Allégations de pédophilie au MITD: Pédostop attire l’attention sur une «situation alarmante»

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Après que des sanctions ont été prises contre les «dénonciatrices» de l’affaire, en l’occurrence l’ex-enseignante Sudha Singh et la psychologue Pascale Bodet, l’ONG rend public un rapport sur les allégations de pédophilie au «Mauritius Institute of Traning and Development» (MITD)

«Qui protège-t-on à Maurice ? Les victimes et ceux qui tentent de les protéger ou les agresseurs sexuels ?» demande Pédostop, ONG engagée dans la lutte contre la pédophilie et qui milite pour la protection des enfants victimes. Pour l’ONG, dans de tels cas, il est primordial de «croire et protéger l’enfant» de même que les adultes qui «croient l’enfant».

Pédostop qui avait rédigé un rapport à l’intention des autorités sur les allégations d’abus sexuels au MITD, a, dans le sillage des représailles contre les dénonciatrices, Sudha Singh et Pascale Bodet, choisi de rendre public ce rapport, plutôt que de le soumettre aux autorités, au vu de l’attitude prévalant.

Or, le ministre de l’Education a insisté sur le fait que l’enfant a «nié» les allégations après avoir dénoncé l’abuseur à deux reprises. «Dans de nombreux cas de dénonciation pour abus sexuel, l’enfant se rétracte pour plusieurs raisons – par peur de représailles, par pression sociale, par peur de ne pas être cru, à cause des menaces de l’agresseur ou à cause de la responsabilité qu’engendre une telle dénonciation», explique Pédostop dans son rapport.

Or, c’est tout le contraire de ce que les autorités ont fait. Alexandra Schaub de Pédostop explique à l’express que «même dans des cas où l’agresseur présumé n’est pas puissant, il est difficile pour un enfant de le dénoncer. Dans le cas présent, avec toute la pression du MITD, du ministère, il est complètement compréhensible que l’enfant se rétracte. La vraie stigmatisation d’une victime c’est de lui faire subir une pression pour qu’elle se taise».

Qui plus est, dit Pédostop, «les propos de cette jeune fille ne semblent pas avoir été pris en considération». Pire, ils ont été officiellement rejetés. D’abord, quand le ministre qui, tout en refusant de rendre public le rapport du FFC, affirme qu’il n’a pas été établi par des preuves qu’il y a eu abus de la part de l’enseignant.

Or, Pédostop déclare qu’il y a «rarement de preuves suites aux agressions sexuelles sauf s’il y a eu pénétration anale ou vaginale et que l’examen d’un médecin est effectué juste après». A noter que l’enfant a été examiné deux ans après les faits allégués.

Mais le rapport va plus loin en disant que, des 28 témoins qui ont déposé devant le comité, personne n’a témoigné de l’abus. «Cela n’a aucune validité dans une situation d’abus sexuel où les gens sont rarement témoins des abus sur des enfants. Les abus sexuels se passent dans le secret et à l’abri du regard des adultes», déclare Pédostop.

«Quelles preuves de fellation ou masturbation ou attouchements peut-on avoir ? Peut-on blanchir un agresseur en se basant uniquement sur la virginité de la jeune ?» s’interroge Pédostop, qui demande que des enquêtes dans ce genre d’affaires soient «menées, hormis un magistrat, par des personnes impliquées dans la protection de l’enfance qui connaissent bien la problématique des abus sexuels».

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