Atelier pour décoder le crime

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Un atelier de travail de deux jours se tient sur les différentes formes de criminalité. Il ressort, entre autres, que durant la période des fêtes, le crime est en hausse.

L’atelier de travail sur le crime dans toutes ses formes et la prévention du crime a été lancé hier, lundi 20 décembre, par Dharam Gokhool, ministre de l’Industrie, de la Science et de la Recherche. L’Université de la Technologie à la Tour Koenig accueille cette conférence.

Trois formes de crimes ont été analysées afin de mieux comprendre leurs aspects et d’en tirer des solutions. Le premier est le crime social qui inclut l’agression, la maltraitance, le vol, le délit sexuel, entre autres. Le crime financier correspond aux infractions telles que le détournement de fonds, l’escroquerie, le blanchiment ou la corruption. Le crime cybernétique, quant à lui, concerne la violation des lois sur des nouvelles technologies. A titre d’exemple dans ce dernier cas, on retrouve le piratage informatique, la duplication de cartes bancaires ou l’infraction à la Copyright Act.

Christiaan Bezuidenhout, professeur en Criminologie, est venu spécialement de l’Afrique du Sud pour animer une partie de la session durant ces deux jours. Pour lui, il existe une forte relation entre le crime et le climat économique d’un pays. «La récession a rendu les gens vulnérables et la globalisation y a rajouté son grain de sel», déclare-t-il. En s’appauvrissant ou durant des temps économiques difficiles, les gens deviennent désespérés et se laissent arnaquer.

De plus, il définit les périodes B.C., Before Computers []Avant Ordinateurs] et A.C., After Computers []Après Ordinateurs]. B.C. correspond à l’époque ou les escrocs utilisaient des moyens traditionnels comme appât. Des lettres d’héritage, des appels téléphoniques ou des schémas pyramidaux qui incitaient les gens à investir dans une structure fictive sont des exemples de ce type d’arnaque.

Il y a eu ensuite une évolution avec les ordinateurs et l’Internet qui a donné naissance à l’A.C. Les gens ont commencé à recevoir des e-mails d’héritage, des invitations électroniques à investir dans des compagnies inexistantes ou des e-mails qui ont pour but de copier les données bancaires.

Dev Bikoo, directeur de la FIU (Financial Intelligence Unit), était l’invité de cet atelier, ce mardi 22 décembre. Durant son intervention, il a décrit le rôle et l’objectif de la FIU. Celle-ci est une institution recommandée par les Nations Unies afin d’agir comme chien de garde contre toutes sortes d’abus financier. Ainsi, elle prend des actions contre la corruption, le détournement de fonds, le blanchiment d’argent, le financement d’activités terroristes, l’argent provenant de la drogue et autres.

«Le crime financier n’est aujourd’hui pas qu’une affaire nationale mais transnationale. La globalisation et les nouveaux modèles économiques ont permis les fraudes intercontinentales avec des entreprises telles que l’offshore ou le stock exchange. Dans cette optique, Maurice a amendé plusieurs lois depuis 2002 pour devancer les criminels qui n’arrêtent pas de s’ajuster à nos lois», explique Dev Bikoo.

La mission de la FIU est d’amender des lois afin que les institutions financières respectent ces lois. Dès qu’une infraction est détectée, le cas est référé à la FIU qui mène une première enquête. Si le dossier est reconnu comme étant criminel, la police, la douane ou l’ICAC est appelé pour ouvrir une enquête et enclencher les poursuites judiciaires nécessaires. Au final, des saisies sont effectuées par la FIU comme le préconise la section 45 de la Dangerous Act 2002 ou la section 8(2) de la FIAMLA 2002.

Bien que Maurice soit reconnu comme étant un des pays les plus sûres dans la région africaine avec un taux de criminalité comparativement bas, combattre le crime reste un devoir. Avec le changement et l’évolution que connaît le monde, on se doit de se tenir à jour afin de prévenir la criminalité, peu importe sa forme. Diminuer la criminalité aura des impacts positifs sur la vie sociale de la population, sur l’économie mauricienne ainsi que sur l’intégrité et la position de notre pays dans le milieu global.

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