Appartements de A & A Construction : bras de fer entre administrateur et copropriétaires

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Un des 13 projets d’appartements entamés par la famille Kessewnath à travers A & A Construction, qui se trouvent désormais sous administration judiciaire. 

Ils refusent de payer les 32 % de plus que leur impose la firme BDO, l’administrateur judiciaire des projets de A & A Construction. Ces copropriétaires expliquent qu’ils ont déjà payé près de Rs 63 m et qu’ils ne comptent pas débourser un sous de plus pour éponger les dettes du promoteur Kessewnath. 
 
Les  24 copropriétaires de Larkspur Villa, un projet d’A & A Construction ne comptent pas se laisser faire. Eux, veulent récupérer leurs appartements en complétant les travaux, à leurs frais.  Ils refusent de payer les 32 % supplémentaires que leur impose l’administrateur judiciaire de la firme, BDO. Cela, alors que 97 % des clients, soit 300 personnes, se sont pliées face à cette contrainte au cours d’une réunion mardi 30 juillet. C’est ce qu’explique le le Senior Partner du cabinet d’experts-comptables, Georges Chung Ming Kan. 
 
Lors d’un point de presse, jeudi 1er août, les copropriétaires de Larkspur Villa ont montré leur détermination à ne pas se laisser faire. Ils ont retenu les services de Me Sanjeev Teeluckdharry, qui a expliqué que ses clients ont déjà versé Rs 63 813 378 dans le cadre de ce projet. Ce qui, selon eux, seraient plus que suffisantes pour terminer les villas. «Je ne vois pas pourquoi mes clients devraient payer pour les dettes qui ont été contractées par la famille Kessewnath. BDO impose ses conditions, c’est une décision unilatérale», martèle Me Sanjeev Teeluckdharry.
 
Alan Leung et Hemlata Gaya Shill, deux copropriétaires, sont venus de l’avant pour expliquer qu’ils ne comptent pas payer les 32 % supplémentaires réclamés. Car ils ne comptent pas éponger les dettes de deux entreprises, Nirvi et Lotus, contractées par la famille Kessewnath, les promoteurs des projets de A & A Construction. Ces derniers, qui sont aussi les directeurs de ces deux entreprises, ont été arrêtés pour fraude. La compagnie A & A Construction avait alors été placée sous administration judiciaire. 
 
Les 24 propriétaires expliquent qu’ils souhaitent obtenir la tutelle de leur bâtiment. Ils veulent former une société immobilière, qui détiendrait les droits de ces propriétés, et envisagent un recours légal. Pour l’heure, ils ont déjà obtenu une injonction quant à l’utilisation du terrain sur lequel se trouvent les appartements situés à Grand-Baie.
 
L’exaspération est donc à son comble parmi ces copropriétaires. D’autant plus qu’ils ont acheté leurs villas entre 2008 et 2009, ont déboursé près de Rs 63 m et, jusqu’à présent, pas d’appartements en vue. 
 
Du côté de BDO, le Senior Partner Georges Chung Ming Kan explique à l’express queYacoob Ramtoola, Managing Partner, et lui-même sont les administrateurs des 13  projets immobiliers d’A&A Construction Ltd. Ils pouvaient soit liquider ces projets soit demander aux clients de débourser 32 % de plus. L’inconvénient  de la première option est que les projets auraient été vendus de 25 % à 30 % de leur valeur réelle, poursuit Georges Chung Ming Kan. Pour ce qui est de l’autre choix, il reconnaît : «La pilule est amère. Je comprends la souffrance des gens.»
 
Mais pourquoi les 24 copropriétaires ne peuvent-ils pas reprendre leur projet ? «Tous les créanciers sont égaux», réplique le Senior Partner. «Ce n’est pas juste» pour les autres créanciers, vu que ces 24 copropriétaires ne les payeraient pas, ils compléteraient uniquement leur projet. Sauf que dans le cas des créanciers, Nirvi et Lotus, les directeurs sont les mêmes que le promoteur qui a lancé le projet Larkspur Villa, soit la famille Kessewnath. 
 
Cela dit, les administrateurs proposent deux solutions aux clients. Si jusqu’au 15 octobre, ces derniers n’ont pas déboursé le surcoût de 32 %, ils peuvent revendre les propriétés au prix équivalant au montant de leur investissement. Les acheteurs, eux, débourseront les 32 % requis. S’agissant de l’autre solution, les clients pourront hypothéquer leurs biens immobiliers après que Georges Chung Ming Kan et Yacoob Ramtoola auront tout légalisé. 
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