de plantes indigènes.
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