Alliance de l’Avenir : Opération colmatage en cours pour le rassemblement du 1er mai

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La scène politique a connu une animation inhabituelle au cours de la semaine écoulée. Toute l’attention des observateurs politiques était braquée sur les relations du couple Parti Travailliste/Mouvement socialiste militant (MSM).

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Alors que tout le monde suivait le build-up initié par Paul Bérenger et le Mouvement militant mauricien dans la perspective du 1er mai, ce sont des mouvements d’humeur au sein de l’alliance au pouvoir qui a monopolisé l’attention.

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La tension est montée d’un cran entre les élus du PTr et MSM lors de la séance parlementaire de mardi dernier. Tout est parti d’une question parlementaire sur le contrôle qu’exerce la Gambling Regulatory Authority (GRA) sur les bookmakers. L''''interpellation était adressée par la députée travailliste Nita Deerpalsing au ministre des Finances.

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Le ministre de tutelle, Pravind Jugnauth, étant en mission à l’étranger, c’est Vasant Bunwaree, ministre de l’Education, qui s’est donc prêté à l’exercice des questions-réponses.

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Certains élus du parti orange, à l’image de Mahen Jhugroo et de Showkutally Soodhun, n’ont pas apprécié les allégations de la backbencher rouge à l’encontre d’un membre influent du parti soleil, en l’occurrence, Sunil Dwarkasing. Ce dernier actuellement senior advisor au ministère des Finances est accusé d’avoir fait pression sur la GRA pour geler un projet de contrôle sur les activités des bookmakers.

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Ce conflit latent a vite tourné en vive confrontation quand la ministre de l’Egalité des genres, Sheila Bappoo, a joint sa voix aux députées Nita Deerpalsing et Françoise Labelle, cette dernière du MMM, pour acculer le ministre Soodhun. Ce dernier été littéralement forcé à retirer un commentaire sexiste qui visait le whip de l’opposition, Rajesh Bhagwan.

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Un malaise entre partenaires qui, dès le lendemain, se transforma en feuilleton avec l’épisode qui a vu s’opposer Maya Hanoomanjee et son collègue de Cabinet, Shakeel Mohamed. La succession des événements a poussé plus d’un à voir les premiers signes d’un divorce prochain entre les deux alliés.

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Cependant, les protagonistes se sont vite attelés, en fin de semaine, à démentir toute dissension au sein de l’alliance. Shakeel Mohamed et Maya Hanoomanjee allant même jusqu’à accuser la presse d’inventions en série. Les discours à la sortie du Conseil des ministres, vendredi après-midi, contrastaient visiblement avec la gestuelle des membres du gouvernement.

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Une unité de façade largement affichée lors de la conférence de presse de samedi matin où les secrétaires généraux des trois partenaires de l’alliance gouvernementale ont, tour à tour, donné la garantie que leur partenariat politique «se porte très bien».

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De son côté, le leader de l’opposition n’a pas tardé à faire valoir ses quarante années d’expérience politique pour prédire une cassure imminente de l’Alliance de l’Avenir. Il continue d’ailleurs à marteler à chaque congrès de mobilisation dans le cadre du meeting du 1er mai, ce qui pour lui semble une évidence : «Cette alliance ne tiendra pas longtemps.»

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C’est sans doute la réalité du terrain qui ramener le bon sens parmi ceux qui se disaient prêt à en découdre. En effet, aucun des élus de la majorité gouvernementale n’envisage un nouveau face à face avec l’électorat dans l’immédiat. Déjà beaucoup des seconds couteaux des trois partenaires de l’alliance ne cachent pas les difficultés qu’ils rencontrent à descendre sur le terrain dans le cadre du traditionnel meeting du 1er mai.

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Certains avaient même vue dans la possibilité d’un meeting d’intérieur au centre Swami Vivekananda à Pailles comme une bouée de sauvetage. «En l’absence des directives de la direction du parti nous ne savons pas comment répondre aux questions de l’électorat», fait remarquer un nominé rouge.

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«Mais je m’inquiète pas trop pour notre capacité de mobiliser une plus grosse foule à Vacoas à l’occasion de la fête du travail. La mobilisation dans le cadre des élections municipales sera le gros challenge. Pour le moment, la situation n’est guère reluisante. L’impression que les nominations favorisent les membres du MSM au détriment de ceux du PTr est largement responsable d’une certaine frustration à laquelle nous ne savons pas trop répondre», observe ce dernier.

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Quoi qu’il en soit, tout comme c’est le Premier ministre qui s’est engagé personnellement à colmater les brèches au sein de l’alliance, ceux qui seront appelés en premier à mobiliser l’électorat travailliste attendent un mot d’ordre de leur leader pour descendre sur le terrain. Certains n’hésitent pas à prévoir que Navin Ramgoolam&nbspfinira très bientôt par réagir,&nbsppour remettre au pas tout ce beau monde.

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Le PPS Mahen Jhugroo s’est permis, lors d’une conférence en solo, de faire la leçon aux backbenchers de la majorité gouvernementale tout en vantant le leadership de Navin Ramgoolam à laquelle il a juré une nouvelle fois une fidélité quasi-religieuse. Il ne s’est pas non plus gêné pour renvoyer «à leurs rêveries» ceux qui imaginent une cassure entre le PTr et MSM.

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Pour beaucoup, le succès de l’opération colmatage du chef du gouvernement et leader de l’Alliance de l’avenir se jugera lors de la prochaine séance parlementaire, ce mardi 19 avril.

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Mais il y a des signes qui ne trompent pas : pour beaucoup, l’absence la directrice de communication du PTr, Nita Deerpalsing, et le porte-parole habituel du MSM, Showkutally Soodhun, à la conférence de presse de l’Alliance de l’Avenir hier samedi 16 avril ne présage rien de positif.

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