Alliance MMM-PTr : la distance de Ramgoolam refroidit les ardeurs de Bérenger

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La « Cooling off Period » préconisé par Paul Bérenger dans les relations du MMM avec le MSM semble terminée. Et pour cause : c’est le Premier ministre et leader du Parti travailliste qui s’est chargé en personne d’administrer la douche froide au leader de l’opposition.

« Chat bwar dile so enn sel fwa », dixit Navin Ramgoolam. Il l’a répété en plusieurs occasions mais il n’a pas hésité à en faire la démonstration à Paul Bérenger. Une nouvelle fois, il a laissé croire au leader du Mouvement militant mauricien (MMM) qu’il était prêt à faire des concessions. Toutefois, les négociations ont capoté et, comme en 2010, ce fut au dernier moment.

Paul Bérenger a mis fin, le samedi 4 août, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, aux spéculations en ressortant, avec force, la même formule que celle utilisé en 2010. « Il n’y a pas d’alliance entre le MMM et PTr et il n’y en aura pas », a-t-il déclaré. Une semaine plus tôt, il avait pourtant fait clairement comprendre qu’un accord entre le chef du gouvernement et lui était acquis à 99%.

Auparavant, il avait rapporté dans ses moindres détails, les modalités de la prochaine alliance avec les rouges à son Bureau politique. Plusieurs des ses lieutenants s’étaient étonnés du cadeau que leur faisait Navin Ramgoolam.

Navin Ramgoolam au Réduit avec des pouvoirs accrus pour la présidence de la République mais sans grande influence sur la politique du gouvernement. En retour, Navin Ramgoolam renonçait à la présidence du Conseil des ministres et accordait la moitié des investitures au MMM aux prochaines élections générales.

« C’est trop beau pour être vrai », avaient lucidement fait comprendre certains dirigeants mauves. Dans les faits, Navin Ramgoolam est resté sur son offre de 2010 avec 25 ticket au MMM et 35 au PTr en gardant un maximum de pouvoir pour lui et le plus longtemps possible.

Et il n’était pas question pour lui de partir immédiatement au Réduit. Navin Ramgoolam aurait proposé un partage du fauteuil de Premier ministre à l’israélienne. Au bout de trois ans, il serait installé au poste de président de la République tout en gardant la direction des affaires du gouvernement et en présidant toutes les réunions du Conseil des ministres.

Finalement, le Premier ministre a repris la main en renvoyant un Bérenger quelque peu décontenance auprès de sir Anerood Jugnauth, redevenu le leader de l’allianceMMM-MSM. Pourquoi Navin Ramgoolam accepterait-il toutes les conditions de Paul Bérenger pour une alliance qui aurait définitivement mis le PTr en position de faiblesse ? La question est de Navin Ramgoolam lui-même.

« On peut trouver un accord, mais il ne lui faut pas trop en demander. Pourquoi vais-je lui donner l’avantage ? Je peux très bien attendre 2015 et la fin de mon mandat », confie le Premier ministre ce dimanche 5 août à l’express dimanche.

C’est échaudé ou totalement refroidi que Paul Bérenger reprend la route de La Caverne ce mercredi 8 août. La reprise des réunions hebdomadaires entre les dirigeants du MMM et du MSM à la résidence de sir Anerood Jugnauth, annoncée par Paul Bérenger, n’a cependant pas été confirmée jusqu’ici par le MSM.

En dictant un retour à la configuration précédente, Navin Ramgoolam prend le risque d’affronter le « Remake 2000 » lors des prochaines élections municipales. A en croire un député mauve, il faut s’attendre dès cette semaine à la reprise des hostilités envers le PTr. Le dossier « scandales après scandales » sera manifestement remis à jour. Il en va de même pour ceux de l’insécurité et de « la politique de petits copains ».

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